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Sommaire6 sections
  1. 01Une plante verte ne climatise rien, et elle humidifie
  2. 02Le coin de verdure, à quoi il sert honnêtement
  3. 03Les couleurs pastel changent la lumière, pas la température
  4. 04Les textiles, le seul poste où le toucher compte
  5. 05Le ventilateur reste l'objet le plus efficace de la maison
  6. 06Par quoi commencer, si vous n'avez qu'une heure

Aucune astuce de décoration ne fait baisser la température de votre salon en un clin d'œil. Ni les plantes, ni les rideaux en lin, ni un mur repeint en vert d'eau. Ce que la déco peut changer, c'est la température que vous ressentez, et la nuance n'est pas cosmétique : votre corps ne lit pas un thermomètre, il additionne l'air ambiant, la chaleur que renvoient les murs, l'humidité et le mouvement de l'air. On peut jouer sur trois de ces quatre paramètres avec des objets qu'on a déjà chez soi. C'est de ça que parle cet article, pas d'un miracle à 12 euros.

Une plante verte ne climatise rien, et elle humidifie

Un ficus transpire. C'est même son fonctionnement normal : l'eau prise par les racines ressort par les feuilles sous forme de vapeur, et cette évaporation consomme un peu de chaleur. En théorie, ça rafraîchit. En pratique, la quantité d'eau qu'une plante d'appartement relâche en une journée se compte en centilitres, à comparer avec le volume d'air d'une pièce de 25 mètres carrés. L'effet sur la température est négligeable.

Il y a même un revers. Cette vapeur reste dans la pièce et fait monter l'humidité relative. Or au-dessus de 26 ou 27 degrés, plus l'air est humide, moins la transpiration s'évapore sur la peau, et moins on se sent bien. Une dizaine de grosses plantes dans un petit appartement fermé, en pleine canicule, ça n'aide pas.

Cela dit, il y a un cas où une plante travaille vraiment pour vous : quand elle est devant la fenêtre. Un massif de pots hauts posé sur un balcon plein sud, ou une jardinière sur l'appui de fenêtre, intercepte une partie du rayonnement avant qu'il ne traverse la vitre. Là, l'effet est réel, parce que c'est de l'ombre, pas de la botanique.

Le coin de verdure, à quoi il sert honnêtement

Regrouper les plantes reste une bonne idée, mais pour d'autres raisons que la fraîcheur. Un groupe de pots crée un microclimat local qui limite le dessèchement, ce qui simplifie l'arrosage. Visuellement, un massif dense a plus d'effet que six pots dispersés sur des étagères. Et un coin de verdure devant une baie vitrée filtre la lumière crue de l'après-midi, ce qui rend la pièce plus supportable à l'oeil, même quand le thermomètre n'a pas bougé.

Sur les plantes dites dépolluantes, un mot. L'idée vient d'expériences menées par la NASA dans les années 1980, en caisson étanche, avec des concentrations de polluants sans rapport avec celles d'un appartement. Transposée à un salon ventilé, la capacité de dépollution du lierre ou du ficus devient si faible qu'elle ne se mesure plus. Gardez-les parce qu'ils sont beaux et solides. Ouvrir la fenêtre dix minutes fait davantage pour votre air.

Les couleurs pastel changent la lumière, pas la température

Repeindre un mur intérieur en bleu ciel ne fait rien gagner sur le thermomètre. Le principe physique existe bien, une surface claire réfléchit le rayonnement au lieu de l'absorber, mais il s'applique dehors : c'est pour cette raison que les maisons des Cyclades sont blanches et qu'on peint en blanc les toitures plates dans les pays chauds. À l'intérieur, la chaleur est déjà entrée, la couleur du mur ne la renvoie nulle part.

Ce que les teintes claires font, en revanche, c'est renvoyer la lumière du jour. Une pièce en gris pâle ou en vert d'eau paraît plus grande, plus aérée, et on y allume la lumière plus tard le soir. Une ampoule de moins allumée à 21 h en août, c'est un tout petit peu moins de chaleur produite. Marginal, mais au moins ça va dans le bon sens.

Les textiles, le seul poste où le toucher compte

Là, l'effet se sent tout de suite, parce qu'il passe par la peau. Le lin et le coton évacuent l'humidité et sèchent vite. Une housse de couette en lin donne une sensation de fraîcheur au coucher que le polyester ne donnera jamais, quelle que soit la température de la chambre. Le velours et le mohair, en revanche, sont des matières d'hiver : les stocker de juin à septembre libère de la place et supprime une source d'inconfort.

Même logique pour les tapis. Un tapis épais isole le sol, et le sol est souvent la surface la plus fraîche de la maison, surtout un carrelage en rez-de-chaussée. L'enlever l'été, c'est récupérer quelques mètres carrés de fraîcheur sous les pieds. Un jonc de mer ou une natte fine fait le même travail décoratif sans couvrir la dalle.

Le ventilateur reste l'objet le plus efficace de la maison

Un ventilateur ne refroidit pas l'air, il le déplace. En balayant la peau, il accélère l'évaporation de la transpiration et fait gagner autour de 3 degrés ressentis pour une consommation dérisoire, quelques dizaines de watts contre plus de mille pour un climatiseur mobile. Deux réserves : ça ne marche que sur une personne présente dans la pièce, donc inutile de le laisser tourner dans une chambre vide, et l'effet s'inverse quand l'air dépasse la température de la peau, autour de 35 degrés. Passé ce seuil, le ventilateur souffle de l'air chaud sur vous.

Par quoi commencer, si vous n'avez qu'une heure

Fermez les volets du côté ensoleillé avant 10 h, avant que le vitrage ne chauffe. Sortez les tapis. Déplacez un ventilateur près de la porte de la pièce que vous occupez. Descendez les plantes suspendues et poussez-en deux ou trois devant la fenêtre la plus exposée. Ensuite seulement, si l'envie vous prend, repeignez le mur en vert d'eau : ce sera plus joli, et vous saurez que c'est pour ça que vous le faites.

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