Dimanche à Pornichet : Augustin Madamet se prépare à briller pour sa dernière performance de l'année

Sommaire5 sections
  1. 01Le cas Kew Bridge : le meilleur des perdants
  2. 02Une dernière réunion de l'année, ce qui n'a rien d'anodin
  3. 03Pornichet en hiver, loin des nocturnes d'été
  4. 04Ce que la journée proposait au-delà des courses
  5. 05Et le résultat ?

Quatre fois de suite à l'arrivée, jamais premier. C'est le bilan de Kew Bridge avant le Prix de Noël disputé le dimanche 29 décembre 2024 à l'hippodrome de Pornichet, avec Augustin Madamet en selle. Le cheval en est à sa huitième tentative depuis ses débuts et il collectionne les places sans convertir. Sur le papier, c'est un excellent partant. Dans un ticket de jeu, c'est exactement le genre de profil qui ruine les joueurs patients.

Le cas Kew Bridge : le meilleur des perdants

Un cheval qui termine dans les premiers quatre courses d'affilée sans gagner dit deux choses à la fois. Il est régulier, ce qui n'est pas donné à tout le monde sur des pistes d'hiver alourdies par la pluie. Et il bute sur quelque chose, la pointe de vitesse, le placement dans les cent derniers mètres, ou simplement des adversaires meilleurs que lui.

Les entraîneurs connaissent bien ce profil. On l'appelle parfois un cheval de place. Il rapporte régulièrement à ses propriétaires, il rassure les parieurs, et il finit par coûter cher à ceux qui le jouent gagnant course après course en se disant que cette fois, c'est la bonne.

Une dernière réunion de l'année, ce qui n'a rien d'anodin

Courir entre Noël et le Nouvel An n'a rien d'un choix romantique. Les réunions de fin décembre servent à finir les comptes : les jockeys jouent leur classement annuel, les entraîneurs cherchent l'allocation qui bouclera l'exercice, les propriétaires veulent une ligne correcte sur la fiche du cheval avant les ventes.

Pour un jockey installé dans le top 10, une réunion de province un dimanche de vacances scolaires reste du travail ordinaire. Il y a des kilomètres de route, une balance à passer, trois ou quatre montes dans l'après-midi, et souvent une autre réunion le lendemain ailleurs en France. Le classement des jockeys se construit sur ces après-midi-là, pas sur les grandes journées de Longchamp qu'on voit à la télévision.

Pornichet en hiver, loin des nocturnes d'été

L'hippodrome de Pornichet La Baule est surtout connu pour ses réunions d'été, quand la station est pleine et que les tribunes se remplissent de vacanciers venus voir des chevaux pour la première fois de leur vie. Fin décembre, l'ambiance change complètement.

Le public est local, il vient en doudoune, il connaît les noms et il lit son programme en marchant. La piste, elle, ne pardonne plus grand-chose : le terrain d'hiver en bord d'océan devient lourd, ce qui avantage les chevaux endurants et pénalise ceux qui comptent sur une accélération finale. Ce genre de détail pèse plus sur le résultat que la forme théorique affichée dans les pronostics.

Ce que la journée proposait au-delà des courses

La réunion s'accompagnait d'animations, avec des souvenirs remis au propriétaire du cheval gagnant, une pratique courante sur les hippodromes de province pour fidéliser les écuries. Les associations sportives locales étaient présentes, ce qui reste la façon la plus simple de faire venir des familles qui ne parieront jamais un euro.

Sur place, les pronostics circulaient comme toujours, et les analyses de suiveurs comme Laurent Viel faisaient partie du décor, au même titre que le Trophée du Moulin de Rochefort annoncé au programme. C'est une économie de la conversation autant qu'une économie du pari : on discute davantage qu'on ne joue, et les mêmes visages se retrouvent d'une réunion à l'autre pendant tout l'hiver.

Et le résultat ?

C'est là que l'article promet plus qu'il ne peut tenir. On ne sait pas, au moment où ces lignes sont écrites depuis les annonces d'avant-course, si Kew Bridge a enfin gagné ce 29 décembre 2024, ni si Augustin Madamet a bouclé son année sur une victoire. Un jockey qui « se prépare à briller » n'a rien fait d'autre, pour l'instant, que de monter en selle.

C'est le lot des courses hippiques : tout le monde a une théorie solide jusqu'au moment du départ, puis un cheval que personne n'attendait passe devant. C'est aussi pour ça que les gens reviennent le dimanche suivant.

Résumer cet article avec :

Partager :

Côte d'amour