Les Détaillants : Un nouvel espace chaleureux et savoureux à Pornichet
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Ouvrir un restaurant à Pornichet au mois de février, c'est faire un pari précis : celui de la clientèle qui habite là toute l'année. Les Détaillants, nouvelle adresse portée par Ben Thomazeau, s'installe sur ce créneau, avec une carte courte, un service rapide et des produits sourcés à proximité. Le sujet de cet article n'est donc pas la décoration ni l'ambiance conviviale, dont on parle partout : c'est le modèle économique d'une table qui choisit de vivre hors saison dans une station balnéaire.
Le midi en semaine, un marché à part
Sur la Côte d'Amour, le déjeuner de semaine hors saison a ses propres règles. Le client dispose de quarante-cinq minutes, il regarde le prix, il revient trois fois par semaine s'il a été bien traité. Ce client-là ne veut pas d'une carte de vingt plats. Il veut savoir ce qu'il y a aujourd'hui, l'avoir chaud, et repartir à l'heure.
C'est ce qui explique le format de ce type d'adresse : une entrée, deux plats, un dessert, une ardoise réécrite tous les jours. Le format demande moins de stock, produit moins de perte et laisse le cuisinier acheter en fonction de ce qui est bon plutôt que de ce que la carte impose. Cuisiner vite ne veut pas dire cuisiner mal, et l'inverse se vérifie tous les étés sur le front de mer.
Local, un mot qui mérite qu'on vérifie
Tout le monde écrit « produits locaux » sur sa devanture. À Pornichet, le mot a pourtant un contenu vérifiable : la criée de La Turballe est à une quarantaine de minutes, celle du Croisic un peu moins, les maraîchers du bassin de Guérande sont à un quart d'heure, et le sel vient de marais qu'on voit depuis la route. Un restaurateur qui travaille vraiment en circuit court peut nommer ses fournisseurs. C'est la question à poser, et la réponse arrive vite quand elle est vraie.
Ce qu'on ne sait pas encore
Autant l'écrire franchement : à ce stade, les horaires précis, les jours de fermeture et le détail de la carte des Détaillants n'ont pas été communiqués de façon fiable. Passer un coup de fil avant de se déplacer reste plus sûr que se fier à une fiche en ligne, surtout pour un établissement qui vient d'ouvrir et qui ajuste ses horaires les premières semaines.
Une chose est acquise en revanche : une ouverture en février donne au cuisinier deux ou trois mois pour roder son équipe et sa carte avant le premier week-end de Pâques. C'est une méthode de professionnel. Ouvrir le 1er juillet, c'est apprendre à nager en pleine tempête.
Ben Thomazeau aux commandes
Le nom du cuisinier compte davantage qu'on ne le croit sur une place de cette taille. À Pornichet comme à La Baule, la réputation circule par le bouche-à-oreille des habitants, pas par les avis en ligne rédigés par des touristes de passage. Un chef identifié, présent en cuisine et visible en salle, gagne en trois mois ce qu'une campagne publicitaire n'achète pas.
Le pari qu'il prend est celui d'une cuisine de produit servie sans cérémonie. Le risque, connu, est celui du positionnement intermédiaire : trop soigné pour la clientèle qui cherche un sandwich, trop rapide pour celle qui veut s'installer deux heures. C'est un fil étroit, et la façon dont il sera tenu se jugera à l'automne, quand les terrasses se videront.
Y aller
Pornichet centre se traverse à pied. Depuis la gare, le vieux Pornichet et le secteur du marché sont à quelques minutes, et le stationnement redevient praticable dès la mi-septembre. Pour un déjeuner en semaine hors saison, arriver avant midi et quart évite l'attente : les petites salles de ce type affichent complet en vingt minutes quand la nouvelle se répand.
On saura dans un an si le pari tenait. D'ici là, le meilleur indicateur reste le parking du mardi midi : s'il est plein en février, l'adresse est installée.
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