Pornichet : l'association Leaf bénéficie de 13 000€ du Lions Club pour acquérir un chariot multisensoriel dédié à la pédiatrie
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Treize mille euros pour un chariot. Le montant surprend, jusqu'à ce qu'on regarde ce qu'il y a dedans et surtout à quoi ça sert : occuper l'esprit d'un enfant de six ans pendant qu'on lui pose une perfusion. Le Lions Club Pornichet Océan a remis cette somme à l'association Leaf en 2025, produit intégral d'un salon des vins et saveurs organisé à l'hippodrome de Pornichet. L'argent finance un chariot multisensoriel destiné à un service de pédiatrie. Voilà pour les faits. Le reste de cet article explique pourquoi ce matériel se paie par des dons plutôt que par le budget de l'hôpital, ce qui est la vraie information.
Ce qu'est réellement un chariot multisensoriel
Le terme fait high-tech, la méthode a cinquante ans. Le principe Snoezelen a été formalisé aux Pays-Bas dans les années 1970, d'abord auprès de personnes polyhandicapées, avant de gagner la gériatrie puis la pédiatrie. Il repose sur une idée simple : saturer doucement les sens pour détourner l'attention de la douleur et de la peur.
Concrètement, un chariot regroupe sur un meuble roulant une colonne à bulles, un projecteur de fibres optiques, un diffuseur de lumière, des enceintes, des supports tactiles et parfois un diffuseur d'huiles essentielles. Tout est monté sur roulettes parce que l'unité qui compte n'est pas la salle, c'est la chambre : on amène l'apaisement au lit de l'enfant, y compris quand il est isolé et ne peut pas sortir.
Ce que ça change pendant un soin
La distraction sensorielle fait partie des méthodes non médicamenteuses utilisées lors des gestes douloureux, aux côtés du MEOPA, de l'hypnose conversationnelle et de la présence des parents. Elle ne remplace aucune analgésie. Elle réduit l'anxiété d'anticipation, celle qui fait qu'un enfant se raidit dès qu'il voit la blouse arriver, et qui rend le geste suivant plus difficile que le précédent.
Les soignants qui l'utilisent citent toujours le même bénéfice secondaire : le temps gagné. Un enfant calme se laisse piquer du premier coup. Sur un service qui enchaîne les prélèvements, cela finit par se compter en heures.
Leaf, ce que fait vraiment l'association
Leaf signifie Leucémie Espoir Atlantique Famille. Elle soutient les familles d'enfants et d'adultes touchés par une leucémie ou un autre cancer du sang : hébergement des proches pendant les hospitalisations longues, aide matérielle, financement d'équipements pour les services, soutien à la recherche. Précisons-le puisque l'information circule à tort, l'association n'intervient pas dans le champ des soins palliatifs. Son objet est l'accompagnement pendant le traitement, qui dure des mois et mobilise toute une famille.
Une hospitalisation en hématologie pédiatrique se compte en semaines d'isolement, avec un parent qui cesse de travailler et l'autre qui fait la route. C'est ce quotidien-là que l'association prend en charge, et il coûte beaucoup plus cher qu'on ne l'imagine.
Pourquoi c'est un club-service qui paie
Le budget d'un service hospitalier couvre les soins, les personnels et le matériel médical réglementé. Tout ce qui relève du confort et de l'environnement de l'enfant relève d'une autre ligne, la dernière servie. Résultat, l'immense majorité des chariots sensoriels, des salles de jeux et des équipements de distraction en pédiatrie française arrive par des associations, des clubs-services et des collectes de parents. On peut trouver cela anormal. Cela reste le mode de financement réel, et il fonctionne parce que des bénévoles montent des chapiteaux le week-end.
Le Lions Club Pornichet Océan tient le compte rendu de ses opérations sur sa page Facebook, et la préparation du premier salon des vins et saveurs avait été racontée par Saint-Nazaire News dans ce lien.
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