Un haut responsable des Chantiers de l'Atlantique prend la présidence de la SNSM à Pornichet
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Un ancien dirigeant des Chantiers de l'Atlantique a pris en 2025 la présidence de la station de sauvetage de Pornichet. Première précision, parce que le titre prête à confusion : il ne s'agit pas de la présidence nationale de la SNSM, mais de celle d'une station locale, l'une des quelque deux cents implantations que l'association compte sur le littoral français et outre-mer. La nuance n'est pas de forme. Présider une station, ce n'est pas piloter une institution nationale depuis Paris, c'est tenir une association de bénévoles à flot au sens propre comme au figuré.
Ce que fait vraiment un président de station
Le président d'une station SNSM ne commande pas le canot. À la mer, c'est le patron d'embarcation qui décide, et lui seul. Le président s'occupe de tout le reste, c'est-à-dire d'à peu près tout : la trésorerie, les relations avec la mairie et le port, le recrutement et la fidélisation des équipages, le suivi des visites médicales et des qualifications, l'entretien du bâtiment et du matériel, le budget carburant, les assurances, les dossiers de subvention. Un travail de gestionnaire, exercé bénévolement, souvent par quelqu'un qui a déjà eu une carrière derrière lui.
Pourquoi un profil de chantier naval a du sens ici
Le rapprochement peut sembler cosmétique, il ne l'est pas. Une station de sauvetage possède un bateau, parfois deux, qu'il faut faire caréner, réviser, remotoriser, et dont le remplacement se chiffre en centaines de milliers d'euros. Quelqu'un qui a passé sa vie professionnelle à négocier des contrats de construction navale, à discuter avec des motoristes et à arbitrer entre réparer et remplacer arrive avec exactement les bons réflexes. Il sait aussi lire un devis de chantier, ce qui est moins courant qu'on ne croit dans un conseil d'administration associatif.
Reste que le poste demande une compétence qui ne s'apprend pas dans l'industrie lourde : convaincre des gens de se lever à trois heures du matin, gratuitement, par vent de force 7. Le turnover des équipages est le vrai sujet de la plupart des stations françaises, davantage que le matériel.
Pornichet, un secteur nautique chargé
La station couvre un plan d'eau qui n'a rien d'anodin. Port de plaisance parmi les plus fréquentés de la baie, école de voile, planches à voile et kitesurf dès que le vent d'ouest se lève, baignade sur plusieurs kilomètres de sable, sans compter les sorties de pêche-promenade et le trafic de la Loire tout proche. Les interventions typiques ressemblent rarement au naufrage spectaculaire : panne moteur à un mille de la jetée, dériveur chaviré, baigneur emporté par le courant, kitesurfeur qui n'arrive plus à revenir au bord.
Ce que la nomination change, et ce qu'elle ne change pas
Elle ne change rien à la garde. Le dispositif d'alerte reste le CROSS Étel, qui déclenche les moyens sur toute la façade atlantique sud-Bretagne et donne ses ordres à la station. Elle ne change rien non plus au nombre de bénévoles disponibles un mardi de novembre.
Ce qu'elle peut changer, c'est la capacité de la station à financer sa prochaine embarcation et à obtenir un peu plus d'attention des entreprises du bassin nazairien. Un président issu du premier employeur industriel du secteur ouvre des portes que le meilleur des marins n'ouvre pas. C'est prosaïque, c'est décisif.
Un littoral qui attire, et qu'il faut surveiller
Pornichet vit de son bord de mer, et ce bord de mer se regarde volontiers en photos, comme dans notre reportage sur les coins méconnus du littoral pornichetin. Chaque crique un peu photogénique est aussi un endroit où quelqu'un finira par se mettre à l'eau au mauvais moment. La fréquentation touristique et la charge de travail des sauveteurs suivent la même courbe.
Nous avions consacré deux autres articles à cette nomination, l'un sur l'arrivée du dirigeant à la tête de la station de Pornichet, l'autre sur le parcours industriel de l'intéressé avant la SNSM.
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