Pornichet : Les P'tits Matelots font leurs adieux au port et mettent le cap sur de nouvelles aventures en mer
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Le titre parle d’adieux et de grand départ. La réalité est plus modeste, et plus intéressante : le lundi 28 octobre 2024, au port de plaisance de Pornichet, une session des P’tits Matelots s’achevait, comme elle s’achève à chaque fin de vacances scolaires. Personne n’a largué les amarres pour le grand large. Des enfants ont rendu leur gilet, récupéré leur sac et retrouvé leurs parents sur le quai. Ce qui se joue là mérite quand même qu’on s’y arrête, parce que c’est souvent le premier contact d’un gamin de la côte avec un bateau qu’il manœuvre lui-même.
Pourquoi ces « adieux » n’en sont pas
Dans le vocabulaire des écoles de voile, une session se termine, elle ne s’interrompt pas dramatiquement. Les enfants inscrits sur les vacances d’automne enchaînent les demi-journées pendant la semaine, puis rendent le matériel le dernier jour. Certains reviendront à Noël, d’autres à Pâques, d’autres jamais. L’émotion sur le quai existe, elle tient surtout au fait qu’un enfant de huit ans qui vient de barrer seul pendant vingt minutes rentre chez lui avec quelque chose que ses parents ne peuvent pas lui donner.
Le texte d’origine promettait des semaines de navigation au long cours et un cap vers l’inconnu. Sur le plan des faits, on est sur un plan d’eau abrité, à quelques centaines de mètres du quai, avec un moniteur en bateau à moteur qui tourne autour du groupe. C’est très bien ainsi. Un enfant apprend à naviguer dans un bassin qu’il connaît, pas au milieu de la baie par vent de nord-ouest.
Le port de Pornichet, un plan d’eau d’apprentissage
Pornichet a un avantage que beaucoup de communes du littoral lui envient : un port de plaisance de grande capacité, à bassin fermé, doublé d’un avant-port et d’une baie ouverte au sud. Concrètement, ça veut dire qu’un moniteur peut sortir un groupe débutant même quand le vent forcit, en restant dans une zone où la mer ne lève pas. La baie de La Baule, orientée plein sud, casse une bonne partie de la houle d’ouest avant qu’elle n’arrive devant la plage.
Ce qu’un enfant sait faire à la fin d’une semaine
Pas grand-chose, et beaucoup. Il sait enfiler son gilet tout seul et le fermer correctement. Il sait ce qu’est une écoute, une barre, un safran, et il ne confond plus tribord et bâbord au bout du troisième jour. Il a viré de bord sans se prendre la bôme. Il a probablement dessalé une fois, remonté sur la coque et compris que l’eau à quinze degrés se supporte quand on a une combinaison.
Ce dernier point compte plus que le reste. Un gamin qui a chaviré et qui s’en est sorti n’a plus la même relation à la mer. Il a arrêté d’en avoir peur de manière abstraite, et il a commencé à en avoir un respect utile, celui qui fait vérifier la météo avant de sortir.
Les parents restent sur le quai, et c’est voulu
On voit souvent des familles s’installer le long des pontons pendant la séance. Les moniteurs préfèrent en général qu’elles gardent leurs distances pendant l’activité. Un enfant qui cherche son père du regard toutes les trente secondes ne barre pas, il attend une validation. Le retour au quai, en revanche, appartient aux parents : c’est là que l’enfant raconte, et c’est souvent la seule fois de la semaine où il parle sans qu’on lui pose de question.
Après la Toussaint, ce qui reste ouvert
L’activité voile pour enfants sur la côte s’organise par vacances scolaires et par saison estivale. Entre novembre et février, les créneaux se raréfient, faute de lumière autant que de météo : à Pornichet, la nuit tombe avant 18 heures à partir de la mi-novembre, et une séance de fin d’après-midi devient impossible. Les inscriptions pour les vacances de printemps et pour l’été s’ouvrent en général plusieurs semaines à l’avance, et les créneaux du matin partent les premiers.
Trois questions à poser avant d’inscrire son enfant
La première porte sur le support. Optimist, catamaran, planche : ce ne sont pas les mêmes âges ni les mêmes tailles. Un enfant qui pèse moins de vingt-cinq kilos n’est pas à sa place sur un catamaran de sport.
La deuxième porte sur l’équipement fourni. Combinaison, chaussons, gilet : certaines structures prêtent tout, d’autres seulement le gilet. Acheter des chaussons néoprène à la dernière minute un dimanche d’octobre à Pornichet, c’est possible, mais on paie le dépannage.
La troisième porte sur le plan B. Que se passe-t-il si le vent dépasse le seuil et que la sortie est annulée ? Certaines structures proposent une activité à terre, d’autres reportent, d’autres remboursent au prorata. La réponse varie d’un club à l’autre et elle vaut la peine d’être obtenue avant de payer.
Reste l’image du quai, le lundi 28 octobre au soir, avec les gilets empilés et les gamins qui refusent de rentrer. Elle n’a rien d’exceptionnel, elle se reproduit à chaque fin de vacances dans tous les ports de la Côte d’Amour. C’est justement ce qui la rend crédible.
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