Pornichet : Le vieux môle s'apprête à accueillir à nouveau sa passerelle emblématique

découvrez à pornichet, le vieux môle renaît avec l'arrivée de sa passerelle emblématique, un incontournable pour les amoureux de la mer et des balades pittoresques. revivez l'histoire et appréciez le charme unique de cette nouvelle attraction.
Sommaire5 sections
  1. 01Quatorze ans de vide
  2. 02Les micropieux, la partie invisible du chantier
  3. 03Ce que ça change pour ceux qui habitent là
  4. 04La souscription, et ce qu'elle signifie
  5. 05Le point qu'il faudra surveiller

Quatre mille deux cent cinquante euros le mètre. C'est le chiffre à retenir du chantier lancé à l'automne 2024 sur le vieux môle de Pornichet : 450 000 euros pour 106 mètres de passerelle, large de 3 mètres. Le prix paraît élevé tant qu'on raisonne en passerelle de jardin. Il devient compréhensible dès qu'on regarde où l'ouvrage se pose, et ce que la mer fait subir à tout ce qu'on y plante.

Le vieux môle de Pornichet, où la passerelle démolie en 2010 doit être reconstruite

Quatorze ans de vide

L'ancienne passerelle a été démolie en 2010, après le passage de la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28 février. La structure était déjà fatiguée, la tempête a tranché la question. Depuis, le môle est resté là, visible et inaccessible, ce qui est la situation la plus frustrante qui soit pour un ouvrage de bord de mer.

Quatorze ans, ce n'est pas de la négligence municipale : c'est le temps qu'il faut pour une opération de ce type. Il a fallu décider si l'on reconstruisait, monter le financement, faire les études de sol sous l'eau, obtenir les autorisations sur le domaine public maritime, passer le marché, puis caler le chantier hors saison touristique et hors période de coefficients trop forts. Chacune de ces étapes se compte en mois.

Les micropieux, la partie invisible du chantier

La première phase des travaux consiste à forer des micropieux. Ce sont des fondations de faible diamètre, forées puis scellées en profondeur, qui vont chercher le point d'appui sous le sable et la vase. Cette technique est utilisée quand l'engin de forage doit travailler dans un espace contraint, avec des créneaux imposés par la marée.

C'est là que part une bonne partie du budget. Sur le môle, l'équipe ne travaille pas huit heures d'affilée : elle travaille entre deux marées, elle démonte, elle revient. Il faut aussi que tout ce qui reste en place résiste à l'eau salée, ce qui écarte l'acier ordinaire au profit d'aciers protégés ou d'inox, et fait grimper la facture au mètre. Le tablier, lui, est la partie la plus simple et la moins coûteuse de l'affaire.

Ce que ça change pour ceux qui habitent là

Une passerelle de 106 mètres, ce sont deux à trois minutes de marche pour rejoindre l'extrémité du môle. Le gain n'est pas dans le temps de trajet, il est dans le point de vue. Depuis le bout de l'ouvrage, on regarde la baie de face, avec la ville dans le dos, ce qu'aucun autre accès du front de mer ne permet. C'est un endroit à marée montante, un autre à marée basse, et encore un autre au coucher du soleil, quand la lumière arrive par l'ouest sur toute la baie.

Les pêcheurs à la ligne attendent aussi la réouverture. Un môle donne accès à une profondeur d'eau qu'on n'atteint pas depuis la plage, et les habitués savent exactement quel coefficient et quelle heure valent le déplacement.

La souscription, et ce qu'elle signifie

Une souscription a été ouverte pour participer au financement de la restauration du vieux môle. Ce type d'appel aux dons remplit deux fonctions. Il apporte de l'argent, évidemment, mais surtout il installe l'ouvrage dans le patrimoine reconnu de la commune, ce qui pèse ensuite quand il s'agit d'obtenir des cofinancements publics.

Sur le fond, on peut trouver discutable qu'un ouvrage public communal soit en partie financé par la générosité des riverains. On peut aussi constater que ce mécanisme est devenu la norme pour le petit patrimoine maritime, et que sans lui, plusieurs cales et jetées de la Côte d'Amour seraient encore fermées.

Le point qu'il faudra surveiller

Une passerelle en bord de mer se juge sur trente ans, pas sur son inauguration. La question qui vaudra d'être posée à la livraison porte sur le plan d'entretien : à quelle fréquence les fixations seront contrôlées, qui paie les reprises, et ce qui est prévu si un hiver arrache une partie du garde-corps. L'ouvrage précédent est parti parce que sa fatigue n'avait pas été traitée à temps. Recommencer serait dommage à ce prix-là.

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