Pornichet : Un changement de direction et une pièce inédite au théâtre La Réplique

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Sommaire4 sections
  1. 01Ce que quarante ans laissent derrière
  2. 02Gemma Sakho, un profil de metteuse en scène
  3. 03Colonel Betty, un choix d'ouverture assumé
  4. 04Les animations gratuites, la partie invisible du projet

Quarante ans à la tête d'un théâtre, cela ne se transmet pas en une réunion. À Pornichet, La Réplique a changé de direction artistique : Catherine Debiard, qui tenait le lieu depuis le début des années 1980, a passé la main à Gemma Sakho, metteuse en scène originaire de Saint-Nazaire. La première pièce de cette nouvelle programmation est une comédie burlesque, Colonel Betty, de Christian Rossignol. Ce qui se joue là dépasse le choix d'un titre : dans une petite salle, la succession décide de ce qu'on verra sur le plateau pendant dix ans.

Scène et rangées de sièges vides d'une petite salle de théâtre

Ce que quarante ans laissent derrière

Dans une salle de cette taille, le directeur n'est pas seulement celui qui choisit les pièces. Il est la mémoire du lieu. C'est aussi celui qui connaît le carnet d'adresses des compagnies de la Côte d'Amour, qui sait quel bénévole tient la régie le samedi soir, quel abonné vient depuis vingt ans et à quelle place il s'assied. Rien de tout cela n'est écrit nulle part.

La difficulté d'une succession de cette longueur tient là. Un successeur qui reprend tel quel finit par gérer un musée. Un successeur qui fait table rase perd la moitié de la salle en une saison. Le point d'équilibre se trouve sur trois ou quatre saisons, rarement moins.

Gemma Sakho, un profil de metteuse en scène

Le choix d'une metteuse en scène, plutôt que d'un gestionnaire, dit quelque chose du projet. Quelqu'un qui a travaillé au plateau lit une programmation autrement : par les moyens que demande un décor, par le nombre de comédiens qu'une compagnie peut payer, par ce qu'une salle sait techniquement accueillir. Être originaire de Saint-Nazaire n'est pas anecdotique non plus dans un bassin où les compagnies circulent entre Saint-Nazaire, Pornichet, Saint-André-des-Eaux et Guérande.

Colonel Betty, un choix d'ouverture assumé

Ouvrir avec du burlesque est un choix lisible. Christian Rossignol écrit une comédie de situation, avec des personnages excessifs et des quiproquos qui s'emballent, et ce répertoire a un avantage pratique : il se joue avec une distribution réduite et un décor simple. Pour une première sous une nouvelle direction, c'est le genre le plus sûr.

C'est aussi le plus exigeant à la représentation. Une comédie qui ne fait pas rire s'entend tout de suite, il n'y a nulle part où se cacher. Le rythme et le placement des comédiens font tout le travail, et cela se règle en répétition, pas sur le papier.

Les animations gratuites, la partie invisible du projet

Le second volet annoncé porte sur des animations culturelles gratuites, tournées vers le théâtre amateur. Les ateliers ne remplissent pas une saison, mais ils remplissent une salle à cinq ans : les gens qui montent sur le plateau le mercredi soir sont ceux qui reviennent le samedi avec leur famille. C'est le calcul de fond de tous les petits théâtres qui durent, et c'est celui qui coûte le plus de temps pour les résultats les plus lents.

Reste une inconnue que l'annonce ne lève pas : le nombre de créations par saison et la place laissée aux compagnies locales. C'est le vrai marqueur d'une direction artistique, plus que le titre d'ouverture. On le lira sur la brochure de la saison suivante.

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