Plongée dans l'effroi : 'Camping sauvage', un film d'horreur tourné sur les côtes mystérieuses de Loire-Atlantique
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Disons-le tout de suite : il n'y a pas de côte mystérieuse en Loire-Atlantique. Il y a des rochers, du vent, des chemins de douaniers et des campings fermés d'octobre à avril. C'est exactement ce qui intéresse un réalisateur d'horreur à petit budget, et c'est ce qu'est allé chercher Olivier Wright pour Camping sauvage, court-métrage de 17 minutes tourné sur ce littoral. L'histoire tient en une ligne : Sam et Alex, un couple de trentenaires, partent camper à l'écart pour se retrouver, et l'escapade tourne mal. Le reste de l'intérêt du film est ailleurs, dans la façon dont un décor gratuit fait le travail d'un budget qu'on n'a pas.
Dix-sept minutes, c'est un format, pas un brouillon
Le court-métrage traîne encore une réputation d'exercice d'école. Pour l'horreur, c'est pourtant la durée la plus juste. Un long-métrage doit tenir quatre-vingt-dix minutes avec deux ou trois montées de tension, ce qui oblige à des redescentes, des scènes d'exposition, des personnages secondaires qui existent surtout pour mourir. Dix-sept minutes n'ont besoin de rien de tout ça.
La contrainte est ailleurs : il faut installer deux personnages, une situation et une menace en trois minutes, sans que le spectateur sente le raccourci. Beaucoup de courts-métrages du genre échouent là, sur les cinq premières minutes, pas sur la fin.
Ce que la côte apporte à un tournage sans argent
Un décor naturel, hors saison, coûte à peu près le prix de l'essence et d'une autorisation. Sur le littoral de Loire-Atlantique, un tournage trouve à moins d'une heure de route des choses qu'il faudrait sinon fabriquer : des rochers plats battus par la mer, des pins tordus par le vent d'ouest, des dunes derrière lesquelles on ne voit plus la route, des marais salants où le regard porte à des kilomètres sans rencontrer une maison.
Le vent est le premier problème technique. Il sature les micros, fait claquer la toile de tente, oblige à re-enregistrer les dialogues. Le second, en novembre, c'est la lumière : à peine huit heures de jour utilisable, et une heure bleue très courte. Un plateau de cette taille tourne alors dans un rythme forcé, ce qui laisse des traces dans le film, en général plutôt à son avantage.
L'isolement, ressort central et cliché du genre
Le film s'appuie sur un dispositif éprouvé : deux personnes, un lieu vide, aucun secours à portée. Depuis les années 1970, le cinéma d'horreur y revient sans arrêt, du couple perdu en forêt aux randonneurs qui n'auraient pas dû quitter le sentier. Ce n'est pas un reproche. Un ressort aussi usé fonctionne encore parce qu'il repose sur une peur ordinaire : celle de se rendre compte, à la nuit tombée, qu'on ne sait plus exactement où on a laissé la voiture.
Ce que Camping sauvage y ajoute, c'est la fragilité du couple. Sam et Alex ne partent pas à l'aventure, ils partent réparer quelque chose. Un couple qui se parle mal met plus de temps à se mettre d'accord sur ce qu'il faut faire, et ce délai, dans un film d'horreur, c'est du temps de survie perdu. Le fond dramatique sert directement la mécanique de la peur.
Ce qu'on ne sait pas, et qu'il vaut mieux dire
Sur un court-métrage indépendant, l'information publique est mince. Le lieu exact des prises de vues, la durée du tournage, le budget, le casting complet, le parcours en festivals : rien de tout cela n'était détaillé au moment de l'annonce. Les articles qui prétendent le contraire brodent.
C'est le sort de la plupart des films de ce format. Ils existent d'abord pour circuler en festival, où ils cherchent un prix, une sélection, parfois un producteur pour un long. La diffusion en ligne vient après, souvent un an plus tard, quand le circuit des festivals est épuisé. Pour un spectateur de Saint-Nazaire ou de La Baule qui voudrait le voir, la voie la plus rapide reste de guetter les programmations des salles associatives du secteur, qui accueillent régulièrement des séances de courts-métrages régionaux.
Un tournage de plus sur un littoral qui en accueille beaucoup
La Loire-Atlantique accueille régulièrement des équipes, du long-métrage à la série, en partie grâce aux aides régionales à la production et à un bureau d'accueil des tournages qui met en relation les équipes avec les communes. Le littoral y a un statut particulier : il ressemble à beaucoup d'autres côtes atlantiques, ce qui autorise à le faire passer pour ailleurs, et il se trouve à trois heures de Paris.
Pour les communes concernées, l'effet est modeste et il vaut mieux ne pas le gonfler. Une équipe de court-métrage, c'est une dizaine de personnes pendant quelques jours, deux ou trois chambres d'hôtes en basse saison. Le bénéfice réel se mesure plutôt en visibilité, et seulement si le film circule. Camping sauvage, dans cette logique, est une carte de visite pour un littoral filmé le plus souvent l'été et en maillot de bain.
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