Pornichet : Un Dimanche Palpitant au Galop avec les Chevaux

Sommaire5 sections
  1. 01Les vingt minutes entre deux courses, mode d'emploi
  2. 02Lire un programme sans rien y connaître
  3. 03Le stand PMU, et combien ça coûte réellement
  4. 04Des chevaux de trois ans, ce que ça change
  5. 05S'habiller pour l'endroit, pas pour la photo

Disons-le tout de suite : un dimanche de courses en décembre à Pornichet, ce n'est pas un feu d'artifice. Ce sont huit courses étalées sur près de quatre heures, séparées par des intervalles d'une vingtaine de minutes pendant lesquels il ne se passe pas grand-chose, dans un vent qui vient de l'Atlantique et qui traverse les vêtements. Chaque course elle-même dure entre une minute et deux minutes trente. Faites le calcul : sur un après-midi, le sport occupe une quinzaine de minutes. Tout l'intérêt est dans ce qu'on fait du reste, et personne ne l'explique jamais à ceux qui viennent pour la première fois.

Ce guide s'adresse donc à celui qui a vu l'affiche, qui n'a jamais mis les pieds sur un hippodrome, et qui se demande à quoi ressemblent concrètement ces quatre heures.

Les vingt minutes entre deux courses, mode d'emploi

C'est là que tout se joue pour un débutant. Le déroulé est toujours le même. Les chevaux de la course suivante sortent au rond de présentation, on peut les voir tourner à deux mètres. Puis ils partent au canter, c'est-à-dire un galop d'échauffement le long de la piste, dans le sens inverse de la course. Ensuite viennent les dernières minutes avant le départ, où les cotes bougent le plus.

Le rond de présentation est le seul endroit d'un hippodrome où un néophyte voit exactement la même chose qu'un habitué : un cheval qui transpire avant l'effort, un cheval qui refuse d'avancer, un cheval calme. Ça ne fait pas gagner, mais ça oriente. Les habitués y passent plus de temps que devant les écrans.

Lire un programme sans rien y connaître

Le programme papier se vend quelques euros à l'entrée, et on s'en sert en permanence. Chaque cheval y porte un numéro, qui correspond à celui du dossard et à la casaque, la veste colorée du jockey. Ces couleurs appartiennent au propriétaire, pas à l'écurie ni au jockey : c'est ainsi qu'on suit un cheval de loin quand le peloton se regroupe.

À côté du numéro figure la musique du cheval, une suite de chiffres et de lettres du type 3p 1p 5p. Le chiffre est la place obtenue, la lettre la discipline (p pour plat), et un a signale une course d'obstacle ou d'attelage selon le contexte. Un 0 veut dire une place au-delà de la dixième, un T une chute ou un arrêt. Trois chiffres bas d'affilée dans la musique valent tous les pronostics de comptoir.

Le stand PMU, et combien ça coûte réellement

Un stand PMU est installé sur place, avec des guichets tenus par des personnes dont le métier est justement d'expliquer les paris aux gens qui n'y connaissent rien. Il ne faut pas hésiter à dire qu'on débute, c'est la phrase la plus entendue de leur journée.

La mise minimale est de 1,50 euro sur un simple gagnant, le pari le plus lisible qui soit : on désigne un cheval, il doit finir premier. Le simple placé, à la même mise, paie si le cheval termine dans les deux ou trois premiers selon le nombre de partants, avec un rapport plus faible. Les paris combinés, couplé, trio, quinté, multiplient les combinaisons et donc le coût du ticket. Un après-midi entier à 1,50 euro par course revient à douze euros pour huit courses. C'est le budget d'un cinéma, et cela suffit largement à comprendre pourquoi les gens crient dans les cent derniers mètres.

Des chevaux de trois ans, ce que ça change

Une bonne partie du programme est réservée aux poulains et pouliches de trois ans. Ce sont de jeunes chevaux qui n'ont derrière eux que quelques sorties. Concrètement, cela donne des courses moins prévisibles : un cheval peut s'emballer au départ, se déconcentrer au milieu de la ligne droite, ou au contraire progresser d'un coup entre deux sorties parce qu'il a mûri en trois semaines. Les grosses cotes tombent plus souvent dans ces épreuves que dans les courses de chevaux d'âge, et les favoris s'y font battre plus régulièrement.

Pour un spectateur qui découvre, c'est plutôt une bonne nouvelle. Les écarts d'expérience se voient à l'œil nu, et la course se raconte mieux qu'une épreuve de vieux routiers où tout se décide dans les deux dernières foulées.

Un détail qui aide à suivre : dans une course de plat, le cheval qui mène à mi-parcours gagne rarement. La lecture d'une course tient beaucoup à ce qui se passe derrière, aux jockeys qui gardent leur monture enfermée le long de la corde en attendant l'ouverture. Regarder le peloton plutôt que le leader change complètement le spectacle, et c'est vrai dès la première course qu'on voit de sa vie.

S'habiller pour l'endroit, pas pour la photo

L'hippodrome de Pornichet est à courte distance de l'océan, et cela se sent dès qu'on quitte l'abri des tribunes. Le vent d'ouest y est humide et froid, même par ciel bleu. Un manteau coupe-vent, un bonnet et des chaussures fermées changent complètement la journée. Ceux qui repartent au bout d'une heure sont presque toujours ceux qui sont arrivés en baskets de ville.

Dernier conseil, celui qu'on donne rarement : rester jusqu'à la dernière course. Les tribunes se vident, on entend distinctement les sabots sur la piste, et c'est le seul moment de l'après-midi où l'on comprend pourquoi certains reviennent tous les dimanches.

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