À l'aube de ses 85 ans, le club de football de Pornichet demeure intemporel et dynamique
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Un club de football amateur ne dure pas 85 ans grâce à ses résultats. Il dure grâce à une quinzaine de personnes qui, chaque samedi, ouvrent le vestiaire, tracent les lignes, tiennent la buvette et ramènent les maillots chez elles pour les laver. En 2024, l'Entente Sportive de Pornichet approchait de cet anniversaire, ce qui la fait naître autour de 1939. Regarder ce parcours par la vitrine sportive, c'est passer à côté de ce qui a réellement tenu : la chaîne des bénévoles, et sa fragilité actuelle.
Ce que représentent 85 ans de continuité
Beaucoup de clubs fondés à la même époque ont disparu, fusionné avec le voisin ou changé trois fois de nom. Tenir sans interruption sur ce littoral, où la population double l'été et où les jeunes partent étudier à Nantes ou à Rennes, n'a rien d'automatique. Un club né à la veille de la guerre a forcément connu des saisons blanches, des effectifs incomplets, des périodes où l'on jouait à onze contre onze en comptant les copains du village d'à côté.
La longévité tient aussi à un détail matériel : les installations municipales. Un club sans terrain stabilisé pour l'hiver, sans éclairage correct et sans vestiaires aux normes perd ses créneaux et ses licenciés en deux saisons. Ce que la commune met dans ses équipements sportifs ne se voit pas sur un classement, ça se voit dans le nombre d'équipes engagées et dans la capacité à faire jouer les plus jeunes en février sans annuler.
Le label jeunes, au-delà de la plaque
L'obtention d'un label jeunes de la Fédération française de football se raconte souvent comme une récompense. C'est plutôt un audit. Il faut un projet éducatif écrit, des éducateurs diplômés à chaque catégorie, un suivi des présences, un référent arbitrage, une organisation des déplacements. Le dossier se prépare pendant des mois et se perd si le club relâche.
Sur ce point, le contraste entre clubs voisins est net. Certains alignent des équipes de jeunes encadrées par le père d'un joueur, avec la meilleure volonté du monde et aucune formation. Le résultat se voit à l'adolescence : c'est l'âge où l'on arrête le football, et on arrête presque toujours à cause de l'ambiance, rarement à cause du niveau.
Le vrai point faible : trouver des dirigeants
Le recrutement de joueurs ne pose pas de problème majeur, le football reste le premier sport de France en nombre de licences. Ce qui manque, ce sont les bénévoles qui acceptent une responsabilité : trésorier, secrétaire, arbitre officiel, responsable de catégorie. Les postes qui engagent, qui prennent des soirées, qui exposent aux critiques du bord de touche.
Comment on aide, concrètement
En donnant deux heures, pas en promettant une saison. Conduire une voiture pour un déplacement à Guérande, tenir la caisse de la buvette un dimanche matin, passer l'arbitrage de district, prendre en charge la commande des jeux de maillots. Les clubs ne demandent presque jamais d'argent aux parents, ils demandent des créneaux. Et une règle simple s'applique partout : celui qui vient une fois revient, celui qui promet de venir un jour ne vient jamais.
Un anniversaire de club se fête avec des photos jaunies, une gerbe et un match des anciens. Ce qui vaudra vraiment quelque chose pour la suite, c'est le nombre de personnes de trente ans présentes ce jour-là et prêtes à reprendre un poste.
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