Pornichet : Les élèves se mobilisent pour le prochain festival de bande dessinée Déam'Bulle

Sommaire5 sections
  1. 01Ce qui se passe réellement dans un atelier
  2. 02La gouttière, ce blanc qui raconte
  3. 03De la feuille de classe au mur du festival
  4. 04Le festival, tel qu'il était annoncé
  5. 05La bande dessinée et l'image animée

Une planche de bande dessinée réussie par un enfant de dix ans ne se juge pas au dessin. Elle se juge au découpage : est-ce qu'on comprend qui parle, dans quel ordre, et ce qui se passe entre deux cases. C'est ce que les auteurs venus dans les classes de Pornichet à l'automne 2024 ont passé leurs séances à faire travailler, en préparation de la cinquième édition du festival Déam'Bulle, annoncée pour les 5 et 6 avril 2025 à l'hippodrome. Le résultat n'était pas une exposition de jolis dessins, mais un exercice de narration.

Ce qui se passe réellement dans un atelier

Claire Péron et Sylvère Jouin sont intervenus auprès de plusieurs classes de la commune. Le déroulé d'un atelier de ce type est toujours à peu près le même, et il tient en deux heures. Une demi-heure de démonstration, où l'auteur dessine en direct sous les yeux des élèves, ce qui est le moment où l'on capte l'attention de toute la salle. Puis le travail sur feuille, encadré, avec une contrainte imposée : un nombre de cases fixe, un personnage, une situation de départ.

La démonstration en direct a un autre effet, moins attendu. Les élèves découvrent que l'auteur rate, gomme, recommence, et qu'une planche publiée n'est pas sortie parfaite du premier jet. Beaucoup d'enfants persuadés de « ne pas savoir dessiner » se remettent au travail après avoir vu un professionnel effacer trois fois la même main.

La gouttière, ce blanc qui raconte

L'espace entre deux cases porte un nom, la gouttière, et c'est là que se joue la moitié du récit. Entre une case où un personnage lève le bras et une case où un vase est cassé, c'est le lecteur qui reconstitue le geste. Les enfants comprennent ce principe très vite quand on le leur montre, alors que les adultes ont souvent besoin qu'on le leur explique deux fois.

Le reste relève du bricolage assumé, et c'est très bien ainsi. Un atelier de deux heures ne forme pas de dessinateurs. Il apprend à raconter avec des images, ce qui sert ensuite en rédaction, en exposé oral, et pour comprendre pourquoi une publicité ou une vidéo est montée dans cet ordre-là.

De la feuille de classe au mur du festival

Les planches produites pendant ces séances étaient destinées à être accrochées pendant le festival. Ce point change tout pour un enfant : il dessine pour un public de passage qui va s'arrêter, lire, et parfois chercher l'auteur des yeux. Les enseignants qui ont mené ce genre de projet connaissent le phénomène, le niveau d'exigence des élèves monte d'un cran dès qu'on annonce l'accrochage.

Ce détail logistique n'est pas anodin. Les planches d'élèves se perdent, se cornent, partent dans un cartable. Les projets qui aboutissent sont ceux où un adulte, souvent au Point Jeunes ou dans l'équipe organisatrice, ramasse tout le jour même et stocke les feuilles à plat.

Le festival, tel qu'il était annoncé

Déam'Bulle en était à sa cinquième édition. Le programme annoncé pour ce week-end de printemps comportait des dédicaces, des expositions et des stands d'éditeurs et de libraires, l'ensemble installé à l'hippodrome, un site qui a l'avantage d'être couvert et de disposer de stationnement, ce qui n'est pas rien à Pornichet. La page du festival se trouvait ici, et le détail de la programmation de l'édition 2025 était publié ici.

La bande dessinée et l'image animée

La parenté entre planche et écran revient à chaque édition de ce type de festival, et elle est justifiée : le storyboard d'un film et le découpage d'une planche répondent aux mêmes questions de cadrage et d'ellipse. Cette proximité a déjà été explorée à Pornichet, comme le raconte notre article sur la rencontre entre la bande dessinée et le cinéma.

Reste la question que se posent les enseignants après ce genre d'opération : qu'est-ce qui subsiste six mois plus tard ? Pas la technique, sans doute. Plutôt le souvenir d'un adulte qui vit du dessin et qui a pris deux heures pour montrer comment il travaille. Pour un enfant, découvrir que ce métier existe vraiment vaut à peu près autant que l'atelier lui-même.

Résumer cet article avec :

Partager :

Côte d'amour