À Pornichet, plongez dans l'univers des sports de glisse aux côtés des passionnés de kayak
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Avant de parler d'univers de la glisse, autant régler la question pratique : à Pornichet, on ne monte pas dans un kayak de mer sur un coup de tête un dimanche d'août. Il faut un club, une séance encadrée ou une location avec briefing, un coup d'œil au coefficient de marée et une idée claire de la force du vent. Cet article prend le problème par là, par la porte d'entrée réelle, plutôt que par la carte postale.
Le club avant le matériel
À Pornichet, la structure de référence pour la pagaie et la voile légère est le Cercle Nautique La Baule - Le Pouliguen - Pornichet (CNBPP), né du rapprochement des clubs des trois communes de la baie. C'est là que se prennent les licences, que s'organisent les séances encadrées et que le matériel dort l'hiver. Passer par un club coûte plus cher qu'une heure de location au ponton. En contrepartie, on apprend à remonter dans un kayak retourné, ce qui est exactement la compétence qui manque le jour où ça arrive.
Pour un adulte qui débute, deux ou trois séances suffisent à tenir un cap et à ne pas paniquer quand un clapot arrive de travers. Le reste, c'est du kilométrage : la sensation de stabilité vient avec les heures passées assis dans la coque, pas avec les explications au tableau.
Kayak, paddle, wingfoil : ce n'est pas le même sport
On range ces disciplines sous la même étiquette de glisse, alors qu'elles n'ont ni le même apprentissage ni la même météo idéale. Le stand-up paddle demande une eau plate et un vent faible, sinon on dérive debout comme une voile. Le wingfoil, à l'inverse, ne se pratique qu'avec du vent, et demande des semaines avant le premier vol stable. Le kayak de mer est le plus tolérant des trois : il avance même par temps moche, et c'est sans doute pour ça qu'il tient bon dans les clubs de la baie.
La marée décide de la séance
C'est la donnée que les visiteurs sous-estiment le plus. Sur cette côte, le marnage dépasse cinq mètres en vives eaux, et la plage découvre très loin. Un départ calé sur la basse mer, c'est cent cinquante mètres de portage avec le bateau sur l'épaule, et un retour où l'on cherche l'eau. Les clubs calent leurs créneaux là-dessus, ce qui explique des horaires qui bougent chaque jour et déroutent ceux qui voudraient réserver comme au cinéma.
Un point sur l'accessibilité
Le kayak est l'un des rares sports nautiques où l'adaptation du matériel change réellement la donne : dossier de maintien, cale-hanches, pagaie modifiée, mise à l'eau depuis un ponton plutôt que depuis le sable. Des sorties de ce type ont été organisées avec des résidents du foyer Jean-Barrais, dont l'un des kayakistes raconte sa découverte du kayak de mer. Sur l'eau, un kayak stable met tout le monde à la même hauteur, ce qu'aucun discours sur l'inclusion ne remplace.
Le calendrier des compétitions, à lire avec la date
Le Pornichet Glisse Trophy figurait dans le programme de la saison, annoncé alors pour les 22 et 23 juin, avec des épreuves de longue distance en pirogue OC1 et en va'a solo. Ce format de course longue attire des pagayeurs venus de toute la façade atlantique. Pour un spectateur, le meilleur poste d'observation reste le bord de plage au départ : une fois la flotte partie, on ne voit plus grand-chose, et les arrivées s'étalent.
Ce que les enfants apprennent vraiment
Les stages d'été pour les 8-12 ans passent la moitié du temps à des jeux d'équilibre et à des chavirages volontaires. Ça ressemble à du chahut, c'est de l'apprentissage : un gamin qui a retourné son kayak vingt fois en rigolant ne panique pas le jour où ça arrive pour de vrai. Le reste vient tout seul, y compris le fait de ramasser les déchets qui flottent, ce que les moniteurs transforment en jeu de collecte plutôt qu'en leçon de morale.
Un dernier mot sur les korrigans, qu'on croise parfois dans les textes de promotion touristique de la côte : personne n'en rencontrera en pagayant le long des rochers de Sainte-Marguerite. En revanche, on y voit régulièrement des cormorans en séchage, des tacauds sous la coque quand l'eau est claire, et de temps en temps un phoque égaré. C'est déjà pas mal pour une sortie d'une heure et demie.
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