Benoît Marie triomphe à la Pornichet Select avec un temps impressionnant de moins de 36 heures
Sommaire5 sections
Moins de 36 heures pour boucler la Pornichet Select, ça ne dit pas grand-chose tant qu'on n'a pas ramené le chiffre à la taille du bateau. Benoît Marie a couvert un parcours d'environ 300 milles à 8,42 nœuds de moyenne, à bord d'un Mini de 6,50 mètres, seul, sans pilote humain de rechange et avec un couchage qui tient dans la largeur d'un placard. C'est cette arithmétique-là qui rend sa victoire de mai 2025 remarquable, plus que le mot exploit.
La Pornichet Select ouvre traditionnellement la saison de la Classe Mini. En 2025, 89 skippers ont pris le départ, ce qui donne une idée de la densité du plateau : sur ce support, une flotte de cette taille laisse peu de place à la chance.
Ce que 8,42 nœuds veut dire sur un Mini 6.50
Sur un monocoque de 6,50 mètres, cette moyenne suppose de longues séquences au portant à des vitesses bien supérieures, entrecoupées de phases lentes dans les transitions. Autrement dit : le bateau n'a presque jamais été freiné par son équipier, puisqu'il n'y en a pas. Le skipper a dormi par tranches de vingt minutes, en gardant une main sur le réglage.
Il faut y ajouter le reste : préparer les repas lyophilisés, écoper, relever la météo, changer de spi sur un pont large comme une table. Sur trente-six heures, le sommeil cumulé dépasse rarement quatre heures. C'est la partie de la performance qui ne se voit sur aucun classement.
Le bateau de Benoît Marie porte les couleurs de Nicomatic et de Petit Bateau. Précision utile, parce que la formulation traîne un peu partout : ce n'est pas le voilier qui barre le skipper, c'est bien le skipper qui barre son prototype. Les Mini se répartissent entre prototypes, où l'architecture est libre, et bateaux de série, produits en petite quantité et donc plus proches les uns des autres.
Un parcours court qui ne pardonne rien
300 milles, à l'échelle de la course au large, c'est un sprint. Sur la Mini Transat, une erreur de routage se rattrape en trois jours. Ici, une bordée mal placée au passage de Groix se paie tout de suite. Le plan d'eau du golfe de Gascogne ajoute sa part : des brises thermiques capricieuses le long de la côte vendéenne, des molles dans le lee des îles, et un courant de marée qui inverse le rapport de force toutes les six heures.
La série, l'autre course dans la course
Six heures après l'arrivée de la tête de flotte, Paul Cousin s'est imposé en catégorie série. L'écart n'a rien d'humiliant : les bateaux de série sont plus lourds, moins toilés, et leurs skippers courent avec des budgets sans commune mesure avec ceux des protos. Comparer les deux temps bruts n'a pas beaucoup de sens, et c'est un travers courant des comptes rendus de course.
Un coup double, selon la presse régionale
Le titre retenu par la presse locale parle d'un coup double pour le Normand. La formule renvoie à un enchaînement de succès sur cette épreuve. Ce qu'on peut dire sans extrapoler : à ce niveau, gagner deux fois la même course tient moins au coup de chance qu'à une connaissance fine d'un plan d'eau que le skipper a déjà parcouru dans toutes les configurations de vent.
Ce qu'on ne sait pas encore
La suite du programme du skipper après cette victoire de mai 2025 ne se déduit pas de ce résultat. La Classe Mini enchaîne les épreuves de sélection pendant l'été, et un classement se construit sur plusieurs courses. Écrire ici que la trajectoire est tracée serait aller plus vite que les faits.
Le récit détaillé de la course, avec les mots du skipper au ponton, est à lire chez Saint-Nazaire Maville.
Résumer cet article avec :
Partager :