Fonctionnement d'une transaction en blockchain

Sommaire5 sections
  1. 01Une transaction n'est pas un virement
  2. 02Les explorateurs de blocs, mode d'emploi
  3. 03Lire la fiche d'une transaction, ligne par ligne
  4. 04Les trois pannes qu'on rencontre pour de vrai
  5. 05Ce que la vérification ne dit pas

Le moment où l'on comprend vraiment à quoi sert une blockchain, c'est celui où un paiement n'arrive pas. Le vendeur jure avoir envoyé les fonds, votre portefeuille affiche zéro, et personne n'a de service client à vous proposer. Bonne nouvelle : vous n'avez besoin de croire ni l'un ni l'autre. Le registre est public, il suffit de savoir l'ouvrir. Ce guide suit une transaction de son émission à sa confirmation, en lisant ce qu'un explorateur de blocs affiche à chaque étape.

Une transaction n'est pas un virement

Première idée à laisser de côté : sur Bitcoin, il n'existe pas de compte avec un solde. Ce que vous possédez, c'est un ensemble de reçus non dépensés, les UTXO, chacun rattaché à une de vos adresses. Payer, c'est prendre un ou plusieurs de ces reçus, les détruire et en créer de nouveaux : un pour le bénéficiaire, un pour votre monnaie qui revient sur une adresse à vous.

C'est pour cette raison qu'une transaction de 50 euros peut afficher un montant total de 340 euros, dont 289 reviennent à l'expéditeur. Le débutant qui découvre ça sur un explorateur croit à un vol. Il regarde simplement sa propre monnaie rentrer à la maison.

Ethereum fonctionne autrement, avec des comptes et des soldes, comme une banque. Les deux modèles cohabitent, et l'affichage de l'explorateur change en conséquence.

Les explorateurs de blocs, mode d'emploi

Un explorateur de blocs est une fenêtre en lecture seule sur le registre. Il ne détient rien, il ne valide rien, il affiche. Chacun couvre une ou plusieurs chaînes, et on en change comme on change de moteur de recherche. Les plus consultés :

  • Blockchain.com ;
  • Blockstream ;
  • Etherscan ;
  • Ethplorer ;
  • Bithomp ;
  • XRP Charts.

Trois champs de recherche pour tous : le TXID, une adresse, un numéro de bloc. Collez le TXID, la page de la transaction s'ouvre. Collez une adresse, vous obtenez le solde et l'historique complet des entrées et sorties depuis sa création. C'est là que le mot transparence prend un sens très concret, et parfois inconfortable.

Lire la fiche d'une transaction, ligne par ligne

La page ressemble à un amas de chiffres et de lettres. Elle se décompose pourtant en cinq blocs d'information toujours identiques.

Le statut et le nombre de confirmations

Une transaction fraîchement émise est non confirmée : elle attend dans la salle d'attente du réseau, le mempool. Elle passe à confirmée quand un mineur l'inclut dans un bloc. Le compteur augmente ensuite d'une unité à chaque bloc suivant. Un commerçant accepte souvent la marchandise à une confirmation pour un petit montant, une plateforme d'échange en exige couramment trois à six avant de créditer un compte. Six confirmations sur Bitcoin représentent environ une heure d'attente.

Les entrées

La colonne de gauche liste les adresses d'où partent les fonds et les montants correspondants. Un clic sur une adresse ouvre son historique. Attention à l'illusion d'optique classique : plusieurs adresses en entrée appartiennent presque toujours au même expéditeur, dont le portefeuille a rassemblé plusieurs reçus pour atteindre la somme demandée.

Les sorties

À droite, les bénéficiaires. Il y en a rarement un seul, à cause de la monnaie rendue. Vérifiez que l'adresse que vous avez communiquée figure bien dans cette colonne, avec le bon montant. Si elle n'y est pas, la transaction ne vous concerne pas, quoi qu'on vous raconte.

Les frais

Ils ne vont ni à une banque ni à une société : ils rémunèrent celui qui a inclus la transaction dans son bloc. Ils se calculent en satoshis par octet, donc à la place occupée, pas au montant transféré. Une transaction encombrante qui déplace 20 euros coûte plus cher qu'une transaction légère qui en déplace 200 000.

L'horodatage et le bloc

Le numéro du bloc et l'heure d'inclusion referment la fiche. C'est cette ligne qui fait foi en cas de litige sur une date de paiement.

Les trois pannes qu'on rencontre pour de vrai

La transaction reste bloquée en non confirmée. Neuf fois sur dix, les frais ont été réglés trop bas au moment de l'envoi. Certains portefeuilles autorisent une accélération par remplacement, le RBF, qui renvoie la même opération avec des frais plus élevés. Sinon on attend, et le mempool finit par se vider.

Le TXID est introuvable sur l'explorateur. Vérifiez d'abord la chaîne : un identifiant Ethereum collé dans un explorateur Bitcoin ne donnera jamais rien. Si la chaîne est la bonne et que rien ne remonte, la transaction n'a jamais été diffusée sur le réseau.

Les fonds sont partis sur la mauvaise adresse. Il n'y a rien à faire. Le registre enregistre l'ordre, il ne juge pas l'intention. C'est aussi pour cela que l'usage veut qu'on envoie d'abord quelques euros en test avant un gros transfert, quitte à payer deux fois les frais.

Ce que la vérification ne dit pas

Voir une transaction confirmée prouve qu'un montant a bougé d'une adresse vers une autre à un instant donné. Cela ne prouve pas qui tenait les clés, ni pourquoi. Un vendeur peut très bien vous montrer le TXID d'un paiement adressé à quelqu'un d'autre en espérant que vous ne lirez pas la colonne des sorties. Le registre est honnête, la lecture qu'on vous en propose ne l'est pas toujours.

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