Comment aider votre chien à surmonter sa peur des feux d'artifice ?
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Le 14 juillet à 22 h 45, il est trop tard. C'est la seule chose à retenir si votre chien tremble sous le lit dès la première détonation : la peur des feux d'artifice se traite en amont, sur six à huit semaines, pas le soir même avec une friandise et de la bonne volonté. Le soir du tir, on ne fait plus que de la gestion de crise. Cet article prend donc le problème par le calendrier, en remontant de la date du feu jusqu'au moment où il faut vraiment commencer à travailler.
Pourquoi un chien encaisse si mal
L'audition du chien monte jusqu'à 45 000 hertz environ, contre 20 000 pour nous, et il perçoit des intensités que nous ne captons pas. Une bombe d'artifice tirée depuis la plage de Pornichet s'entend jusqu'à Sainte-Marguerite et bien au-delà : le son porte sur plusieurs kilomètres, réverbéré par l'eau et par les façades du remblai. Un chien enfermé dans un pavillon de Saint-Marc entend donc parfaitement quelque chose qu'il ne peut ni voir ni localiser.
Ajoutez le souffle des grosses pièces, qui fait vibrer les vitres, les éclairs derrière les volets, et l'absence totale de signal annonciateur. Pour l'animal, le monde explose sans prévenir, à intervalles irréguliers, pendant vingt minutes. La réaction de fuite n'a rien d'irrationnel.
Le rétroplanning : huit semaines avant
La désensibilisation demande du temps parce qu'elle repose sur un principe simple : exposer l'animal à un bruit assez faible pour qu'il ne réagisse pas, puis monter le volume par paliers minuscules, sur des semaines. Téléchargez un enregistrement de feux d'artifice, lancez-le à un volume à peine audible pendant que le chien mange ou joue, et n'augmentez que lorsque plusieurs séances de suite se sont passées sans un regard vers l'enceinte.
Le rythme habituel tourne autour de dix minutes par jour, cinq jours sur sept. Si le chien lève la tête, se fige ou arrête de manger, vous êtes allé trop vite : redescendez de deux crans et restez-y une semaine. La faute classique consiste à monter le son parce que ça se passe bien, puis à tout perdre en une séance. Le but n'est pas d'arriver au volume réel du 14 juillet, mais d'apprendre au chien que ce bruit annonce des choses agréables.
Deux semaines avant : préparer la pièce et le diffuseur
Choisissez la pièce la plus calme du logement, si possible sans fenêtre sur la mer ou sur la rue du tir, au rez-de-chaussée plutôt qu'à l'étage. Beaucoup de chiens choisissent d'eux-mêmes la salle de bains ou le dessous d'un escalier : ces endroits sont clos, sans vue et acoustiquement plus mats. Installez-y son panier deux semaines à l'avance, avec une couverture qui sent la maison, pour que le lieu soit déjà familier le jour venu.
Si vous utilisez un diffuseur de phéromones apaisantes du type Adaptil, qui reproduit les molécules émises par la chienne pendant l'allaitement, branchez-le au moins 48 heures avant, dans cette pièce, et laissez-le tourner en continu. Branché le soir même, il ne sert à rien : la diffusion met du temps à saturer le volume de la pièce.
Le soir du tir : ce qui se joue vraiment
Sortez le chien longuement en début d'après-midi, pas à 21 heures : un animal fatigué encaisse mieux, et vous évitez de vous retrouver dehors quand le premier pétard part. Donnez son repas plus tôt que d'habitude, la digestion est un facteur d'apaisement, et un chien angoissé refusera de manger plus tard.
Fermez volets et fenêtres avant la nuit, laissez une lumière allumée pour atténuer les flashs, et mettez un fond sonore continu : radio, télévision, ventilateur. Un bruit régulier masque en partie les détonations et casse l'effet de surprise, qui est le plus anxiogène. Restez à la maison si vous le pouvez. Sur la presqu'île, entre le 14 juillet, le 15 août et les fêtes de quartier, ça représente quelques soirées par an, pas trente.
Le consoler, oui
On lit encore partout qu'il ne faut pas réconforter un chien qui a peur, sous prétexte de renforcer son comportement. C'est faux, et les comportementalistes le répètent depuis des années : la peur est une émotion, pas un comportement appris, et on ne la renforce pas par une caresse. Si votre chien vient chercher le contact, donnez-le lui, calmement, sans excès de voix ni agitation.
En revanche, n'allez pas l'extraire de sa cachette pour le rassurer. Un chien qui s'est réfugié derrière le canapé y est parce que c'est là qu'il se sent mieux. Laissez la porte de la pièce ouverte, posez-vous à proximité, et laissez-le décider.
Quand le vétérinaire entre dans l'équation
Si le chien se blesse, se met en danger, casse une porte ou reste prostré plusieurs heures après la fin du feu, la désensibilisation seule ne suffira pas cette année. Prenez rendez-vous en juin, pas le 13 juillet. Il existe des molécules prescrites sur ordonnance, dont un gel oral à action rapide développé pour ce cas précis, qui réduisent la réaction de panique sans assommer l'animal.
Deux règles avec ces traitements. On les teste une première fois hors contexte, quelques jours avant, pour vérifier la tolérance et la posologie. Et on ne les considère pas comme la solution : ils font passer la soirée, ils ne soignent pas la phobie, qui demande un travail de fond avec un vétérinaire comportementaliste. Les anciennes molécules sédatives, encore parfois proposées, immobilisent le chien sans supprimer sa peur, ce qui revient à l'enfermer conscient dans un corps qui ne répond plus. Demandez explicitement ce qui vous est prescrit.
Une dernière chose, valable pour toutes les phobies sonores : le chat, le lapin et le cheval du champ voisin encaissent aussi, et personne n'en parle. Si vous avez un box ou une pâture près d'un site de tir, prévenez le propriétaire des animaux, il vous en sera reconnaissant.
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