Conseils pour une routine de soins capillaires efficace et adaptée à votre type de cheveux

Sommaire7 sections
  1. 01Gras, sec, normal, mixte : un plan de rayon, pas un diagnostic
  2. 02Le cuir chevelu d’un côté, les longueurs de l’autre
  3. 03Le rinçage fait plus que le shampoing
  4. 04Les huiles : bonnes en pré-shampoing, décevantes en finition
  5. 05Kératine, collagène, biotine : ce qui est vrai et ce qui est vendu
  6. 06L’assiette agit, mais avec plusieurs mois de retard
  7. 07À quoi ressemble une semaine

La plupart des gens qui se plaignent de leurs cheveux n’ont pas un problème de produit, ils ont un problème de rythme. Ils lavent trop souvent, ils rincent trop vite, et ils changent de shampoing avant d’avoir laissé au précédent le temps de faire quoi que ce soit. Une routine capillaire qui tient debout se décide en trois choses : à quelle fréquence on lave, comment on rince, et ce qu’on met sur les longueurs plutôt que sur le crâne. Le reste, y compris la moitié des flacons de la salle de bains, est facultatif.

Gras, sec, normal, mixte : un plan de rayon, pas un diagnostic

Les quatre cases qu’on trouve sur les emballages viennent du marketing des années 1980. Elles décrivent une sensation au toucher, pas un état du cheveu. Sur ce point le classement ne tient pas, et il envoie beaucoup de monde acheter le mauvais produit.

Prenez quelqu’un qui a « les cheveux gras ». Neuf fois sur dix, il a un cuir chevelu qui produit du sébum vite et des longueurs qui, elles, sont sèches comme du foin. Un shampoing dit « cheveux gras », souvent plus décapant, va assécher encore les pointes et pousser le crâne à produire davantage de sébum pour compenser. Le cercle est bien connu des dermatologues et il se casse en séparant les deux zones, pas en changeant de marque.

Ce qui compte davantage : l’épaisseur du cheveu (fin, moyen, épais), sa forme (raide, ondulé, bouclé, crépu) et son état chimique (vierge, coloré, décoloré, défrisé). Un cheveu bouclé fin et décoloré n’a rien à voir avec un cheveu raide épais et vierge, même si les deux graissent en deux jours.

Le cuir chevelu d’un côté, les longueurs de l’autre

La règle est simple et presque personne ne l’applique : le shampoing sert à laver la peau du crâne, l’après-shampoing et le masque servent à traiter les longueurs. On masse la mousse aux racines, on laisse le rinçage nettoyer le reste au passage. Et on arrête de tartiner du soin à trois centimètres du cuir chevelu, parce que c’est ce qui regraisse en une journée.

Pour un crâne qui produit beaucoup de sébum, un shampoing doux tous les deux jours vaut mieux qu’un shampoing agressif tous les jours. Pour des longueurs sèches, un après-shampoing à chaque lavage, sans exception, et un masque une fois par semaine. Pour des cheveux qu’on qualifie de mixtes, c’est exactement la combinaison des deux : produit doux aux racines, gras aux pointes.

Le rinçage fait plus que le shampoing

Mains qui appliquent un soin sur des cheveux longs au-dessus d’un lavabo

L’eau très chaude ouvre les écailles de la cuticule et emporte le film gras qui protège la fibre. On sort de la douche avec des cheveux qui paraissent propres et qui, en séchant, deviennent ternes et rêches. Terminer le rinçage à l’eau tiède, voire franchement fraîche sur les longueurs, change l’aspect en une semaine. C’est gratuit.

Deuxième point, plus bête encore : le temps de rinçage. Il faut compter le double de ce qu’on croit. Un après-shampoing mal rincé laisse un dépôt qui alourdit et qui, au bout de trois semaines, donne l’impression que le produit « ne marche plus ». Il marche très bien, il s’accumule.

Les huiles : bonnes en pré-shampoing, décevantes en finition

Coco, argan, jojoba : ces trois-là reviennent partout, avec raison, mais pas pour l’usage qu’on leur prête. Appliquées sur cheveux secs une à deux heures avant le lavage, elles limitent l’absorption d’eau par la fibre et réduisent le gonflement qui casse le cheveu. Utilisées après le séchage, elles font surtout briller, ce qui est un effet optique et non un soin. L’huile de coco est la seule dont la pénétration dans la fibre soit sérieusement documentée, grâce à sa petite molécule d’acide laurique.

Certaines personnes préfèrent composer leur mélange plutôt que d’acheter un sérum à 25 euros les 50 millilitres, et il existe de bonnes recettes pour préparer soi-même une huile de croissance capillaire. Le calcul est vite fait quand un flacon d’huile végétale coûte le quart du prix.

Kératine, collagène, biotine : ce qui est vrai et ce qui est vendu

Un cheveu est une structure morte. Seul le bulbe, sous la peau, est vivant. Les protéines hydrolysées d’un soin réparateur se déposent sur la cuticule abîmée et comblent les brèches, ce qui rend la fibre plus lisse et moins cassante à la brosse. C’est réel, c’est mesurable, et ça part au troisième lavage. Répéter une à deux fois par semaine tient donc du sens, à condition de ne pas en attendre une reconstruction.

Côté compléments, la biotine ne sert qu’aux gens qui en manquent, et la carence est rare en France. Chez les femmes, la cause la plus fréquente d’une chute diffuse est un déficit en fer, mesurable par une ferritine sanguine. Ça se règle avec une prise de sang et un traitement, pas avec des gélules achetées en ligne.

L’assiette agit, mais avec plusieurs mois de retard

On perd entre 50 et 100 cheveux par jour, c’est normal. Ce qui pousse aujourd’hui reflète ce qu’on a mangé il y a plusieurs semaines. Un régime restrictif, une grossesse, une opération : la chute arrive deux à trois mois après l’événement, ce qui explique qu’on l’attribue toujours à la mauvaise cause.

Protéines, fer, zinc, vitamines du groupe B : les apports classiques, rien d’exotique. Légumes verts, œufs, légumineuses, poisson, noix. Le cheveu est la dernière chose que le corps sert quand les apports manquent, ce qui en fait un bon indicateur, avec toujours ce décalage de plusieurs mois.

À quoi ressemble une semaine

Deux lavages, trois au maximum. Après-shampoing à chaque fois, sur les longueurs seulement. Un masque le week-end, posé vingt minutes, pas trois. Un bain d’huile avant le shampoing si les pointes tirent. Et un passage chez le coiffeur tous les trois à quatre mois pour couper le centimètre abîmé, parce qu’une fourche remonte le long de la tige et qu’aucun soin ne l’arrête. Tenez ça pendant six semaines avant de juger. La plupart des routines échouent parce qu’on les abandonne au bout de dix jours.

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