Découvrez l'ambiance groove transatlantique à Pornichet : la destination estivale la plus branchée de l'année ?
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Non, Pornichet n'est pas devenue « la destination estivale la plus branchée de l'année ». C'est une station balnéaire d'un peu plus de 10 000 habitants dont la population explose en août et dont l'été musical tient à une poignée de rendez-vous gratuits. Le 18 juillet 2024, il y en avait un qui méritait le déplacement : The Bongo Hope, au Bois-Joli, à 21h30, entrée libre. Voilà l'information. Le reste de cet article explique pourquoi ce concert-là n'était pas un remplissage de programmation.
Un trompettiste, la Colombie, et une greffe qui prend
The Bongo Hope est le projet d'Etienne Sevet, trompettiste français passé par plusieurs années en Colombie. Ce n'est pas un détail biographique décoratif. La musique afro-colombienne de la côte Pacifique, celle de Buenaventura et de Guapi, ne ressemble ni à la salsa cubaine ni à la cumbia des radios : elle repose sur des percussions de bois et de peau, sur des voix féminines très aiguës, et sur des tempos qui donnent envie de bouger sans jamais forcer. Greffer une trompette de jazz là-dessus, c'est un pari qui rate souvent. Ici, il tient.
Les invités valent qu'on s'y arrête
La distribution réunie autour du projet dit assez son sérieux. Nidia Gongora, d'abord, chanteuse de Timbiqui, connue bien au-delà de la Colombie pour ses disques avec Quantic et son passage par le collectif Ondatropica. Sa voix est la signature du chant traditionnel du Pacifique colombien, et elle n'a rien d'un featuring de complaisance. Le rappeur Maikcel, du groupe Zalama, apporte la partie urbaine. Patchworks, producteur et multi-instrumentiste français, s'occupe de la couture entre les deux.
Cette combinaison, chant traditionnel, rap, production contemporaine, donne un ensemble qui ne se laisse pas ranger dans une case. On peut trouver ça un peu chargé sur disque. Sur scène et en plein air, ça marche beaucoup mieux : les percussions portent, et le public n'a pas besoin de connaître le répertoire pour suivre.
Le Bois-Joli, un lieu qui compte dans la géographie de la ville
Le quartier du Bois-Joli occupe l'extrémité ouest de Pornichet, vers Sainte-Marguerite, à l'écart du front de mer commerçant et du port. Ceux qui connaissent la ville savent que c'est la partie boisée, avec ses villas sous les pins et son atmosphère plus calme que le boulevard des Océanides en pleine saison. Programmer un concert là plutôt que sur l'esplanade centrale n'est pas anodin : ça déplace le public, et ça donne au concert un cadre qui ressemble davantage à une soirée qu'à une animation touristique.
Alors, faut-il aller à Pornichet pour ça ?
Si vous habitez Saint-Nazaire, La Baule ou Guérande, oui, sans hésiter : vingt minutes de route pour un concert de cette qualité, gratuit, c'est un rapport imbattable. Si vous cherchiez une raison de venir passer une semaine sur la côte, la réponse honnête est non. Un concert ne fait pas une destination. Pornichet a d'autres arguments, sa longue plage, son port, la proximité immédiate de la Brière, et il vaut mieux les prendre pour ce qu'ils sont plutôt que d'acheter la promesse d'un été « branché » qui n'existe que dans les titres.
Source: nantes.maville.com
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