La brosse à dents électrique : quels dangers et comment s'en servir ?
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La brosse à dents électrique ne présente aucun risque tant qu'on la laisse travailler seule. Le problème arrive au moment où l'on ajoute son propre geste : on appuie, on frotte, on va et vient comme avec une brosse manuelle. Le moteur tourne déjà à 8 000 mouvements par minute, la main par-dessus n'apporte rien et abîme la gencive. Tous les dégâts qu'on attribue à ces appareils viennent de là, et pas du moteur.
Appuyer plus fort ne nettoie pas mieux, ça creuse
La pression utile pour retirer la plaque dentaire est faible : de l'ordre de 150 à 200 grammes, à peu près le poids d'une pomme posée dans la main. Beaucoup de gens brossent à trois ou quatre fois cette valeur, par habitude, ou parce qu'ils associent le nettoyage à l'effort.
Ce qui se passe alors est lent et silencieux. La gencive, comprimée deux fois par jour, recule de quelques dixièmes de millimètre par an. Elle finit par découvrir le collet de la dent, cette zone de jonction où l'émail s'amincit jusqu'à disparaître. Le collet mis à nu réagit au froid, au sucre, à l'air aspiré en hiver sur le remblai de Pornichet. À terme, on voit apparaître une encoche en forme de V à la base de la dent, ce que les dentistes appellent une lésion cervicale. Elle ne repousse pas. On la comble au composite, et elle réapparaît si le geste ne change pas.
La récession gingivale est irréversible, et c'est le seul vrai danger de l'appareil. Il se règle en dix jours d'attention, ou définitivement avec un capteur de pression.
Deux familles d'appareils, deux gestes différents
Les vendeurs opposent les marques ; ce qui compte est la mécanique. Il en existe deux, et elles ne se manient pas de la même façon.
La sonique, à tête allongée
Elle ressemble à une brosse manuelle et vibre à haute fréquence, ce qui met en mouvement le mélange de salive et de dentifrice jusque légèrement sous le bord de la gencive. On la place comme une brosse classique, poils orientés à 45 degrés vers la gencive, et on la déplace très lentement, quelques dents à la fois, sans imprimer soi-même de va-et-vient.
C'est le modèle le plus facile à adopter quand on vient du manuel, parce que le geste reste proche de celui qu'on connaît. Les personnes qui ont des gencives fragiles ou des implants s'y retrouvent en général mieux.
L'oscillo-rotative, à petite tête ronde
La tête pivote d'un quart de tour dans un sens puis dans l'autre, souvent avec une pulsation qui décolle la plaque. Ici, on ne brosse pas du tout : on pose la tête sur une dent, on compte deux à trois secondes, on passe à la suivante. Dent par dent, face externe puis face interne.
Ce modèle nettoie très bien, à condition d'accepter ce rythme un peu ennuyeux. C'est aussi celui qui pardonne le moins la pression, parce que la petite tête concentre l'effort sur une surface réduite.
Deux minutes, et surtout ce qui vient après
La quasi-totalité des modèles intègrent un minuteur de deux minutes, avec une coupure toutes les trente secondes pour changer de quadrant. Suivez-le : sans repère, la plupart des adultes s'arrêtent autour de quarante-cinq secondes en croyant en avoir fait deux.
Deux détails valent presque autant que le brossage lui-même. Après avoir craché, ne vous rincez pas la bouche à grande eau : le fluor du dentifrice a besoin de rester au contact de l'émail, et un verre d'eau l'évacue en trois secondes. Et si vous venez de boire un jus d'orange, un soda ou du vin blanc, attendez une demi-heure. L'acide ramollit temporairement la surface de l'émail, et brosser dans la foulée en enlève une pellicule.
Enfin, aucune brosse, électrique ou non, n'entre entre deux dents serrées. Les caries de contact naissent là. Fil dentaire ou brossettes interdentaires, une fois par jour, le soir : c'est le complément que rien ne remplace.
Le nettoyage de l'appareil, et une méthode à oublier
On lit un peu partout qu'il faudrait faire tremper la brossette une nuit entière dans de l'eau bouillante vinaigrée. C'est une mauvaise idée. Les poils en nylon se déforment de façon permanente au-delà de 60 °C environ, l'axe métallique et le joint du manche n'apprécient pas davantage, et cette macération ne stérilise rien : la brossette est de toute façon recolonisée en quelques heures par la flore de votre propre bouche, qui n'a rien de dangereux pour vous.
Le protocole raisonnable tient en quatre gestes :
- rincer la brossette à l'eau claire, dix secondes, brosse en marche si vous voulez ;
- essuyer le manche et le socle de charge, où s'accumule un dépôt de dentifrice qui finit par bloquer le bouton ;
- laisser sécher la brossette à l'air libre, tête en haut, jamais sous un capuchon fermé ni dans un placard humide ;
- désolidariser la brossette du manche une fois par semaine et rincer la jonction, où stagne un anneau de tartre gris.
Si vous hésitez encore à passer à l'électrique, le raisonnement est simple : l'appareil ne rend pas un mauvais brossage bon, il rend un brossage moyen régulier. Pour un adolescent qui expédie l'affaire, pour une personne arthrosique dont le poignet ne suit plus, ou pour quelqu'un qui porte un appareil orthodontique, le gain est net. Pour un adulte qui brosse déjà correctement deux minutes matin et soir avec du fil dentaire, l'écart tient à quelques pour cent, et l'argent est peut-être mieux placé ailleurs.
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