Les cheveux poivre et sel, une tendance assumée
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Arrêter la coloration ne se décide pas un samedi matin. Entre le dernier passage au brun et le moment où la longueur est entièrement grise, il s'écoule un an et demi, parfois deux : les cheveux poussent d'environ un centimètre par mois, et il faut attendre que la teinte ait été coupée jusqu'au bout. C'est cette période intermédiaire, racine claire sur longueur foncée, qui fait renoncer la plupart des gens au bout de quatre mois. Les photos de Jamie Lee Curtis ou d'Andie MacDowell en argenté ne racontent jamais cette partie.
Compter en centimètres, pas en semaines
Un cheveu pousse de 1 à 1,5 cm par mois. Sur une coupe qui descend à 25 cm, la repousse intégrale demande entre dix-huit mois et deux ans. Sur un carré court de 12 cm, on tombe à une année. Cette arithmétique explique pourquoi tant de transitions passent par une coupe franche : raccourcir de dix centimètres, c'est gagner huit mois. Le moment le plus ingrat se situe entre le troisième et le huitième mois, quand la bande grise fait trois à huit centimètres : trop pour se cacher derrière une raie déplacée, pas assez pour ressembler à un choix.
Ce que le salon peut faire, et ce qu'il ne peut pas
Un coloriste ne fait pas disparaître la ligne, il la floute. La technique la plus courante consiste à poser des mèches claires sur la partie encore colorée, pour rapprocher les deux zones. Comptez deux à trois séances espacées de trois mois, entre 100 et 180 euros chacune. Sur des cheveux teints en noir depuis vingt ans, le premier passage ressort souvent cuivré : la décoloration remonte les pigments chauds, il faut une deuxième séance pour les neutraliser.
L'autre voie consiste à colorer en gris, donc à décolorer la longueur presque à blanc avant d'y déposer une nuance argentée. Le rendu est immédiat, la contrainte aussi : le pigment tient trois à cinq shampoings, la reprise revient toutes les quatre à six semaines. Sur ce point le calcul ne tient pas, le gris coloré coûte plus cher à l'année que le brun qu'on voulait quitter.
Le jaunissement, poste de dépense principal
Le cheveu blanc n'a plus de pigment, il se comporte comme une éponge. Il capte le chlore des piscines, les résidus de laque, le calcaire de l'eau et le tabac, et vire au jaune paille en quelques semaines. C'est le seul entretien vraiment obligatoire de la chevelure grise, et le plus régulier. Un shampoing violet une fois par semaine suffit ; le laisser poser trop longtemps donne des reflets mauves sur les pointes poreuses, l'utiliser à chaque lavage ternit.
Les extensions grises ont mis dix ans à arriver
Pendant longtemps, trouver des mèches grises relevait de la commande spéciale : les fabricants tiraient leurs stocks vers le blond et le châtain, parce que c'est ce qui se vendait. L'offre a suivi la demande au milieu des années 2010. On trouve aujourd'hui des clips, des queues de cheval, des bandes adhésives et des bandeaux montés à la main, du gris souris au blanc. Posée sous la longueur foncée, une bande claire adoucit la démarcation sans toucher à la fibre : c'est le meilleur allié des mois trois à huit.
Reste la question que personne ne se pose avant de commencer : le gris refroidit le teint. Celles qui portaient du beige et du camel finissent souvent par glisser vers le bleu, le bordeaux ou le noir franc.
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