Polystyrène pour isolation extérieure
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Sur un devis d'isolation par l'extérieur, les panneaux de polystyrène représentent rarement plus de 15 % du total. Le reste, c'est l'échafaudage, la préparation du support, le sous-enduit armé, la finition et surtout la main d'œuvre. C'est pour cette raison que deux devis peuvent afficher le même matériau et 40 % d'écart de prix, et que le moins cher n'est presque jamais le bon. Cet article prend le problème par ce bout : à quoi correspond le prix au mètre carré, et quelles erreurs de pose transforment un chantier correct en façade fissurée au bout de trois hivers.
La décomposition d'un prix au mètre carré
Un chantier d'isolation thermique par l'extérieur avec finition enduit mince se chiffre couramment entre 110 et 180 euros TTC le mètre carré posé pour une maison individuelle de plain-pied ou à un étage. Le bardage rapporté fait grimper la note d'une centaine d'euros de plus. Ces ordres de grandeur varient selon la région, l'accessibilité et l'état des murs : demandez trois devis, l'écart vous renseignera plus que n'importe quel barème.
Dans ce total, le panneau de polystyrène expansé pèse entre 10 et 25 euros du mètre carré en fourniture, selon son épaisseur et selon qu'il est blanc ou graphité. L'échafaudage se facture souvent à part, de l'ordre de 5 à 15 euros du mètre carré de façade. Le poste le plus lourd reste la pose : rail de départ, encollage, chevillage, marouflage du treillis dans le sous-enduit, séchage, finition. Un applicateur consciencieux passe plusieurs jours sur une façade que le voisin promet de traiter en un week-end.
Blanc, graphité ou extrudé : ce que change le choix du panneau
Le polystyrène expansé blanc, le PSE classique, affiche une conductivité thermique autour de 0,038 W/m.K. Le PSE graphité, gris, descend à 0,030 ou 0,032 grâce aux particules de graphite qui renvoient le rayonnement. Le polystyrène extrudé, le XPS, se situe dans la même zone, avec une résistance à l'eau et à la compression nettement supérieure.
Ces chiffres se traduisent directement en centimètres. Pour atteindre une résistance thermique de 3,7 m².K/W, seuil demandé sur les murs en façade par les principaux dispositifs d'aide, il faut environ 14 centimètres de PSE blanc contre 12 de PSE graphité. Deux centimètres de moins sur la façade, ce n'est pas anecdotique quand la maison est en limite de propriété ou quand le débord de toiture est court.
Le XPS ne sert pas à couvrir toute la façade, il coûte plus cher pour un gain thermique faible. Sa place est en soubassement, sur le premier rang au contact du sol et des projections d'eau, là où le PSE blanc se gorgerait d'humidité. Un devis qui ne prévoit rien de particulier en pied de mur mérite une question.
Les erreurs de pose qui se voient dans deux ans
Les joints ouverts entre panneaux
Un jour de deux millimètres entre deux plaques est une fuite thermique et un point de condensation. La règle de l'art veut que ces jeux soient comblés avec des chutes de polystyrène taillées à la mesure, jamais avec de la colle ni du mortier : un joint de colle conduit la chaleur bien mieux que l'isolant qui l'entoure et dessine, quelques années plus tard, un quadrillage visible sur l'enduit par temps humide.
Les panneaux alignés au droit des ouvertures
C'est la cause de fissure la plus fréquente. Les panneaux doivent être posés en quinconce, comme des briques, et surtout aucun joint ne doit se trouver dans le prolongement d'un angle de fenêtre ou de porte. La contrainte se concentre à cet angle, et l'enduit se fend en diagonale. La parade s'ajoute au moment de la pose : une découpe en L autour de l'ouverture, plus une bande d'armature posée en diagonale sur chaque angle avant le sous-enduit.
Les tableaux de fenêtre laissés nus
Isoler la façade et oublier les retours autour des menuiseries revient à laisser un pont thermique tout autour de chaque ouverture. Le résultat se lit à l'œil nu en hiver, avec des traces d'humidité et parfois des moisissures sur le pourtour intérieur des fenêtres. Il faut poser deux ou trois centimètres d'isolant dans les tableaux, ce qui suppose que les menuiseries aient été positionnées en conséquence, ou qu'on accepte de mordre un peu sur le clair de vitrage.
Le chevillage
La colle seule ne suffit pas au-delà de certaines hauteurs et sur beaucoup de supports. Les chevilles à rupture de pont thermique se posent après séchage complet de la colle, jamais le jour même, et leur tête doit être noyée puis recouverte d'une pastille d'isolant. Un chevillage trop précoce décolle les panneaux ; des têtes affleurantes finissent par se dessiner en points réguliers à travers l'enduit.
Les cas où le polystyrène n'est pas le bon choix
Sur un mur ancien en pierre hourdée à la chaux, en terre ou en pans de bois, le polystyrène pose un problème de fond. Ces maçonneries régulent l'humidité en la laissant migrer vers l'extérieur. Un panneau de PSE recouvert d'un enduit organique bloque ce transfert et l'eau s'accumule dans le mur. Sur ce type de bâti, la fibre de bois ou un enduit isolant à la chaux répondent mieux, quitte à perdre un peu de performance affichée.
Deux autres réserves méritent d'être posées. La performance d'été d'abord : le polystyrène a une faible capacité à stocker la chaleur, une maison isolée au PSE chauffe plus vite sous une toiture exposée qu'avec un isolant dense comme la fibre de bois. La sécurité incendie ensuite, avec des règles précises sur les bandes filantes en laine de roche au droit des planchers dès qu'on dépasse une certaine hauteur, ce qui concerne les immeubles plus que les maisons.
L'ordre des opérations
Avant de faire chiffrer, faites établir un diagnostic de l'état des murs : des fissures actives, des remontées capillaires ou un enduit qui sonne creux se traitent avant l'isolation, jamais dessous. Vérifiez ensuite votre ventilation, parce qu'une maison rendue étanche sans renouvellement d'air correct développe de la condensation à l'intérieur.
Le calendrier compte aussi. La pose d'un enduit demande des températures modérées et pas de gel : sur la côte atlantique, la fenêtre de tir va grossièrement d'avril à octobre, et les bonnes entreprises sont réservées plusieurs mois à l'avance. Un artisan disponible la semaine prochaine en plein mois de mai, ça se discute.
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