Louer ou acheter : les avantages d'avoir sa propre trottinette électrique !

Sommaire5 sections
  1. 01Ce que coûte vraiment la location
  2. 02Ce que coûte vraiment l'achat
  3. 03Le cadre légal, identique dans les deux cas
  4. 04Ce que la propriété change dans l'usage
  5. 05La règle qui découle du calcul

Prenez une feuille et faites le calcul sur deux ans, c'est le seul horizon qui compte pour une trottinette électrique : c'est la durée de vie moyenne d'une batterie sur un engin utilisé tous les jours, et c'est aussi la durée au bout de laquelle un abonnement de location a coûté trois ou quatre fois le prix d'un achat. Le débat louer ou acheter se règle rarement avec des arguments de confort ou d'écologie. Il se règle avec une addition, et cette addition penche très nettement d'un côté dès qu'on dépasse deux trajets par semaine. Voici le détail des deux colonnes, avec les postes que les comparatifs oublient.

Ce que coûte vraiment la location

Le libre-service fonctionne sur un modèle simple : un déverrouillage facturé autour de 1 euro, puis un tarif à la minute qui s'échelonne le plus souvent entre 20 et 35 centimes selon la ville et l'opérateur. Sur un trajet de dix minutes, on est à 3 ou 4 euros. Cela ne se sent pas quand on l'utilise trois fois par mois pour rentrer d'un dîner. Cela devient un poste de budget dès qu'on l'utilise pour aller travailler.

Il existe des forfaits mensuels, ainsi que des offres de location longue durée où l'opérateur vous confie un engin pour 40 à 70 euros par mois, entretien inclus. C'est une formule honnête, et elle vaut le coup dans un cas précis : quand on ne sait pas si l'on va rester dans la ville plus de six mois. Sur vingt-quatre mois, elle représente tout de même entre 960 et 1 680 euros, soit deux à trois fois le prix d'un achat.

Le libre-service porte aussi un coût qu'aucune grille tarifaire n'affiche : la disponibilité. La flotte est là où la demande a été forte la veille au soir, pas là où vous habitez. Le matin, dans les quartiers résidentiels, il n'y a plus rien. Les engins qui restent traînent souvent une batterie à 15 % ou un frein arrière qui n'accroche plus, parce qu'ils encaissent des dizaines d'utilisateurs par semaine et que la maintenance passe derrière la rotation. À quoi s'ajoute le retrait pur et simple du service : Paris a mis fin au libre-service de trottinettes en 2023 après un vote des habitants, et d'autres municipalités ont réduit ou résilié leurs contrats depuis. Un mode de transport dont la disponibilité dépend d'une délibération de conseil municipal n'est pas un mode de transport sur lequel on organise ses journées.

Ce que coûte vraiment l'achat

Le prix d'entrée pour un engin qui tienne la route se situe autour de 400 à 500 euros. En dessous de 300, on trouve des trottinettes à roues pleines de 6 pouces, sans suspension, avec un frein unique et une batterie qui ne passe pas deux hivers. Elles conviennent pour un kilomètre de gare à bureau sur bitume lisse, pas davantage. Entre 500 et 800 euros, on obtient des roues de 8,5 ou 10 pouces, un double freinage, une batterie de 400 à 500 Wh et un cadre qui ne prend pas de jeu au bout de six mois.

Trois postes viennent après l'achat, et ils ne sont pas anecdotiques. L'assurance d'abord : un engin de déplacement personnel motorisé doit être couvert par une responsabilité civile, au même titre qu'un cyclomoteur. Beaucoup de propriétaires l'ignorent et roulent sans, ce qui les expose personnellement en cas de blessure d'un tiers. Comptez 60 à 120 euros par an selon que vous ajoutez ou non la garantie vol.

L'antivol ensuite. Une trottinette pliée se porte, donc elle se vole en trois secondes. Un antivol U de 50 euros, attaché à la potence et non au guidon, décourage le vol d'opportunité. Il n'empêchera rien si vous la laissez dehors toute la nuit.

La batterie enfin. Comme sur un vélo électrique, elle s'use avec les cycles et le froid. Après 400 à 600 charges complètes, elle rend 70 % de sa capacité initiale. Le remplacement coûte entre 150 et 300 euros et suppose que le fabricant vende encore la pièce, ce qui n'est pas garanti sur les marques éphémères vendues uniquement en ligne. C'est le vrai critère de choix d'une marque, bien avant la puissance affichée.

Homme en costume se rendant au travail sur une trottinette électrique en ville

Que l'engin soit à vous ou loué à la minute, les règles sont les mêmes et les amendes aussi. La vitesse est bridée à 25 km/h. La circulation se fait sur les pistes cyclables quand elles existent, sinon sur la chaussée en agglomération quand la vitesse y est limitée à 50 km/h. Le trottoir est interdit, et l'infraction coûte 135 euros. Le transport d'un passager coûte le même montant : ces engins sont homologués pour une personne, quelle que soit la charge maximale annoncée par le fabricant.

L'âge minimum est fixé à 14 ans. Le casque est obligatoire hors agglomération et vivement conseillé partout ailleurs. Les écouteurs et le téléphone à la main sont proscrits, exactement comme en voiture. Le gilet rétroréfléchissant est exigé de nuit hors agglomération, et il n'est pas inutile en ville sous la pluie de novembre.

Ce que la propriété change dans l'usage

Au-delà des chiffres, posséder son engin change trois choses concrètes. Vous connaissez son état, parce que c'est vous qui serrez les vis de la potence tous les mois et qui entendez le jour où le roulement commence à siffler. Vous choisissez le modèle en fonction de votre trajet : suspension double si votre rue est pavée, roues gonflables de 10 pouces si le revêtement est mauvais, garde-boue efficace si vous roulez l'hiver. Et vous n'avez pas à chercher un emplacement de dépose autorisé à l'arrivée, sujet de friction permanent avec le libre-service dans les villes où les zones de stationnement sont rares.

Il y a un revers. Une trottinette qu'on possède, il faut la monter chez soi le soir, la garder à l'abri du gel, la porter dans le métro quand il pleut trop, et la faire réparer soi-même. Ces quinze kilos pliés se transportent mal dans un escalier étroit. Sur ce point, la location garde un avantage réel, et c'est le seul.

La règle qui découle du calcul

Pour un usage occasionnel, quelques trajets par mois et souvent dans des villes différentes, la location reste plus rationnelle : rien à stocker, rien à assurer, rien à réparer. Pour un usage quotidien ou même trois fois par semaine, l'achat s'impose au bout de quelques mois, et la question ne se repose plus.

Le point de vigilance à l'achat porte sur la marque, pas sur la fiche technique. Un moteur de 500 W et une autonomie annoncée de 45 km ne valent rien si la batterie de rechange n'existe plus dans dix-huit mois. Achetez chez un fabricant qui dispose d'un réseau de réparation en France, gardez la facture, et faites vérifier le serrage de la potence après le premier mois : c'est la pièce qui prend tous les efforts et celle qui lâche.

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