Pornichet : le Lions Club honore Sainte-Germaine avec un diplôme et un chèque

Sommaire5 sections
  1. 01À quoi sert vraiment un chèque de club-service
  2. 02Le concours d'affiches, prétexte assumé
  3. 03Sainte-Germaine, une école dans le tissu de la commune
  4. 04Ce que le Lions Club fait le reste de l'année
  5. 05La cérémonie, et ce qu'on n'y voit pas

Un diplôme encadré et un chèque : la scène est classique, et on la survole en général en trois lignes de bulletin municipal. Elle mérite mieux, parce qu'elle dit quelque chose de concret sur la façon dont une petite école de Pornichet finance ce que son budget ordinaire ne couvre pas. En avril 2025, le Lions Club de Pornichet a remis les deux à l'école Sainte-Germaine, après un concours d'affiches mené du CP au CM2 sur le thème des oiseaux et de l'environnement.

À quoi sert vraiment un chèque de club-service

Dans une école élémentaire, l'argent public paye les murs, le chauffage et les salaires. Il ne paye pas le car qui emmène deux classes au Croisic, ni l'intervenant qui vient monter un spectacle, ni le matériel d'arts plastiques quand on veut autre chose que de la gouache et du papier machine. Ces lignes-là reposent sur les coopératives scolaires, les kermesses, les ventes de gâteaux et, quand elles existent, les subventions d'associations locales.

C'est exactement le trou que vient combler un don de club-service. Le montant reste modeste à l'échelle d'un budget communal, mais il se traduit en choses visibles pour des enfants de six à dix ans : une sortie qui n'aurait pas eu lieu, du matériel remplacé, la part de famille abaissée sur un projet. Une directrice sait dire à quoi va passer chaque euro de ce type, souvent avant même de recevoir le chèque.

Le concours d'affiches, prétexte assumé

Le thème retenu cette année-là, « Les oiseaux s'unissent pour l'environnement », a de quoi faire sourire par sa formulation. Sur le fond, il tombe plutôt bien pour des élèves de la presqu'île. Entre le marais salant de Guérande, les vasières de la Baule-Escoublac et les laridés qui traînent sur le port de Pornichet, l'oiseau n'est pas une abstraction de manuel : c'est le goéland argenté qui décapsule les poubelles du remblai et l'aigrette qu'on voit dans les traicts à marée basse.

Faire dessiner une affiche, ce n'est pas seulement occuper une heure d'arts visuels. Il faut choisir un message, le réduire à une image, le rendre lisible à trois mètres. Des enseignants s'en servent pour travailler la synthèse, ce qui est nettement plus difficile pour un CE2 que de remplir une page.

Sainte-Germaine, une école dans le tissu de la commune

L'école Sainte-Germaine fait partie du paysage scolaire de Pornichet, aux côtés des écoles publiques de la ville. Comme tous les établissements privés sous contrat, elle vit d'un mélange : forfait communal par élève, contributions des familles, et ressources propres. Le troisième pilier est le plus fragile, et le plus dépendant du bénévolat.

Cette dépendance a un revers qu'il faut nommer. Une école dont les projets reposent sur des dons annuels ne peut rien programmer à trois ans. Elle avance projet par projet, année par année, en espérant que la manifestation de printemps rapporte autant que l'an dernier. Les enseignants le savent, les parents un peu moins.

Ce que le Lions Club fait le reste de l'année

Un club-service ne distribue que ce qu'il a collecté. À Pornichet, l'argent vient des manifestations organisées par les membres, dont un salon des vins et saveurs lancé récemment, qui fonctionne sur le modèle éprouvé de la billetterie plus la commission sur les ventes des exposants. Le reste tient à des ventes ponctuelles et à des collectes.

Ce fonctionnement explique la taille des dons. Un club d'une trentaine de membres dans une commune de dix mille habitants ne redistribue pas des sommes spectaculaires, il redistribue régulièrement. Sur dix ans, la régularité pèse plus lourd que le montant d'une seule remise.

La cérémonie, et ce qu'on n'y voit pas

Une remise de chèque dure vingt minutes. Il y a des enfants un peu raides devant leurs dessins punaisés, des adultes qui font des photos, un discours court, et un pot. Ce qu'on ne voit pas, ce sont les mois de préparation côté club, les réunions pour choisir les bénéficiaires, et côté école les séances de dessin étalées sur plusieurs semaines.

Ce genre de moment ne change pas la vie d'une commune. Il entretient quelque chose de plus discret : le fait que des gens qui ne se croisent pas autrement, un club de retraités actifs et une équipe enseignante, aient une raison de se parler une fois par an. Dans une ville qui triple de population l'été et se vide en octobre, ce n'est pas rien.

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