Pornichet accueille 60 artistes aux Week-ends du tatouage
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Neuf euros la journée pour entrer, et à peu près zéro chance de repartir tatoué sans avoir pris rendez-vous à l'avance. C'est la première chose à savoir avant de monter à l'hippodrome de Pornichet les 12 et 13 avril 2025 pour les Week-ends du tatouage. Une convention n'est pas un salon où l'on achète sur un coup de tête : les soixante artistes annoncés, tatoueurs, pierceurs et créateurs venus de plusieurs régions, remplissent leur planning avant même d'installer leur table. Ceux qui l'ignorent passent la journée à regarder travailler les autres, ce qui reste intéressant, mais n'est pas ce qu'ils étaient venus chercher.
Réserver, c'est le vrai sujet
Le fonctionnement est toujours le même. Les tatoueurs annoncent leur présence sur leurs réseaux plusieurs semaines avant, publient parfois une planche de flashs dessinés pour l'occasion, et calent leurs créneaux par message. Un artiste qui vient de loin ne se déplace pas pour attendre le client : son week-end est bouclé. Restent des créneaux libérés par des désistements le jour même, et quelques tatoueurs qui gardent délibérément des plages pour les petites pièces rapides. C'est là que se joue la journée de celui qui arrive sans rendez-vous.
Deuxième point, souvent négligé : le motif se discute avant. Arriver avec une capture d'écran et demander qu'on la reproduise à l'identique met la plupart des artistes mal à l'aise, quand ils ne refusent pas. Une idée, une zone du corps, une taille approximative, et on laisse le dessinateur proposer. Le résultat est meilleur, systématiquement.
Soixante artistes dans un hall, ce que ça change
Une convention permet une chose impossible en boutique : comparer. En trois heures, on voit travailler un spécialiste du trait fin japonais, un adepte du blackwork, quelqu'un qui ne fait que du réalisme en gris, et l'on comprend en regardant les machines et les portfolios pourquoi les tarifs varient autant d'une table à l'autre. Pour qui envisage une grande pièce dans les mois qui viennent, ce repérage vaut plus qu'une heure sur Instagram : on voit le geste, la vitesse, la propreté du poste, et la façon dont l'artiste parle à la personne allongée devant lui.
L'hippodrome de Pornichet se prête bien à l'exercice. Le hall est vaste, les allées restent praticables même quand l'affluence monte le samedi, et l'éclairage naturel évite l'ambiance de sous sol qu'on trouve dans certaines conventions installées en gymnase.
Musique, concours et food trucks : l'autre moitié du programme
Des DJ étaient annoncés sur les deux jours, avec de l'électro en fil rouge, ainsi que des concours de tatouage jugés en fin de journée et une restauration assurée par des food trucks. Ces concours, remis catégorie par catégorie, sont le meilleur moment pour un visiteur qui ne se fait pas tatouer : on y voit les pièces réalisées sur place, encore rouges, présentées par leurs auteurs, et c'est le seul instant où toute la salle regarde la même chose.
Ce que ce type d'événement dit du tatouage aujourd'hui
Il fut un temps où une convention se tenait dans une salle discrète, avec un public identifié. Voir une commune balnéaire accueillir l'événement dans son hippodrome, un mois avant l'ouverture de la saison touristique, en dit long sur la banalisation de la pratique. Le tatouage est devenu un métier d'artisanat d'art, avec ses formations à l'hygiène obligatoires, ses déclarations en préfecture et ses tarifs horaires assumés. Les 60 artistes réunis à Pornichet travaillaient sous ce régime, pas dans un arrière boutique.
Cela ne veut pas dire que tout se vaut. Une convention rassemble des professionnels de niveaux très différents, et la présence sur un stand n'est pas un label. Regarder les cicatrisations dans un portfolio, pas seulement les photos prises juste après la séance, reste le meilleur filtre disponible.
Pour retrouver le détail de la programmation et les comptes rendus des éditions précédentes, plusieurs pages restent consultables : ensemble-en-presqu-ile.com, saintnazairenews.fr, infolocale.fr, instagram.com et pornichet.fr.
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