Pornichet : la 5e édition du festival de bande dessinée remporte un franc succès

Sommaire4 sections
  1. 01Ancre noire, le moment qui restera
  2. 02Des autrices qui n'avaient rien d'un plateau de dépannage
  3. 03Le point faible : la lisibilité du programme
  4. 04Ce que gagne une ville à monter ce genre d'événement

Un festival gratuit ne compte pas ses entrées. C'est la limite de tout bilan de ce genre, et autant le dire avant de parler de réussite : après les 5 et 6 avril 2025, personne ne pouvait annoncer le nombre exact de visiteurs passés dans le hall des paris de l'hippodrome de Pornichet pour la cinquième édition de Déam'bulle. Ce qui se mesure, en revanche, ce sont les piles d'albums vidées sur les tables des libraires, les files devant certains auteurs, et le fait que le samedi après midi il devenait difficile de circuler entre les allées. Sur cette base, l'édition a tenu ses promesses.

Ancre noire, le moment qui restera

Le BD-concert "Ancre noire", monté avec l'Orchestre symphonique de Saint-Nazaire, était la proposition la plus risquée du programme et la plus aboutie. Faire jouer des musiciens sur des planches projetées suppose une synchronisation répétée, une salle correcte et un public prêt à rester assis. Une manifestation gratuite qui s'offre ce genre de format sort du registre du salon du livre pour entrer dans celui de la programmation culturelle. C'est aussi ce qui fait revenir un public qui n'achète pas forcément de bandes dessinées.

Des autrices qui n'avaient rien d'un plateau de dépannage

Marie Jaffredo, Gwénola Morizur, Mademoiselle Caroline, Claire Péron : la liste des invités valait mieux que ce qu'une commune de onze mille habitants peut espérer sur le papier. Ces noms circulent dans les librairies indépendantes et les prix de festivals, et leur présence tient largement au fait que la Bretagne et la Loire-Atlantique concentrent une population d'auteurs installés. Le festival joue de cette géographie plutôt que de courir après des têtes d'affiche parisiennes.

Pour les visiteurs, la conséquence était concrète : des files de dédicace à taille humaine, et de vraies conversations. On a vu des lecteurs repartir avec un dessin fait devant eux, ce qui n'arrive plus dans les grands rendez-vous nationaux où l'on distribue des tickets à l'ouverture des portes.

Le point faible : la lisibilité du programme

Avec des animations réparties entre l'hippodrome et d'autres lieux de la ville, un visiteur arrivé sans avoir lu le programme la veille pouvait passer à côté de la moitié de l'offre. C'est le défaut récurrent des manifestations qui se dispersent. Un panneau à l'entrée avec les horaires des temps forts de la journée, en gros caractères, réglerait une bonne partie du problème pour la prochaine édition.

L'autre réserve porte sur l'accès. L'hippodrome se rejoint facilement en voiture, beaucoup moins à pied depuis la gare, et le fléchage restait discret pour qui découvrait Pornichet un dimanche matin.

Les libraires et les éditeurs présents, justement, restent les premiers indicateurs d'un bilan. Un stand qui remballe des cartons pleins le dimanche soir signale une affluence de curieux ; un stand qui repart léger signale des lecteurs. À Déam'bulle, les ventes ont visiblement suivi, ce qui explique pourquoi ces professionnels reviennent d'une édition à l'autre sans qu'il faille les convaincre.

Ce que gagne une ville à monter ce genre d'événement

Un festival de bande dessinée en avril remplit deux fonctions pour une commune balnéaire. Il occupe le calendrier hors saison, période où les commerces de la Côte d'Amour tournent au ralenti, et il donne aux habitants un rendez-vous qui n'est pas fabriqué pour les vacanciers. Les hôteliers et les restaurateurs du secteur ne s'y trompent pas : un week-end de ce type fait travailler la ville quand rien d'autre ne la fait travailler.

Sur la suite, la mairie ne s'est pas avancée au delà du principe d'une nouvelle édition. C'est prudent, et probablement sage : la qualité du plateau 2025 reposait sur des disponibilités d'auteurs qui ne se reproduisent pas mécaniquement.

Pour prolonger, on peut relire le dialogue entre deux élèves pornichétins et le dessinateur Clément Lefèvre, revenir sur les moments marquants de l'année 2024 à Pornichet, ou reprendre le programme annoncé pour ce week-end des 5 et 6 avril.

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