5 choses que vous pouvez acheter avec votre Bitcoin

Sommaire5 sections
  1. 011. Des biens et des services chez des commerçants qui affichent en euros
  2. 022. D’autres cryptomonnaies, le seul cas qui échappe à l’impôt
  3. 033. Des produits physiques, presque toujours via un intermédiaire
  4. 044. Des jeux vidéo, par le détour des clés
  5. 055. Des cartes cadeaux, la porte de sortie la plus large

Payer un café en bitcoin relève d’une opération plus compliquée qu’il n’y paraît, et le problème n’est pas technique. En France, dépenser des bitcoins revient à les vendre : le fisc considère l’achat d’un bien ou d’un service en actifs numériques comme une cession imposable, au même titre qu’un retrait en euros. Autrement dit, avant de regarder ce qu’on peut acheter, il faut savoir ce que ça déclenche. Voici les cinq usages qui existaient vraiment début 2023, avec pour chacun ce qui se passe côté impôts et ce qui se passe réellement côté paiement, parce que dans la majorité des cas le commerçant ne touche jamais un satoshi.

1. Des biens et des services chez des commerçants qui affichent en euros

Une partie du commerce en ligne acceptait le bitcoin début 2023, et la liste a beaucoup bougé d’une année à l’autre. Microsoft avait ouvert puis refermé la porte dès 2018, Steam avait arrêté fin 2017 pour cause de frais de réseau devenus absurdes, Tesla avait accepté puis suspendu le paiement en bitcoin en 2021 après sept semaines. Starbucks passait par l’application Bakkt, qui a fermé son service grand public au printemps 2023.

Côté voyage, Travala continuait de vendre des vols et des nuits d’hôtel en cryptomonnaie, avec un catalogue adossé aux mêmes centrales de réservation que les agences classiques. Alternative Airlines proposait le règlement de billets en bitcoin. Le mécanisme est toujours le même : un prestataire de paiement convertit le montant en euros ou en dollars à l’instant de la transaction, garantit le taux quelques minutes, et le commerçant encaisse une monnaie ordinaire. Le prix reste affiché en euros, la volatilité reste chez vous.

2. D’autres cryptomonnaies, le seul cas qui échappe à l’impôt

Échanger du bitcoin contre de l’ethereum, du litecoin ou n’importe quel autre actif numérique ne déclenche aucune imposition en France. C’est le régime du sursis : tant que vous restez à l’intérieur de l’univers crypto, l’administration ne compte pas. L’impôt attend la sortie vers l’euro ou vers un bien.

Cette règle change la stratégie de beaucoup de détenteurs, qui arbitrent entre actifs pendant des années sans rien déclarer au titre des plus-values, puis paient sur la seule sortie finale. Attention à ne pas confondre avec l’obligation déclarative des comptes ouverts à l’étranger : un compte sur une plateforme non française se déclare chaque année sur le formulaire 3916-bis, et l’oubli coûte 750 euros d’amende par compte.

3. Des produits physiques, presque toujours via un intermédiaire

Vêtements, chaussures, bijoux, matériel informatique : plusieurs enseignes américaines acceptaient le bitcoin, Newegg pour l’électronique en tête. Dans à peu près tous les cas, le paiement passait par BitPay, qui joue le rôle de la banque : il reçoit les bitcoins, verse des dollars au marchand, prend sa commission au passage.

Une pièce dorée figurant un bitcoin tenue dans une main devant un colis

Pour un acheteur français, la vraie difficulté n’est pas le moyen de paiement, ce sont les droits de douane et la TVA à l’import, qui s’appliquent exactement comme pour un achat en carte bancaire. Ajoutez la commission du prestataire de paiement, l’écart de change et l’impôt sur la plus-value, et l’opération devient rarement avantageuse par rapport à une vente préalable en euros suivie d’un achat classique. Sur ce point, l’argument du paiement direct tient surtout du symbole.

4. Des jeux vidéo, par le détour des clés

Steam ayant abandonné le bitcoin fin 2017, l’achat de jeux se faisait via des revendeurs de clés. Joltfun et Keys4Coins fonctionnaient sur ce modèle : vous payez en bitcoin, vous recevez une clé d’activation à saisir sur la plateforme de votre choix. Certains de ces sites servaient aussi à recharger le portefeuille d’une boutique tierce.

Le marché des clés a ses défauts connus, indépendamment du moyen de paiement : clés achetées dans des pays où le jeu est moins cher, désactivations a posteriori, absence de recours en cas de problème. Payer en bitcoin ajoute une couche : la transaction n’est pas réversible, il n’y a pas de rétrofacturation possible comme avec une carte bancaire.

5. Des cartes cadeaux, la porte de sortie la plus large

Bitrefill reste la solution la plus utilisée pour convertir du bitcoin en pouvoir d’achat courant. Le principe : vous achetez une carte cadeau Amazon, Uber, Steam, Xbox ou Nike, vous la dépensez comme n’importe quelle carte. La plateforme acceptait aussi le paiement de certaines factures et le rechargement de forfaits téléphoniques, et elle prenait l’ethereum et le litecoin en plus du bitcoin.

C’est aussi le cas où l’on mesure le mieux la distance entre le discours et la pratique. Passer par une carte cadeau, c’est reconnaître que le commerçant final ne veut pas de bitcoin. La chaîne compte trois intermédiaires, chacun prend sa marge, et la carte cadeau a une durée de validité et une devise imposée. Ça marche, mais on est loin de la monnaie d’échange annoncée en 2009.

Reste le fond du problème, que les frais de réseau ont rendu visible dès 2017 : le bitcoin fait un mauvais moyen de paiement pour les petits montants et un instrument de conservation plus crédible. Le réseau Lightning a réduit le coût des micro-paiements, sans convaincre grand monde de payer sa baguette en satoshis. Le calcul français achève de trancher : entre l’impôt sur la plus-value, la commission du convertisseur et l’absence de recours, la crypto se dépense surtout quand on veut prouver qu’on peut le faire.

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