Comment sauver ta plage et profiter de la Journée de l'environnement 2023 à Port Saint-Michel Batz sur mer?
Le geste qui fait le plus de bien à la plage de Port Saint-Michel, à Batz-sur-Mer, c'est souvent celui qu'on ne fait pas. Le tas d'algues brunes et de bois flotté qui borde le haut de plage n'est pas un déchet : c'est la laisse de mer, et la ratisser pour faire propre revient à vider le garde-manger des oiseaux. Pour la Journée mondiale de l'environnement du 5 juin 2023, c'est le message que les associations de la presqu'île répétaient le plus, et celui qui passe le moins bien.
Ce qu'on trouve vraiment sur cette plage
Les campagnes nationales parlent de bouteilles et de sacs plastique. Sur les petites criques de la côte sauvage, entre Le Croisic et La Govelle, la réalité du ramassage est plus ingrate. Ce sont des mégots, par centaines, coincés dans le sable sec près des accès. Des bouts de cordage et de filet, souvent des restes de matériel conchylicole ou de casiers. Des fragments de polystyrène blanc, réduits en billes que le vent disperse dès qu'on ouvre le sac. Et des morceaux de plastique dur de quelques millimètres, impossibles à trier autrement qu'accroupi, au tamis.
Un mégot met des années à se dégrader et relargue nicotine et métaux lourds dans l'eau qui le baigne. C'est le déchet le plus nombreux et le plus facile à éviter : un cendrier de poche coûte deux euros et tient dans une poche de short.
Le reste de l'année compte plus que le 5 juin
Une plage de la côte sauvage se salit surtout par temps de suroît, quand la houle pousse vers la côte ce qui flottait au large. Les grandes marées de mars et de septembre sont les meilleures fenêtres de ramassage, bien plus que le début du mois de juin. Le calendrier des collectes locales suit d'ailleurs cette logique.
Sur le sentier, la même règle vaut : rester sur le tracé du GR34, ne pas couper dans les pelouses aérohalines qui tiennent le haut de falaise, tenir les chiens à distance des zones où nichent les oiseaux entre avril et juillet. Le piétinement des dunes fait des dégâts que trois sacs de ramassage ne compensent pas.
Reste la question du sens de tout ça. Ramasser une plage ne règle pas le problème en amont, et personne de sérieux ne le prétend. Ce que ça change, c'est le regard des gens qui y participent : après deux heures à extraire des mégots du sable de Port Saint-Michel, on ne jette plus le sien de la même façon. C'est modeste, et c'est probablement le seul effet durable de la journée.
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