Comment des milliers de Français parviennent-ils à se débarrasser des factures d'énergie élevées grâce à cette astuce étonnante ?
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Autant le dire tout de suite : l'astuce étonnante n'existe pas. Les milliers de Français qui ont vu leur facture d'énergie baisser n'ont pas trouvé un truc, ils ont fait les choses dans le bon ordre, et cet ordre coûte de l'argent avant d'en rapporter. Le seul raccourci réel tient dans une phrase : on ne change pas sa chaudière avant d'avoir isolé ses combles. Tout le reste de cet article explique pourquoi, et pourquoi les promesses de facture divisée par deux en un week-end sont des arnaques.
Les boîtiers miracles ne font rien du tout
Le format « astuce inattendue » sert le plus souvent à vendre un petit boîtier à brancher sur une prise, annoncé entre 40 et 90 euros, censé lisser la consommation et faire fondre la facture de 30 %. La DGCCRF a alerté à plusieurs reprises sur ces objets. Ils ne réduisent pas l'énergie consommée par un radiateur, un four ou un ballon d'eau chaude, pour la raison simple qu'un appareil de chauffage tire ce qu'il lui faut pour atteindre sa consigne, et rien d'autre.
Même famille de promesses : les peintures isolantes, les films réfléchissants vendus comme équivalents à dix centimètres de laine, les « audits gratuits » téléphoniques qui débouchent sur un devis signé le soir même. Le démarchage téléphonique pour la rénovation énergétique est interdit en France depuis juillet 2020. Un appel de ce type est donc, en soi, un signal d'alarme.
Savoir où part l'argent avant de dépenser
Dans un logement français moyen, le chauffage pèse environ les deux tiers de la consommation d'énergie, selon l'ADEME. L'eau chaude sanitaire arrive loin derrière, autour de 10 à 15 %, et tout le reste, réfrigérateur, plaques, lave-linge, éclairage, ordinateurs, se partage le solde. Cette hiérarchie décide de tout : débrancher les veilles fait gagner quelques dizaines d'euros par an, une passoire thermique en coûte plusieurs milliers.
Un chiffre vaut la peine d'être retenu, celui du degré. Baisser la température de consigne d'un degré réduit la consommation de chauffage d'environ 7 %. Sur une maison chauffée à l'électrique avec une facture annuelle de 2 000 euros, passer de 21 à 19 degrés dans le séjour représente donc à peu près 200 euros. C'est gratuit, c'est immédiat, et ça reste le geste le plus rentable de la liste.
L'ordre des travaux, seul vrai levier
Les combles perdus arrivent en premier, toujours. C'est le poste où le mètre carré isolé coûte le moins cher, et c'est par le haut qu'une maison mal isolée perd le plus. Vient ensuite la ventilation, souvent oubliée : une maison rendue étanche sans VMC correcte devient humide, et l'humidité fait chuter la sensation de chaleur à température égale.
Les murs et les menuiseries suivent. Le générateur, chaudière ou pompe à chaleur, se change en dernier. Installer une pompe à chaleur dans une maison non isolée conduit à la surdimensionner, donc à la payer plus cher, à la faire fonctionner à mauvais rendement les jours froids et à obtenir des économies très en dessous du devis. Sur ce point, les simulations commerciales que l'on voit circuler ne tiennent pas.
Sur la côte, deux contraintes en plus
Les maisons de Pornichet, de La Baule ou de Saint-Nazaire posent des problèmes que les guides nationaux ignorent. Les constructions d'avant 1948 en moellon enduit tolèrent mal une isolation intérieure étanche : le mur ne sèche plus, l'humidité reste piégée et les moisissures apparaissent derrière les plaques. Les isolants et enduits perspirants coûtent plus cher, mais évitent d'abîmer le bâti.
Deuxième contrainte, l'aspect extérieur. Dans les périmètres protégés autour des villas balnéaires et des sites classés du littoral, une isolation par l'extérieur modifie les façades et passe par l'avis de l'architecte des Bâtiments de France. Autant le savoir avant de faire chiffrer un chantier qui sera refusé. Les résidences secondaires, elles, chauffées par à-coups quelques week-ends d'hiver, se comportent différemment : dans ce cas, un thermostat connecté qui remet en chauffe la veille de l'arrivée fait plus pour la facture qu'un changement de radiateurs.
Reste la sobriété, celle dont on parle moins parce qu'elle ne se vend pas. Fermer les volets à la tombée du jour, condamner une pièce inoccupée, couvrir les casseroles, laver à trente degrés : chaque geste pris isolément est dérisoire. Additionnés sur un hiver, ils représentent quelques dizaines d'euros. C'est peu, mais ça ne demande ni devis, ni artisan, ni dossier d'aide.
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