Festival Musical de Noël : Une Célébration Enchantée
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Autant le dire tout de suite : l’annonce de ce « Festival Musical de Noël » ne donnait ni lieu, ni date, ni nom d’artiste. Un festival sans adresse, ça n’existe pas. Sur la Côte d’Amour, ce qu’on range sous cette étiquette au mois de décembre recouvre en réalité trois ou quatre choses très différentes, qui n’ont pas le même prix, pas la même durée et surtout pas le même public. Voici comment les distinguer avant de charger la voiture avec deux enfants et une grand-mère.
Marché de Noël avec scène, concert en église, déambulation : ce n’est pas la même sortie
Le format le plus courant, c’est le marché de Noël doublé d’une petite scène. On y écoute une chorale ou un groupe pendant vingt minutes, entre deux chalets, debout, avec du vent. C’est gratuit, c’est court, ça se fait très bien avec des enfants de trois ans parce qu’on peut partir quand on veut. Il ne faut pas y aller en espérant un concert : l’acoustique en plein air sur un parking de front de mer, en décembre, avale la moitié des voix.
Le concert en église, lui, se passe assis, au chaud (relativement), avec un vrai programme et souvent une billetterie. Chœur, orgue, parfois un ensemble de cuivres. La durée tourne autour d’une heure. Là, un enfant de moins de six ans va tenir dix minutes, pas davantage. C’est ma seule vraie réserve sur ce type de soirée : on la vend comme familiale alors qu’elle ne l’est pas vraiment.
Reste la déambulation, fanfare ou parade lumineuse qui remonte une rue commerçante en début de soirée. Celle-là est faite pour les petits. Elle dure trente minutes, elle passe devant chez vous, elle ne coûte rien.
Le froid décide plus que le programme
On sous-estime toujours ce point. À Pornichet ou à La Baule, un événement de plein air en décembre se passe face à la mer, avec un vent d’ouest qui rend les cinq degrés affichés nettement moins confortables qu’ils en ont l’air. Un bonnet, des gants et un thermos changent davantage la soirée que le choix de la chorale. Les parents qui repartent au bout d’un quart d’heure ne partent presque jamais parce que la musique les ennuie : ils partent parce que les enfants ont froid aux pieds.
Le stationnement est l’autre variable. En décembre, le front de mer reste accessible, contrairement à l’été, mais les abords immédiats d’un marché de Noël se saturent une heure avant l’ouverture. Se garer à cinq cents mètres et finir à pied fait gagner du temps et évite la manœuvre de sortie à 21 h dans le noir.
Ce qui est vraiment gratuit, et ce qui ne l’est pas
La scène du marché, la parade et l’illumination du sapin sont financées par la commune ou par l’association de commerçants : personne ne vous demandera rien. Le concert en église, la comédie musicale en salle et les spectacles programmés dans un équipement culturel comme le Quai des Arts, à Pornichet, ont un billet. Les tarifs pratiqués sur ce type de soirée dans les communes de la côte se situent le plus souvent entre 10 et 20 euros, avec un tarif réduit pour les moins de dix-huit ans.
Un mot sur les chorales locales
Ce sont elles qui portent la plus grande part de la programmation musicale de décembre entre Saint-Nazaire et Guérande, et elles sont rarement citées dans les annonces. Ensembles de trente à cinquante chanteurs, souvent amateurs, souvent rattachés à une école de musique municipale ou à une paroisse. Le niveau est inégal, c’est vrai, mais le répertoire est meilleur que ce que laissent croire les affiches : on y entend autre chose que les six mêmes standards anglo-saxons, et parfois des chants en breton ou en gallo.
Le mot « festival » sert aujourd’hui à peu près à tout, d’un concert unique dans une chapelle à un week-end de chalets en bois. Ce n’est pas grave, à condition de savoir lequel des deux on va voir. Sur la côte, en décembre, le calendrier réel se lit dans les agendas municipaux et dans les vitrines des commerçants, pas dans les annonces génériques.
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