Partenariat sportif au sein du Football à Pornichet
Sommaire6 sections
Un panneau publicitaire au bord d'un terrain de football amateur, ça ne sert pas à faire vendre des pizzas. Personne ne va commander parce qu'il a lu un logo pendant un corner. Ce que le club vend en réalité, c'est une présence de proximité auprès de quelques centaines de familles qui se croisent tous les samedis matin, et ce que le sponsor achète, c'est le droit d'en faire partie. Reste à savoir ce que devient l'argent une fois encaissé. À l'ES Pornichet Football, comme dans tous les clubs amateurs, la réponse tient dans trois postes très concrets : les licences, les déplacements et les maillots.
Domino's Pizza rejoint le tableau des partenaires
L'arrivée de Domino's Pizza parmi les partenaires du club entre dans la catégorie des accords de proximité : une enseigne implantée localement, une clientèle qui recoupe celle du club, et un échange qui passe autant par des avantages consentis aux licenciés que par un chèque. Ce sont les partenariats les plus faciles à signer et les plus fragiles, parce qu'ils dépendent souvent du gérant en place plutôt que de l'enseigne.
Le club en a d'autres, et c'est là que la comparaison devient intéressante.
Trois saisons d'avance, la vraie bonne nouvelle
Hyundai Saint-Nazaire a renouvelé son engagement pour trois saisons. Pour un trésorier de club amateur, cette ligne-là vaut mieux que trois nouveaux partenaires annuels. Elle donne au bureau, dès le mois de juin, une idée de ce que sera le mois de mai suivant, donc de quoi engager une dépense d'équipement sans attendre de voir si les rentrées suivent.
La vie financière d'un club amateur se joue sur ce type de visibilité. Une association qui ne connaît ses ressources qu'au fil de l'eau reporte les achats, use son matériel au-delà du raisonnable et finit par demander une rallonge à la mairie. Un engagement pluriannuel casse ce cycle.
136 licenciées, de 5 à 50 ans
Le chiffre mérite qu'on s'y arrête. 136 licenciées féminines, avec une amplitude d'âge qui va de cinq à cinquante ans, ce n'est pas une section symbolique montée pour cocher une case. C'est un effectif qui impose des créneaux d'entraînement, des éducateurs formés et des jeux d'équipements à la bonne taille, ce dernier point restant le plus souvent négligé.
Le regroupement des clubs de la presqu'île sous la bannière du groupement presqu'île 44 répond à un problème très pratique du football féminin : il faut réunir assez de joueuses de la même tranche d'âge pour aligner une équipe dans un championnat. Sur un territoire de communes moyennes, un seul club y arrive rarement. Mutualiser les effectifs entre voisins, c'est ce qui permet à une gamine de Pornichet de jouer un vrai championnat plutôt que d'attendre qu'on trouve dix autres filles de son année.
Le foot5 en entreprise, un autre circuit
Le championnat de foot5 organisé par Up2play à Pornichet, dont le coup d'envoi était annoncé au 12 mars, ne relève pas de la même logique. Terrain synthétique couvert, cinq contre cinq, matchs courts en soirée, équipes montées par des entreprises. Aucune licence fédérale, aucun résultat qui compte au classement départemental.
C'est du sport de loisir vendu comme tel, et il n'y a rien à y redire. Ces formules attirent des adultes qui ne remettraient jamais les pieds dans un club structuré, avec entraînement obligatoire le mardi et déplacement le dimanche à 9 heures. Elles créent aussi une porte d'entrée : quelques joueurs de foot5 finissent par inscrire leurs enfants au club du coin.
Ce qu'un sponsor devrait demander
Un dirigeant d'entreprise sollicité par un club a le droit de poser des questions précises, et le club a tout intérêt à savoir y répondre. Combien de licenciés, dans quelles catégories ? Combien de spectateurs un dimanche moyen ? Le panneau sera-t-il visible depuis la route ou seulement depuis la main courante ? La contrepartie inclut-elle une présence sur les maillots, sur le site, dans le programme du tournoi de fin de saison ?
Les clubs qui présentent ces éléments dans un document propre obtiennent des engagements plus longs. Ceux qui arrivent avec une demande verbale et un montant rond repartent avec un chèque unique, jamais renouvelé.
Le vrai capital du club
Il n'est ni sur le terrain ni dans le tableau des partenaires. Il tient dans le nombre de personnes prêtes à tenir une buvette, laver des maillots, conduire trois gamins à Guérande un dimanche matin et passer l'examen d'arbitre de district. Aucun sponsor ne finance ça. C'est pourtant la seule chose qui empêche un club de disparaître.
Résumer cet article avec :
Partager :