Découverte de l'Entente Sportive de Pornichet : Passion et Engagement au Service du Football
Sommaire6 sections
- 01Ce que veut dire « éveil, formation, compétition » quand on le traduit en heures
- 02Le bénévolat, la vraie ressource rare
- 03Inscrire son enfant : ce qu'il faut savoir avant d'appeler
- 04Les partenaires locaux, un modèle plus fragile qu'il n'y paraît
- 05Ce que le club apporte à la ville
- 06Quatre-vingt-cinq ans, et après
Un club de football de bord de mer ne se juge pas à son classement. L'Entente Sportive de Pornichet, née en 1940, tient depuis quatre-vingt-cinq ans sur trois choses beaucoup moins photogéniques qu'un but en fin de match : des créneaux de terrain, une poignée de bénévoles qui reviennent chaque samedi, et une commune dont la population double l'été. C'est cet équilibre-là que je voudrais regarder, plutôt que la liste des valeurs affichées sur la page d'accueil.
Pornichet compte environ 11 000 habitants à l'année. L'hiver, c'est une petite ville. En août, c'est autre chose. Un club amateur qui vit dans ce genre de commune doit composer avec un calendrier sportif qui ne suit pas du tout le calendrier touristique : la saison de district démarre début septembre, quand les plages se vident, et se termine en mai, quand elles se remplissent à nouveau. Les vacances de printemps, les week-ends prolongés et les départs de familles en juillet font le reste. Un entraîneur de catégorie jeune vous le dira mieux que moi : le plus dur arrive en avril, quand il faut encore aligner un effectif complet.
Ce que veut dire « éveil, formation, compétition » quand on le traduit en heures
La formule figure dans la présentation du club, comme dans celle de la plupart des clubs français. Traduite en emploi du temps, elle donne à peu près ceci. Les plus petits, à partir de cinq ou six ans, viennent le samedi matin pour des séances courtes, très fractionnées, où l'on joue à quatre contre quatre sur des terrains réduits parce que c'est comme ça qu'un enfant touche le ballon. Les catégories intermédiaires s'entraînent une à deux fois par semaine en soirée, avec un plateau ou un match le week-end. Les seniors, eux, jouent le dimanche après-midi, et une partie de leur semaine se passe à trouver deux terrains éclairés pour trois équipes.
L'éclairage des terrains est ce qui limite le nombre de créneaux entre novembre et février. Un stade municipal partagé entre plusieurs disciplines fabrique mécaniquement des arbitrages. On ne se dispute pas sur la philosophie de jeu, on se dispute sur le mardi 19 h 30.
Le bénévolat, la vraie ressource rare
On a tendance à parler des bénévoles avec des mots attendris. Le sujet mérite mieux. Un club de football amateur qui aligne une dizaine d'équipes a besoin, chaque week-end, de personnes qui ouvrent le local, tracent ou vérifient les lignes, sortent les ballons, remplissent la feuille de match numérique, tiennent la buvette, lavent les maillots et raccompagnent les gamins dont les parents travaillent le samedi. Ajoutez les éducateurs, qui passent des week-ends entiers en formation fédérale pour obtenir leurs certifications. Ajoutez encore les dirigeants qui gèrent les licences, la trésorerie et les relations avec la mairie.
Quand une de ces fonctions se vide, cela ne se voit pas tout de suite. Cela se voit six mois plus tard, quand une équipe déclare forfait faute d'accompagnateur.
Inscrire son enfant : ce qu'il faut savoir avant d'appeler
Les inscriptions se font surtout en juin et à la rentrée, lors des permanences du club et du forum des associations de Pornichet. La licence passe par le système fédéral dématérialisé : formulaire en ligne, photo, certificat médical ou questionnaire de santé selon l'âge et la catégorie. Comptez, comme dans la plupart des clubs du secteur, un tarif annuel de l'ordre de 150 à 200 euros pour un jeune, souvent dégressif à partir du deuxième enfant, et prévoyez que certains équipements restent à votre charge.
Le point à vérifier avant de signer n'est pas le palmarès. C'est le nombre d'enfants par éducateur dans la catégorie visée, et le jour exact des entraînements. Une famille qui habite Saint-Nazaire ou Sainte-Marguerite fera le trajet deux fois par semaine pendant huit mois. Autant le savoir avant.
Les partenaires locaux, un modèle plus fragile qu'il n'y paraît
Le financement d'un club comme l'ESP repose sur trois piliers : les cotisations, la subvention municipale, et les partenaires privés. Ces derniers, dans une commune balnéaire, sont souvent des commerces, des agences immobilières, des artisans, parfois un restaurant du front de mer. Leur contribution se compte en centaines d'euros par panneau publicitaire ou par jeu de maillots, rarement plus. Le modèle fonctionne tant que le tissu commercial va bien. Quand une saison touristique se passe mal, ce budget-là est le premier à se réduire.
D'où l'importance des tournois de fin de saison et des buvettes : ce sont des recettes propres, qui ne dépendent de personne.
Ce que le club apporte à la ville
Les clubs de football des petites communes occupent des enfants le mercredi et le samedi, à un tarif inférieur à la plupart des activités encadrées. Ils font aussi se croiser des familles qui n'auraient aucune raison de se parler autrement : sur le bord d'un terrain, un cadre en télétravail et un ouvrier des chantiers de Saint-Nazaire commentent le même arbitrage.
Quatre-vingt-cinq ans, et après
L'ESP approche des quatre-vingt-cinq ans d'existence. Ce chiffre impressionne, mais il ne dit rien de la santé actuelle du club. Ce qui la dit : le nombre de licenciés par catégorie, la présence ou non d'une équipe féminine, la capacité à aligner un U15 complet en mars, et le nombre de personnes qui savent où sont rangées les clés du local. Moins spectaculaire qu'une montée en division, beaucoup plus sûr.
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