Pornichet : Lancement des Ateliers pour le Prochain Événement Déam'Bulle
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Un festival de bande dessinée, vu de l'extérieur, c'est deux jours de dédicaces et une file d'attente. Vu de l'intérieur, c'est surtout les six mois qui précèdent. À Pornichet, en novembre 2024, ce sont les ateliers de préparation de la 5e édition de Déam'Bulle qui ouvraient, bien avant le week-end de festival annoncé pour les 8 et 9 avril. Ce sont eux qui produisent les planches accrochées aux cimaises le jour venu, et c'est là que se joue la différence entre un festival qui vient s'installer dans une ville et un festival qui sort de la ville.
Ce qu'on fait vraiment dans un atelier BD
On imagine volontiers un cours de dessin. C'est rarement ce qui se passe. Une séance démarre presque toujours par le découpage : combien de cases, dans quel ordre, qu'est-ce qu'on montre et qu'est-ce qu'on laisse hors champ. Le dessin arrive après, et beaucoup de participants découvrent à ce moment-là que la bande dessinée est d'abord un art du montage, plus proche du cinéma que de l'illustration.
Les auteurs qui animent ces séances travaillent en général sur un format court : une planche, six cases, une chute. Assez pour comprendre le rythme, assez bref pour finir dans le temps imparti. Le participant repart avec quelque chose de terminé, ce qui n'est pas rien quand on n'a plus tenu un crayon depuis le collège.
Le vrai obstacle n'est pas le niveau
Les ateliers s'annoncent ouverts à tous, du débutant au dessinateur confirmé, et c'est exact. Le frein, dans la pratique, se situe ailleurs : c'est la peur de montrer sa planche à la table d'à côté. Les animateurs organisent souvent la séance pour que chacun voie le travail des autres très tôt, avant que le trac ne s'installe. Sur ce point, un atelier collectif fait mieux qu'un tutoriel en ligne, et c'est sans doute la seule chose qu'il fait vraiment mieux.
Pourquoi un festival mise sur ses ateliers
Un festival de BD de taille moyenne se heurte à une arithmétique simple : les auteurs invités coûtent cher, et une dédicace ne touche qu'une poignée de personnes. Les ateliers changent l'équation. Un auteur en atelier touche plus de monde utilement qu'un auteur en dédicace. Le même auteur, sur une demi-journée, travaille avec quinze personnes qui repartiront en parlant de lui. Et le festival se retrouve avec du contenu à exposer qui vient de ses habitants, pas de ses invités.
Pour une commune de la taille de Pornichet, coincée entre La Baule et Saint-Nazaire dans une agglomération où l'offre culturelle ne manque pas, cette différence compte. Un festival biennal ne gagnera jamais sur le volume de visiteurs. Il gagne sur l'attachement local, et l'attachement local se fabrique en atelier, pas en file d'attente.
Le rythme biennal, avantage et handicap
Organiser tous les deux ans a des conséquences concrètes. Cela laisse le temps de monter un budget et de négocier la venue d'auteurs qui refuseraient un rendez-vous annuel. Cela oblige aussi à reconstruire l'équipe de bénévoles à chaque fois. Deux ans, dans la mémoire d'une ville balnéaire dont la population change de visage l'été, c'est long.
Dédicaces : ce qu'il faut savoir avant de faire la queue
Une séance de dédicace n'est pas un moment d'échange prolongé, sauf en début de matinée. L'auteur enchaîne, la file avance, la conversation dure le temps du dessin. Ceux qui veulent parler du métier ont plutôt intérêt à viser l'ouverture du samedi, ou les stands des éditeurs indépendants, souvent tenus par des gens qui ont tout leur temps et connaissent leur catalogue par coeur. Et acheter l'album sur place n'est pas un détail : les ventes du week-end pèsent sur les invitations de l'édition suivante.
Une entrée gratuite, et ce que ça implique
La gratuité n'est pas un détail de communication. Elle déplace le modèle économique vers les subventions, les partenaires et les ventes sur place, et elle change le public : on pousse la porte pour voir, sans avoir calculé si ça valait le prix du billet. L'équilibre tient tant que la collectivité suit. En échange, une famille pousse la porte un dimanche après-midi sans avoir rien décidé à l'avance.
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