Pornichet Select 6.50 : 24 trotters s'apprêtent à faire leurs débuts en solo
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Commençons par lever un malentendu que cette page traînait depuis sa publication : la Pornichet Select 6.50 n'est pas une réunion hippique, et il n'y a jamais eu de trotters sur la ligne de départ. Le 6.50 du nom désigne la longueur des bateaux, 6,50 mètre hors tout, la plus petite classe de course au large habitable qui existe. Du 3 au 6 mai 2025, ce sont donc des Mini, pas des chevaux, qui ont quitté le port de Pornichet. Le « en solo » du titre, lui, est exact : ces bateaux se courent avec un seul équipier à bord, sans personne pour prendre le quart pendant qu'on dort.
Un bateau de 6,50 mètre, une seule personne à bord
Un Mini, c'est court, large, très toilé, et ça tape. Six mètres cinquante de coque pour une surface de voile qu'on associerait plutôt à un bateau de dix mètres. Le règlement de la classe interdit le routage météo depuis la terre et limite fortement l'électronique embarquée : pas de cartographie qui affiche votre position sur un écran, pas de météorologue au téléphone. Le skipper navigue à la carte papier et au compas.
Cette pauvreté volontaire en moyens fait la réputation de la filière. Beaucoup de skippers du Vendée Globe sont passés par là, avec un budget de départ ridicule au regard des circuits professionnels : bateau d'occasion, remise en état soi-même pendant l'hiver, golfe de Gascogne au printemps.
Ce que veut dire « faire ses débuts en solo »
La première course en solitaire ne ressemble pas à ce qu'imaginent ceux qui n'ont navigué qu'en équipage. La manœuvre s'apprend vite, on empanne seul au bout de quelques sorties. Le sommeil, non. On dort par tranches de vingt à quarante minutes, réveil de cuisine à côté de l'oreille, et il faut se relever pour vérifier l'horizon même quand le corps refuse. Au bout de trente-six heures, les erreurs arrivent : un cap mal reporté, une voile laissée dix minutes de trop.
Vient ensuite la décision. En équipage, on discute une option météo. Seul, on tranche, on s'y tient six heures, et on apprend en même temps que les autres si c'était le bon choix.
La baie pardonne moins qu'on ne croit
Vue depuis le remblai de Pornichet, la baie de La Baule a l'air d'une piscine. Elle l'est par vent d'est en juillet. Début mai, avec un flux d'ouest établi et le courant qui sort de l'estuaire de la Loire, le secteur se durcit vite. Les cailloux ne manquent pas dans ce coin : le plateau du Four, la Banche, les Cardinaux au sud de Quiberon. Naviguer sans cartographie électronique par ici oblige à savoir où l'on est en permanence.
Sur le papier, c'est un plan d'eau d'entraînement. Dans les faits, une course printanière de ce type se solde presque toujours par des abandons sur avarie. C'est même son utilité : casser en mai ce qui aurait cassé en septembre au large.
Depuis le quai, à quoi ça ressemble
Le port de plaisance accueille les concurrents plusieurs jours avant le départ, et c'est le moment le plus intéressant pour un curieux qui passe. Les bateaux sont ouverts, les skippers travaillent dessus, on voit la différence entre un prototype à quille basculante et un bateau de série. On voit surtout l'état réel de la flotte : coques repeintes à la main, étraves réparées, ruban adhésif un peu partout.
Pour la ville, ce rassemblement tombe avant l'arrivée des vacanciers, à un moment où le port respire encore.
D'où venaient les chevaux
La version précédente de cette page décrivait des poulains et des tribunes au port de Pornichet, qui n'existent pas : c'est un port de plaisance, il n'y a pas d'hippodrome sur le remblai. Le fait tient en une ligne. Début mai 2025, une flotte de Mini 6.50 a pris le départ d'une course en solitaire depuis Pornichet, et pour une partie des skippers c'était la première.
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