Les premiers segments de la passerelle du Vieux Môle à Pornichet prennent forme
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Le lundi 17 mars 2025, des convois ont déposé les premiers tronçons métalliques de la future passerelle du Vieux Môle sur la dune du port d'échouage, à Pornichet. Ce n'est pas le début du chantier, les fondations étaient engagées avant, mais c'est le moment où il devient visible depuis le rivage. Cet article s'intéresse à ce que raconte cette livraison : pourquoi une passerelle arrive en morceaux, pourquoi elle stationne des semaines sur du sable avant d'aller se poser au-dessus de l'eau, et ce que cela impose à ceux qui fréquentent le port.
Pourquoi la passerelle arrive en tronçons
Personne ne fabrique 106 mètres de charpente d'un seul tenant. La limite vient de la route : au-delà d'une quinzaine de mètres, un convoi devient exceptionnel, avec escorte, itinéraire validé et créneaux horaires imposés. Un ouvrage de cette longueur se découpe donc en sections calibrées pour le transport, soudées en atelier et assemblées sur place.
Ce découpage a une conséquence directe sur la qualité finale. Chaque joint entre deux tronçons est un point à surveiller, parce que c'est là que l'eau salée s'infiltre et que la corrosion démarre. Les entreprises soignent particulièrement ces raccords, et c'est aussi pour cela que l'assemblage se fait à terre, à l'abri et à plat, plutôt qu'en encorbellement au-dessus du plan d'eau.
La dune du port d'échouage, atelier à ciel ouvert
Le choix de la dune n'a rien d'anecdotique. Il faut une aire plane, dégagée, accessible aux semi-remorques et surtout située à portée de grue du point de pose. Déplacer une section de plusieurs tonnes coûte cher au mètre parcouru : plus la zone de montage est loin, plus la grue doit être puissante, et le prix d'une grue grimpe vite avec sa portée.
Sur cette bande de sable, les équipes posent les tronçons sur des cales, les alignent au laser, contrôlent les altimétries, puis solidarisent les sections. Un ouvrage piéton doit tomber juste au millimètre près à ses deux extrémités : d'un côté l'appui côté terre, de l'autre la maçonnerie du môle, qui ne se déplace pas. Toute la phase de montage sert à absorber les écarts avant que la structure ne quitte le sol.
La marée commande le calendrier, pas le planning
Sur un chantier de bord de mer, l'unité de temps utile n'est pas la journée mais la marée. Les interventions au pied du môle se conduisent à basse mer, dans un créneau qui se referme sans négociation possible. Une matinée de coefficient faible ne dégage parfois que quelques heures exploitables, et un coup de vent d'ouest annule un levage prévu de longue date.
Cela explique la lenteur apparente de ce type d'opération. Entre la livraison de mars et la mise en place définitive, il se passe des semaines pendant lesquelles le chantier semble à l'arrêt alors que les équipes attendent la conjonction d'une marée basse, d'un vent modéré et de la disponibilité de la grue. La commune détaille l'avancement des travaux sur son site, et l'on peut relire le point d'étape publié par la Ville de Pornichet au lancement de l'opération, ainsi que notre article sur la transformation du vieux môle et sa nouvelle passerelle.
Un môle rendu aux piétons après quinze ans
Le vieux môle fait partie du paysage de Pornichet depuis plus d'un siècle, du temps où la commune vivait encore de la pêche et du cabotage avant de devenir la station balnéaire que l'on connaît. Xynthia a emporté la liaison piétonne en 2010 et le môle est resté à l'écart, regardé de loin, sans qu'on puisse y mettre les pieds.
Voir arriver les segments sur la dune a donc une portée qui dépasse la technique. C'est le premier signe tangible que la promenade va revenir, et le passage du dossier administratif au métal posé sur le sable. Reste la partie la plus délicate, le levage et le scellement sur les appuis, dont dépend la date d'ouverture au public.
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