Quand utiliser le four à convection ?

Sommaire5 sections
  1. 01Convection naturelle et chaleur tournante : la vraie différence
  2. 02Les cuissons que la chaleur tournante abîme
  3. 03Là où le ventilateur fait la différence
  4. 04Lire les symboles du bandeau
  5. 05Trois réglages qui comptent plus que le mode choisi

Le ventilateur d'un four ne chauffe pas. Il brasse l'air, et c'est là que tout se joue : en balayant la surface des aliments, il emporte la fine couche d'air immobile qui les entoure et qui freinait la chaleur. La cuisson va plus vite, elle est plus régulière d'un étage à l'autre, et la surface sèche davantage. Ce dernier point décide de presque tout. Selon le plat, cet assèchement donne une peau de poulet craquante ou une génoise cartonnée. Savoir quand utiliser le four à convection revient donc à savoir quand vous voulez sécher la surface, et quand vous ne voulez surtout pas.

Convection naturelle et chaleur tournante : la vraie différence

En convection naturelle, souvent appelée mode statique, deux résistances chauffent, l'une en haut (la voûte), l'autre en bas (la sole). L'air chaud monte, l'air froid descend, et il s'installe une stratification : il fait plus chaud en haut du four qu'en bas. C'est un défaut sur le papier, c'est un outil quand on sait s'en servir, par exemple pour terminer une tarte par le dessous.

En chaleur tournante, une hélice placée au fond du four met cet air en mouvement. Deux variantes existent, et les fabricants entretiennent la confusion. La chaleur brassée se contente d'un ventilateur associé aux résistances de sole et de voûte. La chaleur tournante dite pulsée ajoute une résistance circulaire autour de l'hélice : l'air est chauffé au moment où il est propulsé, la température est plus homogène et la montée en chauffe plus rapide.

Plat en train de cuire derrière la vitre d'un four allumé

Les cuissons que la chaleur tournante abîme

Tout ce qui doit gonfler avant de prendre déteste le ventilateur. Une brioche, un pain, un soufflé, une pâte à choux ont besoin que leur surface reste souple le temps que l'intérieur se dilate. L'air brassé forme une croûte trop tôt, la pâte se retrouve enfermée et ne monte plus, ou se déchire sur le côté. Passez en statique, quitte à sacrifier quinze minutes.

Même chose pour les préparations très humides et fragiles. Une crème prise, un flan, un cheesecake, une crème brûlée au bain-marie veulent une chaleur douce et un four calme. Les meringues sont un cas particulier : le séchage à basse température, autour de 90 à 100 °C, se pratique très bien en tournante, mais les meringues plus épaisses craquellent, alors qu'elles restent lisses en statique.

Dernière famille, les gâteaux hauts et les cakes. Un moule à manqué de 20 centimètres en chaleur tournante attrape une bosse au milieu et brunit sur les bords bien avant que le cœur soit cuit. La chaleur statique donne une pousse plus régulière et une croûte moins épaisse.

Là où le ventilateur fait la différence

La cuisson sur plusieurs niveaux est l'argument le plus solide. En statique, une plaque de biscuits placée en haut sera cuite quand celle du bas sera encore pâle, et il faut les intervertir en cours de route. En chaleur tournante, deux ou trois plaques cuisent ensemble sans intervention. Pour qui prépare quarante sablés un dimanche après-midi, la différence se compte en heures.

Le deuxième terrain est celui du rôtissage. Volaille, rôti de porc, poitrine de cochon, tout ce qui doit rendre sa graisse et sécher sa peau gagne au ventilateur. Les légumes coupés en morceaux et huilés, pommes de terre, carottes, choux de Bruxelles, en profitent aussi : l'humidité qu'ils relâchent est évacuée au lieu de stagner, ils rôtissent au lieu de bouillir. Le même raisonnement vaut pour les frites au four et les gratins, à condition de terminer par un passage sous le gril si le dessus reste blond.

Lire les symboles du bandeau

Les pictogrammes sont normalisés, ou presque. Deux traits horizontaux, un en haut et un en bas, indiquent le mode statique. Une hélice seule dans un cercle correspond à la chaleur brassée. Une hélice entourée d'un cercle en pointillés ou d'un anneau désigne la chaleur tournante avec résistance circulaire. Un trait unique en haut avec un zigzag, c'est le gril ; associé au ventilateur, il devient le turbo gril, pratique pour une volaille entière.

Trois réglages qui comptent plus que le mode choisi

Préchauffez vraiment. Le voyant s'éteint avant que les parois et la sole aient atteint la température, et ce décalage se paie sur une pizza ou une tarte. Dix minutes de plus après l'extinction du voyant règlent le problème.

Vérifiez la température réelle. Un four domestique dérive facilement de 15 à 20 °C par rapport à son affichage, et l'écart grandit avec l'âge de l'appareil. Un thermomètre de four à moins de dix euros vaut mieux que n'importe quelle discussion sur les modes de cuisson.

Choisissez le bon plat. Un moule en métal foncé absorbe la chaleur et donne un dessous bien coloré. Un plat en verre ou en céramique met plus longtemps à chauffer mais garde mieux la température, ce qui convient aux cuissons longues. Sur une plaque perforée, une pâte à pizza croustille ; sur une plaque pleine, elle reste molle.

Un dernier réflexe, valable dans les deux modes : n'ouvrez pas la porte pendant les vingt premières minutes. Chaque ouverture fait chuter la température de plusieurs dizaines de degrés, et c'est ce qui fait retomber les soufflés bien plus souvent que le mode de cuisson.

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