Tragique accident de quad à Pouillon : un homme perd la vie dans les Landes
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Un quad ne se conduit pas comme une moto, et c'est ce malentendu qui tue. En février 2024, un homme a perdu la vie à Pouillon, dans les Landes, après avoir percuté un arbre lors d'une sortie. L'enquête devait établir les circonstances, mais le scénario revient dans presque tous les accidents mortels de quad : perte de contrôle, obstacle fixe, choc frontal. Trois cents kilos lancés à quarante kilomètres par heure contre un pin, il n'y a pas de bonne issue.
Pouillon, un terrain qui ne pardonne pas
Pouillon se trouve à une quinzaine de kilomètres au sud de Dax, entre le Gave de Pau et les premières landes de pin. Le secteur est quadrillé de chemins forestiers et de pistes de défense contre les incendies, larges, sablonneuses, souvent rectilignes sur plusieurs centaines de mètres. Le genre de tracé qui invite à ouvrir les gaz, et où le sol change sans prévenir : une plaque de sable meuble, une ornière remplie d'aiguilles, une flaque profonde après une semaine de pluie. Les arbres bordent la piste à moins de deux mètres.
Ce que dit la loi, et que beaucoup ignorent
Deux familles de machines existent, et elles n'ont pas les mêmes droits. Un quad homologué route a une plaque, une carte grise, une assurance, et se conduit avec le permis B ou le permis A1 selon la cylindrée. Un quad de loisir, non homologué, ne roule que sur terrain privé ou sur un terrain d'évolution autorisé. Ni voie publique, ni chemin rural ouvert à la circulation.
Le casque est obligatoire dans tous les cas. Les chemins du massif landais, souvent privés ou soumis à arrêté municipal, ne sont pas des terrains de jeu : depuis la loi de 1991, la circulation des véhicules à moteur dans les espaces naturels est interdite hors des voies ouvertes à la circulation publique. Règle méconnue, peu contrôlée, et rappelée par les maires après chaque drame.
Le réflexe qui coûte le plus cher
Sur un quad, le geste instinctif du motard, celui qui consiste à se pencher à l'intérieur du virage, est précisément le mauvais. Il faut au contraire charger les jambes à l'extérieur du virage et rester debout sur les repose-pieds dès que le terrain devient irrégulier. Les stages des moto-clubs coûtent quelques dizaines d'euros la journée. Rapporté au prix d'une machine, l'argument du budget ne tient pas.
L'autre erreur classique est le passager. Un quad monoplace reste monoplace : à deux, la machine se retourne dans un dévers que le pilote aurait passé seul sans y penser.
Le quad garde une image d'engin familial, plus rassurant qu'une moto parce qu'il tient debout tout seul. Il ne demande pas d'équilibre au départ, donc on le confie facilement à quelqu'un qui n'a jamais piloté. C'est ce faux confort qui envoie les gens dans les arbres.
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