Travaux d'isolation : utilité de la mousse expansive ou mousse polyuréthane
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On ne choisit presque jamais la mousse polyuréthane pour ses performances. On la choisit parce qu'à cet endroit précis, rien d'autre ne rentre. Un vide sanitaire de soixante centimètres de haut, une charpente aux entraxes irréguliers, le pourtour d'un dormant de fenêtre, la traversée d'une gaine électrique dans un mur en pierre : essayez d'y glisser un panneau rigide ou un rouleau de laine. Vous n'y arriverez pas proprement, et une isolation posée de travers laisse passer l'air là où elle bâille. La mousse, elle, épouse la forme et bouche le passage. Cet article part de là : quels sont ces endroits, et où s'arrête ce que la mousse sait faire.
Deux produits qui n'ont que le nom en commun
Sous l'appellation mousse polyuréthane, le commerce vend deux choses très différentes. La première est la bombe aérosol qu'on trouve en grande surface de bricolage, une mousse monocomposante qui durcit au contact de l'humidité de l'air. Elle sert à calfeutrer, sceller, combler. C'est un produit d'étanchéité à l'air, pas un isolant de surface.
La seconde est la mousse projetée par un applicateur, à partir de deux composants mélangés dans une machine et pulvérisés à chaud. Elle se dépose en couches successives sur un plancher, une sous-face de dalle ou un rampant, avec une épaisseur maîtrisée. Ce métier demande une formation, un matériel de plusieurs milliers d'euros et une certification. Les deux produits sortent de la même chimie, ils ne relèvent pas du même chantier.
La confusion entre les deux fait des dégâts. Vider quinze bombes de mousse expansive sur un mur de façade ne constitue pas une isolation thermique par l'extérieur : la couche est irrégulière, sa tenue dans le temps n'est pas garantie, aucun enduit de finition n'est prévu pour ce support, et le résultat n'ouvre droit à aucune aide.
Les quatre endroits où elle n'a pas de concurrent sérieux
Le plancher bas et le vide sanitaire
Un vide sanitaire accessible mais bas, encombré de canalisations et de plots, est un cauchemar pour la pose de panneaux. Il faudrait découper autour de chaque obstacle, coller au plafond, cheviller à genoux dans quatre-vingts centimètres de hauteur. La mousse projetée se dépose en une passe sur toute la sous-face, contourne les réseaux d'elle-même et adhère au béton sans fixation mécanique. Le gain sur la sensation de sol froid au rez-de-chaussée se remarque dès le premier hiver.
Les rampants d'une charpente irrégulière
Dans une maison d'avant-guerre, les chevrons ne sont ni droits ni espacés régulièrement. Un isolant en panneau suppose des entraxes constants ; sinon, chaque écart devient un pont thermique, et la découpe à la main laisse des jeux de deux ou trois centimètres. La projection règle la question, à une condition sur laquelle il faut être ferme : la sous-face de couverture doit rester ventilée. On y revient plus bas, c'est le point qui fâche.
Les points singuliers
C'est ici que la bombe aérosol trouve son emploi le plus juste. Le pourtour d'un dormant de fenêtre après la pose, la traversée d'un mur par une gaine ou un tuyau, un boîtier électrique encastré dans une cloison, le vide derrière un coffre de volet roulant, le seuil d'une porte de garage : autant de fuites d'air qui, mises bout à bout, représentent souvent plus de déperditions qu'un centimètre d'isolant en moins sur toute la façade.
La protection des canalisations exposées
Une conduite d'eau qui traverse un local non chauffé, un compteur en abri de jardin, une arrivée d'eau extérieure : un cordon de mousse autour du tuyau protège du gel. Ce n'est pas la solution la plus élégante, elle a l'avantage de tenir des années et de coûter le prix d'une bombe.
Ce que la mousse ne sait pas faire
Le premier point concerne l'humidité. Une mousse à cellules fermées freine fortement la vapeur d'eau. Projetée directement sous une couverture en bois sans lame d'air ventilée, elle enferme la charpente : le bois ne sèche plus, et l'humidité qui s'y accumule ne se voit que le jour où on démonte. Plusieurs organismes professionnels ont alerté sur ce type de pose, et les documents techniques encadrent strictement les configurations admises. Exigez un avis technique correspondant au cas de votre toiture, pas un argumentaire commercial.
Le deuxième point est le feu. Le polyuréthane brûle et dégage des fumées toxiques. Il ne peut pas rester nu dans un local habité : il faut un écran de protection, plaque de plâtre ou équivalent, selon le classement de réaction au feu du produit posé. Un applicateur qui laisse la mousse apparente dans un comble aménagé vous met en difficulté le jour d'un sinistre.
Le troisième point est l'irréversibilité. Une laine se retire en trois heures, un panneau se dévisse. Une mousse projetée adhère au support et ne se démonte pas. La retirer suppose un travail mécanique long et sale, avec un risque d'abîmer le support. Autrement dit : si vous doutez du diagnostic, ne projetez pas.
La pose, pour ce que vous ferez vous-même
Sur les points singuliers, la bombe se maîtrise en une demi-heure d'apprentissage, à condition de respecter quelques règles que le mode d'emploi expédie en trois lignes.
La température ambiante doit se situer entre 10 et 35 °C. En dessous, la réaction traîne et la mousse reste collante. Humidifiez légèrement le support au pulvérisateur : la polymérisation a besoin d'eau, et un support sec donne une mousse molle qui s'effrite. Secouez la bombe une bonne trentaine de fois avant de commencer, puis à nouveau entre deux applications.
Ne remplissez jamais une cavité complètement. La mousse gonfle de plusieurs fois son volume, et le volume est le piège classique du débutant. Un tiers de remplissage suffit dans la plupart des cas. Sur un dormant de fenêtre, un excès de mousse exerce une pression capable de déformer le cadre et de bloquer l'ouvrant : on cale et on dose.
Un mot sur le choix de la bombe, parce que le rayon en propose quatre ou cinq. Les mousses dites à faible expansion sont faites pour les menuiseries : elles gonflent peu et ne poussent pas sur le dormant. Les mousses à pistolet coûtent plus cher à l'achat, mais le pistolet dose au millimètre, se referme entre deux usages et évite de jeter une bombe entamée. Avec une simple paille, la bombe se termine dans la journée ou elle durcit dans la canule. Pour un chantier étalé sur deux week-ends, le pistolet est rentabilisé.
Comptez une vingtaine de minutes pour un séchage hors poussière, plusieurs heures pour un durcissement à cœur, selon l'humidité de l'air. Recoupez ensuite le surplus au cutter, puis recouvrez. La mousse polyuréthane ne supporte pas les ultraviolets : laissée à l'air libre, elle jaunit, se pulvérise et perd sa fonction en quelques saisons. Enduit, mastic, joint de finition, peu importe, mais elle doit être protégée.
La question à se poser en amont
La mousse polyuréthane règle des problèmes de géométrie que les autres isolants ne savent pas traiter. Elle en crée d'autres si on lui demande de remplacer une isolation classique là où celle-ci se pose sans difficulté. Pour une façade droite, un comble perdu accessible ou un plancher de grenier dégagé, les solutions courantes restent plus faciles à contrôler et à corriger.
Gardez-la pour ce qu'elle fait mieux que tout le reste : les recoins, les traversées, les sous-faces encombrées et les jonctions où l'air passe. Une maison correctement calfeutrée sur ces points-là consomme moins qu'une maison bourrée d'isolant mais percée de courants d'air.
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