Alerte neige dans 2 départements : préparez-vous aux intempéries!
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Une vigilance orange neige et verglas ne dit pas combien il va tomber. Elle dit que quelque chose va lâcher au sol, en général le réseau routier, et rarement là où on l’attend. C’est la nuance que les bulletins font mal passer : quinze centimètres, c’est une broutille sur un col vosgien et une pagaille complète sur l’A35 à 17 h. L’alerte qui a visé le Bas-Rhin et le Haut-Rhin pendant l’hiver 2022-2023 relevait exactement de ce cas de figure.
Orange ne veut pas dire tempête, ça veut dire que le trafic va coincer
Météo-France travaille avec quatre couleurs : vert, jaune, orange, rouge. L’orange arrive quand le phénomène est jugé dangereux pour toute la population d’un département, pas seulement pour ceux qui montent en montagne. Les bulletins sortent à 6 h et à 16 h et sont réactualisés dès que la prévision bouge, ce qui explique qu’une alerte apparaisse parfois en milieu d’après-midi alors que le matin ne laissait rien présager.
Sur la plaine d’Alsace, le facteur aggravant tient au relief discret. La montée vers Saverne, les rampes au sud de Colmar, les accès aux vallées vosgiennes : il suffit qu’un poids lourd se mette en travers d’une pente à 4 % pour que trois cents voitures restent derrière lui jusqu’au passage d’une dépanneuse.
Le vrai piège arrive après la neige
La neige fraîche tient la route mieux qu’on ne croit. Ce qui casse des chevilles et des pare-chocs, c’est la phase suivante : un redoux léger dans la journée, puis un thermomètre qui repasse sous zéro à la tombée du soir. Reste une pellicule transparente que personne ne voit, sur des trottoirs déjà déblayés et sur des routes secondaires que les saleuses ne repassent pas.
Les pneus, avant la liste de courses
Depuis le 1er novembre 2021, la loi Montagne impose des équipements hivernaux entre novembre et mars dans les communes classées en zone de montagne, ce qui inclut une partie du massif vosgien. Pneus hiver aux quatre roues, ou chaînes dans le coffre. En plaine, rien n’oblige à s’équiper, et c’est là que les problèmes commencent : les gens qui montent vers Sainte-Marie-aux-Mines sont partis de Colmar en pneus été.
Un détail que les listes de conseils oublient : sous 7 °C, un pneu été durcit et perd de l’adhérence, même sur chaussée sèche.
Chez soi, le danger ne vient pas du froid
Quand les températures plongent, on ressort les chauffages d’appoint et les groupes électrogènes. Chaque hiver, les intoxications au monoxyde de carbone envoient des centaines de personnes aux urgences en France. Le gaz ne sent rien : il donne des maux de tête et des nausées qu’on met sur le compte de la fatigue. Un appareil à combustion ne tourne pas en continu dans une pièce fermée, et on aère dix minutes par jour même à moins 8 °C. Pour les voisins âgés ou isolés, un passage vaut mieux qu’un appel : une personne de 85 ans qui a glissé dans sa cuisine ne décroche pas son téléphone.
Et sur la Côte d’Amour ?
Entre Pornichet, La Baule et Saint-Nazaire, la vigilance neige-verglas tombe une fois tous les quatre ou cinq ans, pour deux ou trois centimètres. L’effet est pourtant pire : personne n’a de pneus hiver, les communes ont peu de saleuses, et une côte comme celle qui remonte du port de Saint-Nazaire suffit à bloquer un bus. Quand l’Alsace prend quinze centimètres, elle rouvre ses routes le lendemain matin ; ici, le même épisode nous coûterait deux jours.
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