Une nouvelle promenade sur la digue : admirez la baie du Pouliguen, La Baule et Pornichet depuis un point de vue exceptionnel
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Avant de parler de panorama, parlons de marée, de vent et de chaussures. La promenade réaménagée sur la digue se marche très bien, à condition de la prendre dans le bon sens et à la bonne heure : partir du Pouliguen en fin d'après-midi vous met le soleil dans le dos et la baie entière devant vous, partir de Pornichet à la même heure vous met face à la lumière et vous ne verrez pas grand-chose. Le reste du mode d'emploi tient en quelques repères que personne ne donne jamais.
Dans quel sens marcher
La baie s'ouvre à peu près plein sud. Le matin, la lumière vient de l'est, donc du côté de Pornichet ; le soir, elle bascule vers Le Pouliguen et la côte sauvage. Un promeneur qui part du Pouliguen vers Pornichet le matin marche face au soleil pendant une heure. L'inverse en fin de journée. Ce détail change tout pour les photos et, plus prosaïquement, pour le confort des yeux.
Le vent, lui, vient le plus souvent d'ouest ou de sud-ouest. Sur un front de mer sans abri, ça se sent : à l'aller vent dans le dos, on avance sans rien remarquer, et on paie le retour. Quand il souffle fort, mieux vaut commencer contre le vent et finir porté.
Marée haute ou marée basse, ce n'est pas la même promenade
À pleine mer de vive-eau, l'eau vient battre le bas de la digue et la promenade devient un balcon posé sur l'océan. Deux heures plus tard, l'estran découvre plusieurs centaines de mètres, les ramasseurs de coques apparaissent, les cavaliers descendent sur le sable dur et le paysage se transforme en une vaste plaine claire. Les deux versions valent le détour, elles ne se ressemblent pas.
Le coefficient se consulte en trente secondes sur n'importe quel annuaire des marées, et il conditionne aussi l'accès aux escaliers de descente sur la plage. Par gros coefficient et vent d'ouest, certains passages bas reçoivent des paquets d'eau. Ce n'est pas dangereux si l'on reste sur le cheminement haut, ça mouille sérieusement sinon.
Où se garer sans tourner vingt minutes
En juillet et en août, chercher une place au plus près du front de mer relève de l'optimisme. La méthode qui fonctionne consiste à se garer une ou deux rues en arrière, côté Pouliguen près du port ou côté Pornichet vers le boulevard des Océanides, puis à rejoindre la digue à pied. Hors saison, la question ne se pose pas. Le train fonctionne aussi très bien : les gares de La Baule-Escoublac, de La Baule-les-Pins et de Pornichet sont toutes à moins d'un quart d'heure à pied de la mer, ce qui autorise un aller simple à pied et un retour en train.
Ce qu'on voit, et ce qu'on ne voit pas
Soyons honnêtes sur le mot panorama. La digue est basse, le regard porte loin mais reste au ras de l'eau : ce n'est pas un belvédère de falaise. On distingue nettement la pointe de Penchâteau et l'entrée de l'étier du Pouliguen à l'ouest, la ligne des immeubles de La Baule au centre, le port et la jetée de Pornichet à l'est. Par temps clair, les chantiers de Saint-Nazaire se devinent au fond, et l'on aperçoit parfois la silhouette d'un paquebot en armement.
Ce qui frappe surtout, quand on marche le nez en l'air, c'est le désordre architectural du front de mer : villas balnéaires des années 1900 coincées entre des barres de béton des années 1970. Ce contraste raconte l'histoire de la station mieux que n'importe quelle table d'orientation.
Une heure bien remplie
Prise dans le bon sens, en fin d'après-midi de septembre, avec la marée qui monte et le vent modéré, cette promenade se range parmi les meilleures balades urbaines de la côte atlantique. Prise à midi en août, contre le vent, avec la lumière dure, elle laisse un souvenir tiède. Le lieu n'a pas changé entre les deux, seulement l'heure du départ.
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