Pornichet : Les novices du kayak explorent les merveilles de la côte
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La première sortie en kayak de mer à Pornichet ressemble rarement à la photo de brochure. On y transpire, on prend de l'eau, on découvre au bout de vingt minutes que pagayer droit demande de la technique. Cet article s'adresse à celui qui n'est jamais monté dans un kayak et qui se demande ce qui l'attend vraiment : le matériel, le prix, la fatigue, la peur du chavirage, et ce qu'on retire d'une sortie encadrée depuis la Côte d'Amour.
Deux heures d'effort, pas une promenade
Le premier malentendu porte sur l'intensité. Vu depuis la plage, un kayak avance tout seul. Une fois assis dedans, on comprend que la propulsion vient des abdominaux et du dos, pas seulement des bras, et que les débutants s'épuisent en tirant sur les épaules pendant le premier quart d'heure.
Le deuxième malentendu porte sur l'eau. Sur la baie de Pornichet, un clapot de vingt centimètres suffit à donner l'impression d'être bousculé quand on n'a aucune référence. Cette sensation disparaît vite : au bout d'une demi-heure, le bassin se relâche, le bateau cesse de partir en travers, et la fatigue devient régulière au lieu d'être brutale.
Le troisième point, personne ne le dit assez : on rentre mouillé. L'eau ruisselle le long de la pagaie et retombe sur les cuisses. Prévoir des vêtements de rechange dans la voiture évite de finir le trajet du retour en grelottant.
La côte entre Pornichet et Le Croisic, vue depuis l'eau
Le littoral qui court de Pornichet jusqu'au Croisic offre une cinquantaine de kilomètres de rivage, et le passage d'un décor à l'autre se lit mieux depuis un kayak que depuis le sentier. La grande plage de Pornichet et celle de La Baule forment un arc de sable ouvert, protégé, où la mer reste maniable une bonne partie de l'année. Au-delà du Pouliguen, le trait de côte change complètement : les pointes rocheuses de la côte sauvage, les criques minuscules, les falaises basses qui se creusent en grottes.
Depuis l'eau, on voit ce que les promeneurs ne voient pas. Les cormorans posés sur les roches à marée basse, les bancs de sable qui affleurent, les anfractuosités où la houle claque. On distingue aussi les maisons du front de mer sous un angle inhabituel, et le port de Pornichet, ses pontons et ses mâts, quand on longe la digue.
Le club, l'encadrement et le matériel
Sur place, le Canoë Kayak Presqu'île Côte d'Amour structure la pratique. Les sorties sont encadrées par des moniteurs brevetés d'État, ce qui n'est pas un détail administratif : c'est ce qui distingue une séance sérieuse d'une location de plage où on vous confie une coque sans consigne.
Un moniteur regarde d'abord comment vous tenez la pagaie, corrige la position des mains, montre comment poser la lame loin devant plutôt que de brasser sur le côté. Il place le groupe par rapport au vent, décide du parcours en fonction du courant, et sait rentrer avant que les conditions ne tournent. Un débutant seul ne sait faire aucune de ces trois choses.
Côté matériel, tout est fourni : bateau, pagaie, gilet d'aide à la flottabilité, bidon étanche. Le kayak d'initiation est le plus souvent un sit-on-top, un modèle ouvert dont on tombe facilement et sur lequel on remonte tout aussi facilement. C'est précisément ce qui rassure : pas d'enfermement, pas de jupe, pas de manoeuvre d'esquimautage à apprendre.
Du kayak au paddle, plusieurs façons de pagayer
Le kayak n'est qu'une des portes d'entrée. La pirogue polynésienne demande une coordination différente et se pratique souvent en équipage, ce qui change tout dans l'ambiance. Le stand-up paddle, lui, travaille l'équilibre debout et convient mieux aux journées sans vent, sur un plan d'eau lisse.
Un conseil qui vaut pour tous : essayer deux disciplines avant de choisir. Beaucoup de gens abandonnent le kayak parce qu'ils ont détesté leur première sortie par vent de face, alors qu'ils auraient adoré le même parcours en pirogue, à six, avec quelqu'un qui donne le rythme.
La randonnée, l'étape d'après
Une fois les bases acquises, la randonnée en kayak devient la suite logique. Sur une demi-journée, un groupe encadré rejoint des plages inaccessibles à pied, s'arrête pour manger, et repart avec la marée. C'est là que le kayak prend tout son sens : il donne accès à des endroits que rien d'autre ne dessert.
Ces sorties imposent un peu d'autonomie. Il faut tenir trois heures de pagaie, savoir remonter sur son bateau après une chute, et accepter de suivre une décision d'encadrant qui peut écourter le parcours. Rien d'insurmontable après quelques séances régulières.
Regarder la mer autrement
Ce qui reste après une première sortie, ce n'est pas la performance. C'est un changement de regard sur un endroit qu'on croyait connaître. Les habitués de Pornichet qui ont fait dix fois le tour du port en marchant découvrent la digue depuis l'extérieur, à ras de l'eau, et comprennent d'un coup la géographie de la baie. Ça vaut largement les courbatures du lendemain.
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