À Pornichet, le talentueux artiste Mino dévoile une sculpture en bronze à la dune du Port d’échouage
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Accepter une sculpture en cadeau n'est jamais un geste neutre pour une commune. Le 5 février 2025, le conseil municipal de Pornichet a adopté une convention de don avec l'artiste Mino, pour un bronze intitulé La Sybille installé à la dune du Port d’échouage. L'œuvre ne coûte rien à la ville. Son socle, son assurance, son nettoyage et sa surveillance, si. C'est ce que dit une convention de don, et c'est ce que personne ne lit.
Ce que signe une commune quand elle dit oui
Un don d'œuvre à une collectivité passe par une délibération parce qu'il crée des obligations. La ville devient propriétaire, donc responsable. Elle inscrit le bronze à son inventaire, l'assure, l'entretient, et s'engage en général sur son emplacement et sur le respect du droit moral de l'artiste : pas de déplacement arbitraire, pas de modification, mention du nom.
La contrepartie est réelle pour l'artiste aussi. Une pièce installée dans l'espace public d'une station balnéaire est vue par des dizaines de milliers de personnes chaque été. Aucune galerie n'offre cette exposition. Le don n'est pas un pur geste désintéressé, et il n'y a rien à y redire : les deux parties y trouvent leur compte.
Un bronze au bord de la dune, le pari technique
Le lieu est exposé. Air salin en permanence, sable porté par le vent d'ouest, embruns les jours de coup de vent : c'est un milieu qui attaque tout ce qu'on y pose. Le bronze s'en sort mieux que l'acier, il ne rouille pas et développe une patine, mais cette patine évolue vite face à la mer et le sable agit comme un abrasif sur les arêtes vives.
Concrètement, une œuvre de ce type demande un rinçage à l'eau douce plusieurs fois par an et une cire de protection passée périodiquement par un professionnel. Rien d'insurmontable pour les services techniques, à condition que ce soit prévu dès le départ. Les sculptures littorales qui vieillissent mal sont presque toujours celles dont personne n'a inscrit l'entretien au budget.
Pourquoi la dune, et pas la place du marché
Le Port d’échouage n'est pas le centre-ville. C'est un bout de littoral où les bateaux se posaient sur le fond à marée basse, un endroit fréquenté par les promeneurs et les pêcheurs à pied plus que par les terrasses. Installer là une œuvre plutôt qu'au milieu d'un rond-point relève d'un choix.
Ce choix a un revers : une sculpture posée en zone dunaire concentre les pas. Les dunes tiennent grâce à l'oyat, une graminée que le piétinement détruit en une saison. Si l'installation attire du monde, un cheminement balisé devient nécessaire, sinon le sable part et le végétal ne revient pas seul.
Ce que ça vaut pour la ville
Pornichet n'a pas de musée. Ce qu'elle peut offrir en matière d'art, c'est le dehors : des pièces posées sur le parcours d'une promenade, gratuites, visibles à toute heure, croisées par des gens qui n'entreraient jamais dans une galerie. Une seule sculpture ne fait pas une politique culturelle. Deux ou trois de plus, reliées par un itinéraire et signalées correctement, commenceraient à en dessiner une. La balle est dans le camp du conseil, et la question se réglera en ligne budgétaire, pas en discours d'inauguration.
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