Des arbres de Noël recyclés pour protéger les dunes de Pornichet des intempéries

découvrez comment des arbres de noël recyclés sont utilisés pour protéger les dunes de pornichet des intempéries. une initiative écologique qui allie préservation de l'environnement et créativité.
Sommaire4 sections
  1. 01Deux techniques différentes, souvent confondues
  2. 02Ce qui tient réellement une dune, c'est la plante
  3. 03Alors pourquoi le faire ?
  4. 04Ce qui protégerait davantage le cordon de Pornichet

Rapporter son sapin après les fêtes pour qu'il finisse dans une dune, l'image est belle et elle circule chaque mois de janvier sur toute la côte. À Pornichet, l'opération existe : à partir du 30 décembre, les habitants déposent leurs sapins sans décoration ni pied dans des points de collecte, et la Ville les broie pour en faire du paillage réparti sur le littoral. Reste une question que les communiqués évitent en général : est-ce que du broyat de sapin protège vraiment une dune contre une tempête ? La réponse honnête est nuancée, et elle dépend de ce qu'on met sous le mot protéger.

Sapins déposés en tas près d'un cordon dunaire en hiver

Deux techniques différentes, souvent confondues

Il existe deux façons d'utiliser un sapin usagé sur un cordon dunaire, et elles n'ont pas du tout le même effet.

La première consiste à coucher les arbres entiers, en quinconce, dans les zones creusées par le vent. Les branches freinent l'air au ras du sol, le sable perd de la vitesse, il se dépose, et la dune se recharge lentement. C'est le même principe que les ganivelles en châtaignier plantées le long des plages de la Côte d'Amour. Cette méthode se pratique surtout sur des sites très dégradés, et elle demande de la main-d'oeuvre.

La seconde, celle retenue par Pornichet, passe par le broyage. Le paillage obtenu couvre le sol, limite l'évaporation, gêne les pieds qui coupent à travers la végétation et se décompose en apportant un peu de matière organique. C'est du soin apporté à la couverture végétale, pas une barrière contre les vagues.

Ce qui tient réellement une dune, c'est la plante

Sur le littoral atlantique, la fixation du sable est le travail de l'oyat, cette graminée aux longues feuilles rigides qui pousse en haut de plage. Son réseau de rhizomes descend et s'étend dans le sable, et la plante réagit à l'ensablement en produisant de nouvelles pousses. Plus le sable arrive, plus l'oyat monte. C'est cette mécanique-là qui construit un cordon dunaire, sur des années.

Tout ce qu'on peut faire d'autre sert à protéger cette végétation le temps qu'elle s'installe : ganivelles pour piéger le sable, accès en caillebotis pour canaliser les promeneurs, paillage pour garder un peu d'humidité au pied des plants. Le sapin recyclé entre dans cette dernière catégorie. Utile, modeste, et loin d'être le rempart que le mot barrière laisse imaginer.

Alors pourquoi le faire ?

Parce que le calcul reste bon, même une fois l'effet ramené à sa taille réelle. Un sapin qui part en collecte spécifique ne finit ni en encombrant sur un trottoir, ni en ordures ménagères incinérées. Le broyage se fait sur place avec du matériel que les services techniques possèdent déjà, et le produit sert dans les massifs communaux autant que sur la dune.

Il y a aussi un effet moins mesurable, mais qui compte. Une famille qui traverse la commune avec un sapin dans le coffre le 2 janvier fait un geste concret, et se souvient ensuite qu'il existe des dunes fragiles à trois cents mètres de chez elle. Sur ce plan, l'opération est une opération de sensibilisation réussie, ce qui n'a rien de honteux à écrire.

Ce qui protégerait davantage le cordon de Pornichet

Si l'objectif est vraiment de tenir la dune, trois choses pèsent plus lourd que le devenir des sapins de janvier. Refermer les passages sauvages qui traversent le cordon, parce qu'un sentier ouvert dans la dune devient une brèche dès le premier coup de vent d'ouest. Entretenir les ganivelles existantes, qui cassent au bout de quelques hivers. Replanter de l'oyat sur les secteurs pelés, à la bonne saison, entre l'automne et la fin de l'hiver.

Ces chantiers-là sont moins photogéniques qu'un tas de sapins. Ils demandent du budget et des agents. Le recyclage des sapins mérite d'être poursuivi, à condition qu'on ne le présente pas comme la réponse à l'érosion du littoral, parce qu'il n'en est qu'un petit morceau.

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