Échange et séance de dédicace en compagnie de Nicoby
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Nicoby dessine des gens qui parlent. C'est à peu près le contraire d'un auteur de super-héros : son travail relève du récit documentaire, du carnet de reportage, du portrait pris sur le vif. Savoir cela change complètement la façon d'aborder la rencontre qui lui était consacrée à Pornichet, le samedi 14 décembre 2024 à 15 h, salle d'exposition. Le format tenait davantage de la conversation avec un dessinateur qui travaille en écoutant les autres que de la file d'attente devant une table de signature.
Une rencontre avant un festival, pas après
Le rendez-vous s'inscrivait dans l'avant-festival BD Déam'bulle, le rendez-vous bande dessinée de Pornichet. Ce format d'échauffement a un intérêt réel : quelques semaines avant l'événement principal, on reçoit un auteur dans une salle où l'on peut s'asseoir et poser des questions, sans la cohue des grandes journées de dédicaces. Les élèves des établissements de la commune avaient de leur côté travaillé sur le festival, comme le racontait un article sur la mobilisation des élèves de Pornichet autour de Déam'bulle.
Ce qu'on peut demander à un auteur de BD, et ce qui ne sert à rien
Les questions qui tombent à plat sont toujours les mêmes : « d'où vous viennent vos idées », « combien de temps pour faire un album ». La première n'a pas de réponse, la seconde en a une ennuyeuse (entre un et trois ans, la plupart du temps).
Les questions qui ouvrent vraiment une discussion sont plus concrètes. Comment on obtient qu'une personne accepte d'être dessinée pendant qu'on la fait parler. Ce qu'on jette au montage, une fois rentré. Comment on tient une ressemblance en trois traits sans caricaturer. À quel moment le carnet gêne l'échange. Un auteur qui travaille sur le motif a une réponse précise à chacune de ces questions, et il aime souvent qu'on les lui pose.
Deux erreurs qui circulent sur son compte
Deux affirmations reviennent souvent au sujet de Nicoby et méritent d'être remises d'aplomb. La première le rattache aux éditions Dargaud. Son catalogue est pourtant référencé chez Dupuis, comme n'importe qui peut le vérifier en quelques secondes. La seconde annonce une traduction en vingt langues. C'est un chiffre qu'on ne trouve nulle part et qui, pour un auteur de récit documentaire francophone, paraît très élevé. En l'absence de source, il vaut mieux ne pas le répéter.
Pour se faire une idée par soi-même, le plus simple reste de feuilleter. Ses ouvrages sont disponibles en librairie spécialisée, notamment à la librairie Bulle, et son travail se comprend beaucoup mieux le livre en main qu'à travers une notice.
Pourquoi la BD de reportage marche bien en salle
Un auteur de fiction pure raconte son histoire, et l'on écoute. Un auteur qui dessine le réel raconte des rencontres, des lieux, des ateliers, des conversations, et le public embraye immédiatement parce qu'il connaît ces situations. C'est ce qui rend ce type de rencontre plus vivant qu'une présentation d'album classique, surtout devant un public mélangé d'adolescents et d'adultes.
À Pornichet, ce choix a du sens. Une commune de bord de mer qui accueille un festival de bande dessinée a tout intérêt à montrer que le métier ne se limite pas au dessin de personnages en collants. Un carnet, un stylo, une heure passée dans un atelier ou sur un quai : c'est un matériau que des collégiens peuvent reproduire dès le lendemain, ce qui n'est pas le cas d'une planche de science-fiction.
Si vous avez raté la séance
Une rencontre manquée n'est pas grave : les auteurs de ce genre tournent régulièrement en Bretagne et en Pays de la Loire, et Déam'bulle en invite plusieurs chaque année. L'exposition qui accompagnait sa venue à Pornichet a fait l'objet d'un autre article, consacré à l'exposition Nicoby à Pornichet. En attendant, un album emprunté à la médiathèque coûte moins cher qu'un déplacement à Paris.
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