Pornichet : Rencontrez Nicoby, l'auteur de BD, lors d'une exposition captivante
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Une planche originale de bande dessinée n'a presque rien à voir avec la page imprimée qu'on connaît. Elle est plus grande, souvent d'un tiers. On y voit le crayonné bleu qui traverse encore l'encre, les repentirs passés au blanc de correction, les bulles vides que le lettrage viendra remplir plus tard. C'est exactement ce que la médiathèque de Pornichet a accroché à ses murs du 3 au 14 décembre 2024, avec des originaux de Nicoby, et c'est la seule bonne raison de s'y rendre plutôt que d'acheter l'album.
La rencontre avec l'auteur était fixée au samedi 14 décembre 2024 à 15 heures, dernier jour de l'accrochage, suivie d'une séance de dédicaces. Entrée libre, comme toute l'exposition.
Ce qu'on regarde vraiment sur une planche
Le premier réflexe, devant un original, c'est de chercher le dessin qu'on a aimé dans le livre. Le deuxième, plus intéressant, c'est de regarder ce qui a été raté puis rattrapé. Un bras redessiné trois fois. Un fond effacé. Une case entière recollée par-dessus la première version, avec le bord du papier qui se devine en lumière rasante. Chez la plupart des auteurs de reportage dessiné, le trait est rapide et les corrections nombreuses, parce que le carnet précède l'album et que la mise au propre arrive après.
Cette matérialité disparaît complètement à l'impression. C'est aussi ce qui explique pourquoi les médiathèques exposent des planches plutôt que des reproductions : on n'apprend rien d'une affiche encadrée, on apprend beaucoup d'une feuille de papier qui a servi.
Nicoby, un auteur qui travaille au carnet
Nicoby s'est fait connaître par des récits ancrés dans le réel, où il se met souvent lui-même en scène, et par des adaptations. La plus visible reste sa mise en images du roman de Jostein Gaarder, Le Monde de Sophie : trois cents pages de philosophie racontées à hauteur d'adolescente, exercice casse-gueule que beaucoup de dessinateurs auraient refusé. Le dessin y est volontairement souple, presque relâché, pour ne pas alourdir un texte qui l'est déjà.
Ce genre de rencontre en médiathèque ne ressemble pas à un plateau de salon. Il n'y a pas de file de trois cents personnes, l'auteur a le temps de répondre, et les questions les plus utiles ne sont pas les questions d'admirateur. Combien de pages par jour ? Comment on décide de couper une scène ? Qui choisit la couverture ? Sur ces sujets, la plupart des auteurs répondent volontiers, parce qu'on ne les leur pose presque jamais.
Y aller avec des enfants, sans les perdre au bout de dix minutes
Une exposition de planches, pour un enfant de huit ans, c'est une succession de feuilles blanches accrochées à hauteur d'adulte. L'attention tombe vite. Deux choses la font remonter. La première : demander de retrouver, sur la planche, une case précise du livre, ce qui oblige à comparer et donc à regarder. La seconde : chercher les traces de bleu. Le crayonné bleu ne s'imprime pas, les enfants le repèrent tout de suite et ils comprennent d'un coup comment une page se fabrique, ce qu'aucune explication de panneau ne réussit à faire.
La médiathèque a un autre avantage sur un festival : on peut emprunter dans la foulée ce qu'on vient de voir au mur. Sortir avec l'album sous le bras une demi-heure après avoir regardé les originaux, c'est le meilleur moment de la visite, et il est gratuit.
Une expo qui préparait le terrain
L'accrochage arrivait dans un contexte précis : la ville annonçait alors une saison 2025 tournée vers la bande dessinée, avec un rendez-vous prévu en avril à l'hippodrome. Une exposition en médiathèque coûte peu, se monte en quelques jours et permet de mesurer si un public existe localement. Sur ce point, l'expérience se lit facilement : si les gens se déplacent un samedi de décembre pour voir des planches, ils se déplaceront en avril.
Reste une limite qu'il faut dire. Douze jours d'accrochage, c'est court. Les scolaires n'ont pas toujours le temps d'y passer, et une partie des habitants apprend l'existence de l'expo la semaine où elle se démonte. C'est le défaut classique des expositions de médiathèque, et il n'est pas propre à Pornichet.
Pour plus d'informations sur l'événement, vous pouvez consulter les sites suivants : Nantes.Maville, JDS.fr et Ville-Pornichet.
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