Loire-Atlantique : Yannick 'El Mambo' se consacre à partager la joie des danses latines

découvrez comment yannick 'el mambo' magicien des danses latines en loire-atlantique, transmet sa passion et la joie de danser à travers des cours et des événements festifs. rejoignez-le pour une expérience inoubliable!
Sommaire5 sections
  1. 01La danse est arrivée par la terrasse familiale
  2. 02Débutants et anciens dans la même salle : le vrai problème du prof
  3. 03Le Festival Afro Latino, trois jours à l'hippodrome
  4. 04Vivre de la danse latine sur la côte, saison par saison
  5. 05Transmettre des pas, et ce qui va avec

Quatorze heures de cours par semaine, environ 700 élèves dans l'année, un festival de trois jours à monter sur l'hippodrome de Pornichet : voilà à quoi ressemble concrètement le métier de Yannick, dit El Mambo, qui enseigne les danses latines en Loire-Atlantique. On parle rarement de ce travail-là autrement qu'en évoquant la passion et les paillettes. Regardons plutôt l'emploi du temps, le local, le recrutement des élèves en septembre et ce qui se passe en février quand la salle se vide à moitié. C'est moins romantique, et ça dit mieux ce que représente une saison de salsa sur la côte.

Un professeur de danse latine guide un couple d'élèves pendant un cours en salle

La danse est arrivée par la terrasse familiale

Yannick a d'abord regardé danser avant de danser lui-même. Les rythmes afro-caribéens tournaient sur la terrasse de la maison de famille, et à cet âge on retient les pas sans savoir qu'on les retient. Il prend ses premiers cours à 16 ans. C'est là, dit-il, qu'il comprend qu'une salsa réussie fait tenir ensemble une quinzaine d'inconnus pendant une heure et demie. Peu d'activités obtiennent ça.

Entre cette découverte et le fait d'en vivre, il y a une longue période dont on parle peu : celle où l'on danse le soir après le travail, où l'on fait des remplacements, où l'on prend un premier créneau dans une salle municipale un mardi à 20 h 30 parce que c'est le seul horaire libre. Beaucoup de professeurs de danse de la région ont ce parcours-là.

Débutants et anciens dans la même salle : le vrai problème du prof

Accueillir tous les niveaux est une phrase facile à écrire sur une affiche. Dans la pratique, c'est le principal casse-tête de l'année. En septembre, les inscriptions montent : le débutant arrive motivé, souvent en couple, parfois seul. En janvier, une partie a disparu. Ceux qui restent veulent avancer, et les nouveaux arrivés de la deuxième vague repartent de zéro. Un prof qui gère mal ce décalage perd les deux groupes en même temps.

La méthode, chez Yannick, tient en un mot : la rotation des partenaires. On change toutes les deux minutes, ce qui règle le déséquilibre entre hommes et femmes dans la salle, casse les mauvaises habitudes que prennent les couples, et fait que le débutant danse avec quelqu'un qui sait guider. C'est ce qui tient une classe hétérogène debout jusqu'en juin.

Le Festival Afro Latino, trois jours à l'hippodrome

Yannick fait partie de l'équipe qui organise le Festival Afro Latino de Pornichet. Pendant trois jours, l'hippodrome, habitué aux courses et aux parieurs, se remplit de danseurs venus de toute la France pour la salsa, la kizomba et la bachata. Le lieu n'a rien d'anodin : la piste couverte et les espaces de réception permettent d'enchaîner stages en journée et soirées dansantes, sans avoir à faire circuler des centaines de personnes entre plusieurs sites.

Un festival de ce format, ce sont des professeurs à faire venir et à héberger, un planning de salles au quart d'heure, un son à caler dans un bâtiment qui n'a pas été conçu pour ça, et une billetterie qui doit tomber juste. Ceux qui l'ont déjà monté savent que la partie visible, les démonstrations du samedi soir, ne pèse presque rien face au travail réel.

Vivre de la danse latine sur la côte, saison par saison

La Côte d'Amour impose son propre calendrier. L'été, les résidences secondaires se remplissent, les soirées en extérieur marchent, le public est là mais il est de passage. L'hiver, les effectifs se resserrent autour des habitués de Pornichet, Saint-Nazaire, La Baule et des communes autour. Un professeur indépendant vit de cette alternance : il constitue son socle d'inscrits en septembre et complète avec les stages, les soirées et le festival.

C'est aussi ce qui rend le métier fragile. Une salle municipale reprise pour autre chose, un créneau perdu, et c'est un groupe entier qui s'évapore. Les professeurs de danse ne sont propriétaires ni de leurs murs ni de leurs horaires, et cette dépendance ne se voit jamais depuis la piste.

Transmettre des pas, et ce qui va avec

Yannick insiste sur un point qui le distingue de l'enseignement purement technique : la salsa, la bachata et la kizomba viennent de quelque part. Cuba, la République dominicaine, l'Angola. Les enseigner sans rien dire de leur origine revient à apprendre une langue en n'en gardant que la grammaire. Il raconte donc d'où viennent les musiques qu'il passe, et pourquoi tel pas se danse comme ça et pas autrement.

Sur ce point, on peut discuter du dosage. Certains élèves viennent pour se dépenser le mardi soir et rien d'autre, et n'ont pas envie d'un cours d'histoire. Mais entre une salle qui reproduit des figures apprises sur une vidéo et une salle qui sait ce qu'elle danse, la différence s'entend au bout de deux mois, y compris chez ceux qui ne demandaient rien.

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