Pornichet : le maire critique les municipalités qui rémunèrent leurs médecins

découvrez les récentes déclarations du maire de pornichet critiquant les municipalités qui choisissent de rémunérer leurs médecins. une analyse des enjeux locaux sur la santé publique et le débat autour des politiques de rémunération des professionnels de santé.
Sommaire4 sections
  1. 01D'où vient la tentation du salariat municipal
  2. 02Le calcul que fait une commune de 11 000 habitants
  3. 03Ce qui reste dans les mains d'une mairie
  4. 04Un débat qui reviendra

Le débat qui agite les communes de la presqu'île depuis deux ans tient en une question de caisse : faut-il que la mairie sorte son chéquier pour salarier un médecin ? En janvier 2025, le maire de Pornichet a répondu non, publiquement, alors que plusieurs communes voisines faisaient le choix inverse. Son argument n'est pas médical, il est arithmétique : embaucher un praticien avec l'argent des habitants ne fabrique pas un médecin de plus, cela déplace celui du bourg d'à côté. C'est ce raisonnement qu'il faut regarder de près, parce qu'il vaut bien au-delà de Pornichet.

Le maire de Pornichet lors d'une prise de parole publique en mairie

D'où vient la tentation du salariat municipal

La mécanique est simple à comprendre pour un élu. Un cabinet ferme, le médecin part à la retraite sans successeur, le standard du cabinet suivant sature, et les habitants viennent le dire en mairie. La commune n'a aucune compétence en matière de santé, ce n'est ni son métier ni sa ligne budgétaire, mais elle est la première à recevoir la plainte. Alors certaines franchissent le pas : elles ouvrent un centre de santé municipal, recrutent un ou deux généralistes sous contrat de travail, prennent en charge le loyer, le secrétariat, le logiciel métier, parfois le logement.

Sur le papier, ça marche. Le médecin salarié arrive avec un salaire fixe, des congés payés, pas de comptabilité à tenir, pas de patientèle à racheter. Pour un jeune diplômé qui sort d'internat, la différence avec l'installation libérale classique est énorme : il ne prend aucun risque financier et il connaît ses horaires. Les communes qui ont ouvert ces centres l'ont d'ailleurs constaté, elles trouvent des candidats.

Le calcul que fait une commune de 11 000 habitants

Pornichet compte environ 11 000 habitants à l'année, et beaucoup plus l'été. Salarier un généraliste, ce n'est pas une dépense ponctuelle : c'est un poste permanent, avec les charges patronales, le remplacement pendant les absences, des locaux à mettre aux normes, une assurance. Une commune de cette taille qui s'engage là-dessus le fait pour dix ans au moins, sinon elle recrée elle-même le problème qu'elle voulait résoudre. Et elle le fait sur un budget déjà occupé par le chantier du front de mer, la voirie et l'entretien du bord de mer.

Le maire ajoute un point qui gêne, mais qui se défend : une commune balnéaire aisée a plus de moyens de surenchérir qu'une commune rurale de l'intérieur du département. Si le salariat municipal devient la norme, ce sont les territoires les plus fragiles qui perdent la partie. Sur ce point, le calcul ne tient effectivement pas. On aurait inventé un marché où la santé suit le budget municipal.

Ce qui reste dans les mains d'une mairie

Refuser le chéquier ne veut pas dire rester les bras croisés. Une commune peut acheter ou construire un bâtiment et le louer à loyer modéré à une maison de santé pluriprofessionnelle, où les généralistes exercent aux côtés des infirmières, du kiné et parfois du dentiste. Elle peut régler le problème du logement, qui bloque beaucoup d'installations sur la Côte d'Amour, là où un studio à l'année se négocie au prix d'un meublé de saison. Elle peut faciliter l'accueil des internes en stage, parce qu'un interne qui a passé six mois dans un cabinet local revient souvent s'y installer.

Un débat qui reviendra

La position tiendra tant que Pornichet aura des généralistes. Le jour où deux départs à la retraite tombent la même année sans reprise, la pression des habitants sera d'un autre ordre, et l'argument budgétaire pèsera moins lourd qu'une salle du conseil pleine. C'est l'angle mort de la démonstration : elle est juste collectivement, et difficile à tenir localement quand la pénurie frappe la rue d'en face.

La vraie réponse ne se joue pas à l'échelle communale. Elle se joue sur le nombre de médecins formés, sur la répartition des installations, sur ce que l'assurance maladie accepte de financer en zone sous-dotée. Une mairie de 11 000 habitants n'a aucun levier là-dessus. Elle a en revanche le droit de dire tout haut que la course au salaire entre communes est une réponse de façade, et c'est ce que le maire de Pornichet a fait en janvier 2025.

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