Pourquoi la grisaille de Pornichet ne peut-elle pas gâcher votre plaisir à la plage ?
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Le point qui fâche d'abord : oui, la grisaille gâche quelque chose. Elle enlève la chaleur, la couleur de l'eau et l'envie de rester allongé trois heures. Prétendre le contraire serait malhonnête. Mais à Pornichet, ce qui organise une journée de plage, ce n'est pas la couverture nuageuse, c'est l'horaire des marées. Et la marée, elle, se moque complètement du ciel. C'est ce décalage qui explique pourquoi, pendant l'été maussade de 2024, on a continué de voir du monde sur le sable entre le port et Sainte-Marguerite.
La marée dicte le programme, pas le soleil
Regardez qui est sur la plage un jour gris de juillet : des familles avec des seaux, des marcheurs, des ados qui jouent au foot sur le sable dur, des chiens. Presque personne en serviette. Le ciel a remplacé un usage par un autre. À marée descendante, la plage devient un terrain praticable, avec du sable tassé où l'on marche sans s'enfoncer, des flaques chaudes pour les petits, et la possibilité d'aller loin devant.
La pêche à pied suit la même logique. Elle se pratique dans les deux heures autour de la basse mer, aux grandes marées, coefficient au-dessus de 90 de préférence. Le soleil n'entre pas dans l'équation. Les rochers du côté de la pointe de Bonne-Source et vers Sainte-Marguerite se travaillent aussi bien sous un ciel bas, et un peu de fraîcheur est même plus confortable quand on reste courbé une heure.
Le sentier des douaniers, la vraie solution des jours gris
Le chemin côtier qui part de Pornichet vers l'est, en direction de Saint-Marc-sur-Mer et de Saint-Nazaire, est un itinéraire de temps couvert par excellence. Il alterne criques, pointes rocheuses et petites plages, avec du dénivelé léger. En plein soleil d'août, on le fait au chronomètre pour trouver de l'ombre. Sous 19 degrés et un ciel blanc, on prend le temps, et c'est une tout autre balade.
Vers l'ouest, c'est l'inverse : la promenade du front de mer file vers La Baule le long d'une des plus longues plages de sable de la côte atlantique, sur environ neuf kilomètres de baie. Plate, roulante, praticable en poussette ou en vélo. Un jour gris, on la fait en entier sans y penser.
La lumière grise n'est pas une consolation
On lit souvent que les jours couverts offrent une lumière magnifique aux photographes. C'est vrai pour les portraits et pour les ambiances de bord de mer, faux pour à peu près tout le reste : un ciel blanc uniforme donne des images plates et sans relief. Ce qui vaut le coup ici, ce sont les ciels de traîne : une heure de grain, puis un rayon oblique sur la baie. Ces jours-là, elle est photographiable comme elle ne l'est jamais en plein mois d'août.
Ce que ça change pour ceux qui habitent là
Un été gris n'a pas le même effet selon qu'on est vacancier ou commerçant. Pour qui vient une semaine, c'est en partie une semaine perdue. Pour les glaciers, les loueurs de matériel et les terrasses, une saison couverte pèse directement sur le chiffre d'affaires, quand les hébergements encaissent mieux. C'est aussi pour ça qu'on lit chaque été des articles sur la fréquentation qui tient malgré le temps : le nombre de personnes présentes ne dit rien de ce qu'elles dépensent.
Source: www.ouest-france.fr
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