Avez-vous déjà découvert les secrets cachés de Pornichet à travers ces photos époustouflantes en bord de mer ?

Sommaire5 sections
  1. 01Un an de commune, ramené à 44 images
  2. 02Le tri, la partie la plus difficile
  3. 03Photographier une plage sans faire la carte postale
  4. 04Exposer dehors : ce que ça impose
  5. 05Ce que ça vaut, honnêtement

Il n'y a pas de secret caché à Pornichet, et l'exposition installée en bord de mer à l'été 2024 ne prétend d'ailleurs pas en révéler un. Ce qu'elle montre, ce sont 44 photographies choisies dans 450 clichés pris pendant l'année 2023 par dix membres du club photo local, présidé par Benoît Collet. Autrement dit, une commune photographiée par ses propres habitants, pendant douze mois, avec ce que ça implique de banal et de familier. Le sujet intéressant, ici, c'est le tri : ce qu'on garde de mille jours ordinaires quand il faut n'en montrer que quarante-quatre.

Un an de commune, ramené à 44 images

Photographies encadrées accrochées en plein air face à la plage de Pornichet

Le projet est parti d'une proposition de la municipalité, avec une consigne qui tient en un mot : liberté. Pas de thème imposé, pas de cahier des charges. Les photographes ont travaillé sur ce qui les intéressait, et les sujets qui reviennent disent quelque chose de la ville : l'homme, l'art, la mer, l'hippodrome. Ces quatre entrées suffisent à dresser le portrait de Pornichet mieux qu'une brochure. Une ville de bord de mer, avec un champ de courses au milieu et une vie associative qui fabrique de l'image.

Le club a couvert les rendez-vous de l'année : la fête du 7 juillet, les Renc'arts, le festival Plein vol. Ce sont des événements que tout le monde ici connaît, que personne ne photographie professionnellement, et qui n'existent en archive que grâce à ce genre de travail. Dans dix ans, les images du festival de cerfs-volants de 2023 vaudront davantage que le plus beau coucher de soleil sur la baie.

La municipalité a lancé l'idée, le club l'a prise au mot. C'est une répartition des rôles qui mérite d'être notée, parce qu'elle n'est pas si fréquente : la commune fournit l'emplacement et le cadre, l'association garde la main sur le contenu. Beaucoup de projets de ce type finissent en commande déguisée, avec une liste de sujets à mettre en avant et des images de promotion touristique. Ici, il n'y a rien eu de tel, et ça se voit dans le résultat.

Le tri, la partie la plus difficile

Passer de 450 à 44, c'est écarter neuf photos sur dix, dont beaucoup appartiennent à quelqu'un qui est assis dans la même pièce. Les clubs qui font ça bien fonctionnent avec une commission de sélection et une règle admise à l'avance : on juge l'image, pas le photographe. Ça produit des soirées tendues et des expositions cohérentes. L'inverse produit des soirées agréables et des accrochages illisibles où chacun a placé sa pièce.

Photographier une plage sans faire la carte postale

C'est le problème technique de fond, et il concerne tous ceux qui vivent sur la Côte d'Amour. La baie est photogénique au point d'en devenir facile. Sable clair, horizon dégagé, villas balnéaires, lumière de fin d'après-midi qui pardonne tout. On rapporte des images agréables et interchangeables, qui pourraient aussi bien avoir été prises au Pouliguen ou à Saint-Brevin.

Ce qui fait qu'une photo de bord de mer se distingue, c'est presque toujours un élément qui n'est pas le paysage : quelqu'un qui range des chaises, un cheval qui rentre après l'entraînement, un pêcheur à pied qui remonte à marée basse, la queue devant la boulangerie à 9 heures. La lumière, on l'a gratuitement ici. Le sujet, il faut aller le chercher, et souvent à des heures où la plage est vide.

Exposer dehors : ce que ça impose

Un accrochage en bord de mer qui dure de l'été jusqu'à mi-octobre traverse trois mois d'embruns, de vent d'ouest et de coups de chaleur. Les tirages doivent être protégés ou imprimés sur des supports qui encaissent l'humidité saline. Les fixations doivent tenir une rafale. Et il faut passer régulièrement, essuyer, resserrer, remplacer une plaque décollée. Rien de spectaculaire, mais c'est ce travail d'entretien qui fait qu'une exposition est encore présentable en octobre au lieu d'avoir été démontée en septembre.

Le format a un avantage que les salles n'auront jamais : personne n'a besoin de décider d'y aller. Les photos sont sur le chemin. Des gens qui n'entrent dans aucune galerie s'arrêtent trois minutes devant une image parce qu'ils reconnaissent l'endroit, ou la personne dessus. Dans une commune de 11 000 habitants environ, avec une population qui triple l'été, cette reconnaissance joue à plein.

Ce que ça vaut, honnêtement

Une exposition de club photo n'est pas une exposition professionnelle, et personne dans l'affaire ne prétend le contraire. Il y aura des images inégales, des cadrages timides, quelques clichés au sens propre du terme. Ça n'a aucune importance. La valeur de ce travail est documentaire avant d'être esthétique : dix personnes ont regardé leur ville pendant un an et en ont laissé une trace datée.

Il faut ajouter que ce genre d'exposition remplit une fonction que les réseaux sociaux ne remplissent pas. Une photo publiée en ligne vit trente-six heures puis descend dans un fil. Un tirage accroché face à la mer pendant trois mois est vu par des milliers de personnes, dont beaucoup reviendront devant plusieurs fois, à des heures différentes, avec des gens différents. La durée fait partie de l'œuvre.

Les collections photographiques municipales des années 1950 et 1960, celles qu'on ressort aujourd'hui pour illustrer l'histoire des stations balnéaires, ont exactement cette origine. Des amateurs consciencieux, un boîtier, une commune. Le reste, c'est le temps qui s'en charge.

Source: nantes.maville.com

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