Les Meilleurs Spots pour la Pêche à Pied en Pays de la Loire

Sommaire5 sections
  1. 01Le coefficient commande tout le reste
  2. 02Le classement sanitaire, la donnée que personne ne vérifie
  3. 03Où aller, et pour quoi faire
  4. 04Les tailles et les quantités, sujet mal connu
  5. 05Ce qu'on fait des coquillages en rentrant

La liste des bons coins de pêche à pied en Pays de la Loire circule depuis des décennies, et elle n'a pas beaucoup bougé. Ce qui décide vraiment d'une sortie réussie, ce sont trois données qu'on regarde avant de charger la voiture : le coefficient de marée, le classement sanitaire de la zone au jour J, et la taille minimale des coquillages qu'on compte ramasser. Un débutant qui maîtrise ces trois points remplit son panier sur une plage quelconque. Un habitué qui les ignore rentre bredouille du meilleur gisement du département, ou avec une amende.

Le coefficient commande tout le reste

La mer descend deux fois par jour, mais elle ne descend pas de la même hauteur. Un coefficient de 45 découvre une bande de sable dérisoire ; un coefficient de 110 met à sec des platiers rocheux qu'on ne voit que quelques jours par an. Les gisements de palourdes et de coques les plus fournis se trouvent précisément dans cette zone que la mer ne libère qu'aux grandes marées, autour des équinoxes de mars et de septembre et lors des pleines lunes d'été.

La règle de terrain est simple : on arrive quand la mer descend encore, on pêche pendant l'étale, on remonte dès que le flot revient. Se laisser surprendre dans un chenal qui se remplit derrière soi arrive chaque année sur la côte, et pas seulement à des touristes. Les secours de Saint-Nazaire et de Pornic interviennent régulièrement pour ce motif.

Le classement sanitaire, la donnée que personne ne vérifie

Chaque zone de pêche à pied de loisir est classée par arrêté préfectoral, de A à D selon la qualité microbiologique. Certaines sont fermées de façon permanente, d'autres temporairement, après un orage qui a fait déborder un réseau ou lors d'un épisode de toxines. Un coquillage filtre plusieurs litres d'eau par heure : il concentre ce que l'eau contient, y compris ce qui rend malade.

La carte des zones autorisées autour de la presqu'île est publiée par l'intercommunalité, et c'est le document à consulter avant chaque sortie plutôt qu'une fois pour toutes : Cap Atlantique tient à jour la situation pour son territoire. Pour la Loire-Atlantique sud et la Vendée, les arrêtés préfectoraux et les affichages en haut de plage font foi.

Où aller, et pour quoi faire

Les sites cités depuis toujours gardent leur réputation, chacun pour une raison précise. La plage de la Tara, à La Plaine-sur-Mer, alterne rochers et cuvettes sableuses : moules sur les blocs, palourdes dans les zones meubles, à condition de descendre bas. La pointe de Gourmalon, à Pornic, offre un platier rocheux où l'on cherche les coques et les crustacés de trou, avec une vue qui justifie à elle seule la marche.

Gohaud, à Saint-Brévin-les-Pins, reste un classique pour la crevette et les crabes ; le poussoir y travaille mieux que la fourche. La plage Benoît, à La Baule, est le terrain de la coque, dans un sable fin qu'on gratte à quelques centimètres, et l'ambiance y est familiale au point qu'on repère les gisements en suivant les autres pêcheurs.

Plus au sud, le Tanchet, aux Sables-d'Olonne, propose un secteur rocheux moins couru, où l'on trouve palourdes et moules. Autour de la presqu'île de Guérande, le secteur de Port Giraud fait partie des points régulièrement cités pour les coquillages à marée basse. À Noirmoutier, La Guérinière et L'Épine restent des références pour la palourde et le bigorneau, avec un accès qui se paie en temps de route et en embouteillage sur le pont l'été.

Les tailles et les quantités, sujet mal connu

Les tailles minimales de capture sont fixées par arrêté et contrôlées. Sur la façade atlantique, on retient 3 centimètres pour la coque, 4 pour la palourde et la moule, 5 pour l'huître creuse, 6,5 pour l'étrille et 14 pour le tourteau. Un coquillage sous la maille se remet où on l'a pris, dans le sédiment et non sur le sable, où il ne survivrait pas.

Des quotas par pêcheur et par marée s'appliquent aussi, et ils varient selon les départements et les espèces. Consulter l'arrêté en vigueur avant la sortie est le seul moyen de connaître le chiffre exact ; il est révisé et personne ne gagne à le citer de mémoire. Les gardes du littoral et les agents de l'Office français de la biodiversité contrôlent le contenu des paniers, sur les grandes marées en particulier.

Ce qu'on fait des coquillages en rentrant

Le dégorgeage se fait dans l'eau de mer, rapportée dans un bidon, pendant deux à trois heures au frais. L'eau du robinet salée fonctionne moins bien. On jette systématiquement les coquilles ouvertes qui ne se referment pas à la pression, et celles qui restent fermées après cuisson. La cuisson doit être franche : une chaleur suffisante réduit le risque microbiologique, sans l'annuler pour autant si la zone était douteuse au départ.

Reste le plaisir de la chose, qui explique qu'on se lève à cinq heures un dimanche de mars pour patauger dans l'eau à onze degrés. Deux heures de marée basse, un panier raisonnable, et un plat le soir même dont on connaît exactement la provenance.

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