Brigitte Macron appelle à l'aide pour l'hôpital en France: quelles solutions pour améliorer la situation?

Sommaire4 sections
  1. 01Une parole sans levier
  2. 02Le calendrier réel tient en deux mois
  3. 03À Saint-Nazaire, l'hôpital paie une facture en plus
  4. 04Ce qu'on peut attendre d'une prise de parole

Une phrase prononcée par l'épouse du président ne déplace pas un euro du budget de la Sécurité sociale. C'est ce qui rend l'épisode intéressant : quand Brigitte Macron s'est inquiétée publiquement de l'état de l'hôpital et a dit qu'elle en parlerait à son mari, tout le monde a commenté la phrase, personne n'a regardé le seul endroit où l'hôpital se décide vraiment. Ce texte prend le sujet par là : qui tient les manettes, à quel moment de l'année, et pourquoi une prise de parole compatissante ne pèse presque rien face à un vote de novembre.

Une parole sans levier

Brigitte Macron n'a pas de mandat électif. Elle ne signe aucun arrêté, ne nomme aucun directeur d'agence régionale de santé, ne vote aucun crédit. Son statut a été précisé par une charte de transparence publiée en 2017, qui lui reconnaît une équipe et un rôle de représentation, sans budget propre ni pouvoir de décision. Sa sortie relevait du témoignage, pas de l'action publique.

Ce n'est pas rien pour autant. Une épouse de président qui dit tout haut que les urgences craquent, ça oblige l'exécutif à répondre quelque chose. Mais la réponse a été verbale, elle aussi.

Le calendrier réel tient en deux mois

Chaque année, l'objectif national de dépenses d'assurance maladie est débattu en octobre et novembre. C'est là que se décide le nombre de milliards que l'hôpital recevra l'année suivante. Une déclaration en septembre arrive au bon moment pour peser sur ce débat, à condition d'être suivie d'un amendement, d'un chiffrage, d'un arbitrage de Bercy. Rien de tel n'a suivi.

Les soignants qui ont réagi à l'époque l'ont dit sans détour : ils avaient déjà eu droit à beaucoup de compassion. Le Ségur de la santé, en juillet 2020, avait revalorisé les salaires de plusieurs centaines d'euros mensuels. Trois ans plus tard, les lits fermés faute de personnel n'avaient pas rouvert pour autant, parce que l'argent ne fabrique pas des infirmières en douze mois.

À Saint-Nazaire, l'hôpital paie une facture en plus

Vu de la Côte d'Amour, le débat national passe à côté d'un détail local qui compte. La Cité sanitaire, ouverte en 2012 boulevard Georges Charpak, regroupe sur un même site l'hôpital public et la clinique mutualiste de l'Estuaire. Elle a été construite en partenariat public-privé, un montage qui oblige l'établissement à verser chaque année un loyer à un consortium privé, et cela pendant des décennies.

Concrètement, une part du budget nazairien part en loyer avant même d'avoir payé un soignant. C'est une contrainte que l'hôpital de Guérande ou celui de Nantes ne connaissent pas dans les mêmes termes. Quand on habite Pornichet ou Saint-Marc et qu'on attend aux urgences, ce n'est pas une abstraction comptable, c'est une ligne budgétaire qui n'ira pas au recrutement.

Ce qu'on peut attendre d'une prise de parole

Reste une question honnête : faut-il reprocher à quelqu'un sans mandat de s'exprimer sur un service public ? Non. Le problème n'est pas qu'elle ait parlé, c'est que la séquence médiatique se soit arrêtée là. Pendant les quinze jours de commentaires, on n'a pas su combien de lits étaient fermés en Loire-Atlantique, ni combien de postes d'infirmiers restaient vacants au centre hospitalier de Saint-Nazaire. Ces chiffres existent, les établissements les publient, ils sont juste moins commentés qu'une phrase à l'Élysée.

La bonne façon de suivre le sujet est plus ennuyeuse : lire le rapport annuel de l'établissement, regarder le taux d'occupation des lits en hiver, compter les postes ouverts au recrutement sur le site du centre hospitalier. Ça ne fait pas un titre, mais ça dit exactement où en est l'hôpital de son propre bassin de vie.

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